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Votre Nouvelle »
Galinda, la Forêt des Ombres
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- Soyez le bienvenu à la Clairière du Loup argenté, cher Dunman, même si nous aurions souhaité vous y revoir en d’autres circonstances. Nous vous sommes extrêmement reconnaissants d’avoir une nouvelle fois répondu si promptement à notre appel. - Il n’est pas dans mes habitudes d’abandonner des amis qui demandent mon aide, Maître Lehtinen. Si je peux faire quoi que ce soit pour vous, je le ferai, soyez-en sûr.
L’homme sourit à Dunman, mais son sourire était empli d’une incommensurable tristesse. Il se dégageait de tout son être une impression de force, de calme et de sagesse, ainsi qu’une autorité naturelle peu commune. Même Dunman qui connaissait bien le vénérable Lehtinen depuis de longues années était à chaque fois impressionné lorsqu’il le rencontrait. Sa longue barbe blanche recouvrait largement son visage profondément ridé, mais ses yeux bleus brillaient encore d’un éclat intense. Lehtinen continua avec humilité :
- Nous le savons bien. Vous nous avez déjà tant de fois rendu d’inestimables services depuis que nous nous connaissons... mais la faveur que nous vous demandons aujourd’hui dépasse de loin ce pourquoi nous vous avons sollicité jusqu’à présent. Ilmari ne vous a sans doute pas informé précisément des raisons qui nous ont poussé à vous faire quérir. Il m’est très pénible d’en arriver à cette extrémité sachant votre position sur le sujet, mais croyez bien que le Conseil Sylvestre a épuisé tous les autres recours possibles. Voici une semaine que le jeune Jalmari est au plus mal, entre la vie et la mort. Il est parvenu, nul ne sait comment, à revenir de la Tour Noire ! Il nous a rapporté de son périple de précieux renseignements mais a pris des risque inconsidérés. Ce fut une erreur de notre part d’envoyer pour une mission si dangereuse un Messager si peu expérimenté. Et il paye désormais bien cher le prix de notre faute. Malgré tous nos soins, son état ne fait qu’empirer. C’est au Guérisseur que vous fûtes par le passé que je m’adresse, Dunman : vous êtes à présent notre dernier espoir.
Dunman, jusqu’alors impassible, pâlit tout à coup. Il resta quelques instants silencieux, les yeux dans le vague, tandis que le vieux Lehtinen et ses compagnons le regardaient, attendant impatiemment une réponse. C’est finalement la voix brisée par l’émotion, à la fois triste et résigné, qu’il répondit :
- Je ne sais quoi vous dire. Vous êtes tous depuis bien longtemps comme des frères pour moi, et vous savez à quel point m’est chère la vie de Jalmari, que j’ai vu grandir et commencer à faire ses armes dans l’ordre exigeant des Messagers. Croyez bien que je désire vous aider, et l’aider lui, plus que tout au monde. Mais je crains ne pouvoir malheureusement faire ce que vous me demandez aujourd’hui. Plus maintenant. C’est impossible, comprenez-moi. Je n’en ai plus la force… J’y ai renoncé voilà bien longtemps, vous le savez. - Je comprends votre douleur, mon ami, et respecte votre choix. Je sais que la plaie que vous a causé la triste fin de Mäki ne pourra se refermer. Nul parmi nous ne l’a oublié, ni n’oubliera le sacrifice qu’il fit pour nous. Mais vous pouvez à présent aider Jalmari. Notre peuple se meurt un peu plus chaque jour. Nous avons vraiment besoin de vous. Il le faut pour lui...
Le vieil homme marqua une pause avant d’ajouter :
- ...Et il le faut aussi pour vous !
Dunman restait prostré, ne pouvant prononcer le moindre mot. Ilmari et les trois autres hommes de l’escorte regardaient tour à tour Dunman et Lehtinen. Ce dernier finit par s’approcher du vieil ermite et lui posa la main sur l’épaule en disant calmement, mais d’une voix presque implorante :
- Je vous en supplie. Essayez. Une fois au moins. Le Don est toujours présent en vous, je le sens. Vous ne pouvez continuer à vous reprocher indéfiniment la mort de Mäki. Il était condamné dès sa rencontre avec la Dame des Ombres. Vous ne pouviez plus rien pour lui... - Vous êtes juste et sage, Maître Lehtinen, mais cette fois vous vous trompez. J’aurais pu, j’aurais dû le sauver. Son regard au moment du Passage-sans-retour continue encore aujourd’hui à hanter mes nuits. Jamais de ma vie je n’ai vu autant de détresse, autant de désarroi dans les yeux de quelqu’un. Et j’ai échoué à soulager ses souffrances, à lui qui était pourtant mon plus proche compagnon. J’ai failli ce jour et ne me le pardonne pas. Mais vous avez néanmoins raison sur un point : je me dois de tenter de soulager le Messager Jalmari. Il serait lâche et égoïste de ne rien faire. Conduisez moi près de lui s’il vous plaît, et faites préparer l’instrument rituel. Mais je crains que vous n’ayez fondé bien trop d’espoir sur moi. Je crois que mon Don est mort avec Mäki...
Maître Lehtinen ouvrit précautionneusement la porte de la maison devant laquelle le petit groupe se tenait et Dunman, l’air plus vieux et fatigué que jamais, le suivit à l’intérieur.
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Voir le
chapitre 28 sur 35
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Script fourni par
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