Chapitre 3:
Erellig
(par
Stéphanie, ajouté le 26/06/03 09:45)
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Erellig était à son poste habituel quand un frémissement attira son attention. Elle savait qu’il y avait quelqu'un à la Clairière, mais ce mouvement brusque dans l’air n’annonçait rien de bon. Elle fit signe à son collègue de prendre sa place ; comme il la regardait, intrigué, elle dit précipitamment : « Il y a quelqu'un à la Clairière qui a Echoué .»
L’homme hocha la tête. Erellig, Adepte détentrice d’une Pierre, était plus à même de s’occuper de cas semblables que lui. Et d’ailleurs, cela l’arrangeait de beaucoup.
Erellig descendit du poste et détacha son cheval, avant de saisir sa sacoche à médecines et de partir au galop. Il lui fallait agir au plus vite ; elle n’avait pas envie de retrouver un cadavre, comme cela lui était déjà arrivé.
Elle finit sa course en courant, puisque le cheval ne pouvait pas s’aventurer plus loin. La forme immobile au sol dégageait encore des effluves de vie. Elle ne prit même pas la peine d’admirer le spectacle qui faisait rêver Lidec. Quant elle le reconnu, elle eut un sursaut, qu’on aurait pu interpréter comme un mouvement d’inquiétude aussi bien que d’irritation. Peut-être d’ailleurs ressentait-elle les deux.
Elle sortit une fiole de son sac et déversa le liquide ambré entre les mâchoires crispées du jeune homme. Ses oreilles et son nez avaient saigné, et il semblait avoir avaler du sang. Elle lui souleva doucement la tête, imbiba un linge avait sa gourde d’eau et nettoya son visage avec. Quand Lidec expira un souffle rauque, elle soupira de soulagement.
Elle le porta comme on le fait d’un enfant endormi et le hissa sur sa monture. Soutenant Lidec contre elle, elle guida Lidec jusqu’à son logement ; l’Arbre de Guérison était trop loin pour qu’elle puisse se permettre d’y aller.
Comme beaucoup d’habitations de la Cité, sa maison s’assemblait sur un Corubier ; mais celui-ci était énorme et à l’écart du centre, privilège qu’elle devait à la détention d’une Pierre, à son rang d’Adepte et à son poste de Chef de la Garde. Elle allongea Lidec sur un lit bas, et nettoya encore son visage de nouveau ensanglanté.
Elle le soigna, et quand il eut suffisamment de force pour déglutir, lui fit avaler du miel allongé de sève de Corubier. Ils étaient silencieux tous les deux. Lidec n’ayant probablement pas conscience de la personne se trouvant en face de lui, Erellig ne jugea pas utile de le sermonner. Elle se doutait d’ailleurs de l’efficacité de son sermon.
Quand elle pu le laisser seul sans risque, elle déposa une corbeille de fruits et une assiette de gâteaux au miel à côté du lit, et retourna à son poste.
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