Chapitre 28:
Les plantes médicinales
(par
michele huwart, ajouté le 02/04/04 17:53)
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Il nous fallut un long moment pour dépecer la bête. Nous mîmes ensuite la viande à boucaner. Nous aurions enfin des réserves de nourriture pour plusieurs jours. Puis, je partis à la recherche de racines et d'herbes qui nous permettraient d'améliorer notre ordinaire. Je ne fus pas très long à ramener de quoi nous mitonner une soupe savoureuse. Mais, à mon retour à l'arbre creux, je le trouvai vide. Je sentis ma gorge se nouer. Tout en me répétant intérieurement que j'étais idiot. Idiot de m'inquiéter pour une personne qui avait des siècles d'expériences derrière elle. Pour un soldat d'élite. Pour un forestier hors pair. Et bien, soit. J'étais idiot. Ou, plus simplement, humain. Humain, à nouveau. Humain, enfin. Je m'emparai de la casserole et descendit au ruisseau. J'y trouvai mon seigneur courbé, ramassant des plantes au bord de la berge. Je toussotai discrètement. Il se redressa, et se tourna vers moi. - Vous auriez dû m'attendre, avant de sortir, le sermonai-je gentiment. J'étais inquiet. Les bois sont dangereux. Souvenez-vous du sanglier. Il me répondit d'un sourire à désarmer une armée d'orcs. - Je les connais bien, Morgil, les bois. Cesse de t'inquiéter pour moi. Je vais beaucoup mieux, grâce à toi. Et l'inactivité me pèse. Je n'ai pas l'habitude, je l'avoue, d'être forcé de me reposer. Ni d'être dorlotté comme tu me dorlottes. Je sentis le rouge me monter aux joues. Il fit mine de ne pas s'en appercevoir. - Qu'étiez vous en train de faire ? l'interrogeai-je, pour passer à autre chose. Il me montra ce qu'il gardait dans un pan de sa chemise. - Je ramasse des plantes. Des plantes médicinales. Nous risquons d'en avoir besoin, au cours de notre voyage. Et puis... Son regard pouvait parfois vous transpercer comme un poignard. Vous mettre à nu. - ... et puis, continua-t-il, j'aimerais t'apprendre. T'enseigner. - M'enseigner quoi, Monseigneur ? - L'art de guérir.
M'enseigner l'art de guérir ! A moi ! Mais qu'est ce qui lui passait par la tête ? Je n'avais rien d'un guérisseur. Je n'en avais aucune des qualités. Je le lui dis. Je le lui dis avec insistance. Il se contenta de hausser les épaules. - Tu m'as dit vouloir te racheter, non ? Je ne pus qu'acquiescer. - Et bien, me dit-il , je voudrais te donner un moyen supplémentaire de le faire. Peut-être te pardonneras-tu moins difficilement si tu sauves des vies plutôt que d'en prendre. - Mais je ne... Il ne tint aucun compte de ma tentative de protestation. - Tu as toutes les qualités requises. Mieux. Tu as l'instinct. Je l'ai remarqué, à ta façon de t'occuper de moi. Tu as su ce q'il fallait faire pour m'empêcher de mourir. Et si tu as su pour moi, tu sauras pour d'autres. Je baissai les yeux. - Vous, lui répondis-je, ce n'est pas pareil. Mais comment trouverai-je en moi la compassion nécéssaire pour venir en aide à mes semblables ? A des gens qui ne me seront rien. Son regard me poignarda à nouveau. - Je ne t'étais rien, lorsque tu as refusé de me mettre à mort. Sa voix se radoucit soudain. - Je t'enseignerai, et tu feras ce que tu voudras de cet enseignement. Mais cesse de te dénigrer comme tu le fais trop souvent. Viens, rentrons maintenant. Je suis fatigué. Et je commence à avoir faim. Je le suivis sans mot dire. Comment lui expliquer que je ne me dénigrais pas ? Que je me décrivais seulement tel que j'étais. Avait-il lu dans mes pensées ? Il se retourna, et me dit. - Oui. Tel que tu étais. En insistant sur le dernier mot.
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