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Conte de Noël : Valentine

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 29: Leo
(par michele huwart, ajouté le 03/04/06 00:34)


- Eh bien ! constata le chevalier. Voilà un petit homme peu farouche !
- Pas assez, je le crains ! lui répondit Becky. Allez, viens, toi ! ajouta-t-elle en tendant les bras à l’enfant. Tu vas déranger Messire Joseph. Il est fatigué, tu sais.
Mais l’enfant ne voulut rien entendre. Il avait posé sa menotte sur le visage de l’homme, qu’il examinait en fronçant les sourcils. Puis il éclata de rire sous les yeux attendris de Valentine.
- Tu es gentil, toi ! dit-il joyeusement. Puis, effleurant l’horrible cicatrice « Tu as bobo » ?
Becky gourmanda gentiment son fils. Mais Joseph prit immédiatement la défense du petit garçon.
- Il n’est pas impoli, voyons ! C’est normal qu’il pose la question. Je suis même étonné qu’il n’ait pas été effrayé par mon aspect.
Il alla s’asseoir, installant confortablement le bambin sur ses genoux.
- J’ai eu mal, confirma-t-il à l’enfant. Très mal. Mais c’est fini, maintenant. Je vais très bien.
- C’est ton garçon qui est malade ? interrogea encore Leo. Louis a dit de prier pour lui, hier soir. J’aime bien Louis.
- C’est un bon garçon, admit Joseph. C’est gentil de sa part d’avoir pensé à Bernier. Et, oui, on peut dire que Bernier est un peu « mon garçon ». Je l’aime très fort.
Les soldats et les moines prirent place à leur tour autour de la table. Sans mot dire, Valentine leur servit la soupe à chacun, sans oublier Leo, qui la remercia gentiment.
- Mange proprement ! dit Becky à son fils. Ne salit pas messire Joseph !
Le gamin brandit sa cuiller, renifla la soupe.
- Sent bon ! apprécia-t-il. Et Messire Joseph est gentil ! J’aime bien.
« Moi aussi, je l’aime bien » songea la jeune femme, sans cependant dévoiler ses pensées.
Valentine, après avoir fait le service, se pencha vers Becky et lui dit quelques mots à l’oreille, puis prit la direction de la chambre où reposait Bernier. Helmgaud la suivit, la rattrapa.
- Vous ne mangez rien ? s’enquit-il, avec une affection non feinte. Valentine, il vous faut vous nourrir.
La jeune fille haussa tristement les épaules.
- Plus tard, répondit-elle. Peut-être. Je n’ai pas faim. Je vais veiller Bernier pendant que Becky fait manger le petit. Après, je verrai… ne vous inquiétez pas pour moi, Messire.
Elle était si jeune, si pale, si frêle. Si triste, aussi. Comment aurait-il pu, à moins d’avoir un cœur de pierre, ne pas s’inquiéter pour elle ?
Elle était jeune et triste, mais restait pragmatique, malgré tout.
- Votre sergent pourrait-il partager votre chambre durant son séjour ici ? Les soldats iraient rejoindre Gozlin et Behrar. J’ai parlé à Monsieur le Curé. Il accepte de donner l’hospitalité à vos amis moines. Je suis désolée de ne pouvoir faire mieux.
- Ce sera très bien, la rassura le Baron. Vous devriez engager quelqu’un pour vous aider, Valentine.
- J’ai Colin et Mariette. Ils me suffisent. Je n’ai pas les moyens d’engager d’autres domestiques. Veuillez m’excuser, à présent. Je n’aime pas savoir Bernier seul.
Elle se détourna, et disparut bientôt derrière la porte de la chambre.

- Il vous a vraiment adopté ! constata Becky. Je reconnais qu’il n’est pas farouche, mais là… j’ai l’impression qu’il a eu le coup de foudre pour vous.
Dieu que son accent était charmant, se dit en lui-même le chevalier. Dieu qu’elle était charmante, tout court…
- C’est réciproque ! reconnu-t-il franchement. Vous avez un petit garçon merveilleux, Becky. D’ailleurs…
Il fouilla dans sa poche. La pierre était là. Pourquoi l’avait-il gardée sur lui ? Il n’en savait rien, mais il en était content. Il déposa précautionneusement le drôle de caillou devant l’enfant, qui le regarda avec curiosité.
- C’est quoi ?
- Une pierre, expliqua-t-il. En orient, les gens les appellent les « roses des sables ». Celle-ci est petite, mais il y en a d’énormes. C’est pour toi.
- Pour moi ?
Leo prit l étrange pierre, la tourna et la retourna, et finit par plaquer un baiser sonore sur la joue de Joseph.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.