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EMILIEUVALA ou Chroniques de la Terre d’Emilieu...

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 3: Le plus long petit déjeuner de tous les temps…
(par ISENGAR, ajouté le 20/09/05 23:18)




Or donc, les joyeux fêtards subirent les effets de la fatigue, car la nuit était très avancée. D’aucuns se couchèrent dans les endroits que la dame Kendra leur avait affectés. Ici un lit, par là un simple matelas.
Tous, princes et conteurs, beaux sires ou simples manants, s’accommodèrent de très bonne grâce aux contraintes du moment.
Quelques-uns choisirent de goûter au confort d’une auberge proche et fort réputée. Guidés par Yyr l’étoilé et Benilbo le demi-elfe, ces convives de qualité s’encombrèrent d’Edrahil, un parvenu notoire devenu colonel d’une armée improbable par le jeu de relations troubles avec quelques forces occultes et maléfiques. Dans la soirée, ce même homme s’était offert le luxe d’arriver fort tard et avait effrontément réclamé un cocher pour le conduire jusqu’au château d’Emilieu. Isengar et Yyr s’étaient chargés de la besogne, et malgré cela, ils furent couverts de reproches et d’opprobre… Mais son attitude fut vite pardonné, car il fit par la suite preuve de plus d’humilité et confondit les ardeurs de son caractère fielleux avec la douceur des lieux et la joie du moment. Et maintenant dit-on qu’il partagea même avec l’assemblée certaines connaissances précises qu’il avait d’un vaste complot fomenté par un certain Pierre fils de Jacques et qui avait englouti dans les rais de son influence néfaste toute la prestigieuse école des Ponts et Chaussées, faisant d’elle un temple dédié aux plus sordides bacchanales…

Au Château d’Emilieu, les dames acceptèrent la présence parmi elles du ménétrier Isengar. Comme il est bien connu maintenant, et bien qu’autour de lui fussent réunies tant de grâce et de beauté, le Hobbit garda la tête froide et se comporta avec toute l’honnêteté et la grandeur d’âme connue et reconnue par tous, sauf par quelques serpents de mauvaise foi dont les contes n’ont fort heureusement pas retenu les noms.

Ménétrier et homme à tout faire, Isengar fit un peu de vaisselle, comme il avait été convenu en assemblée. Maintenant, bien que l’ampleur de la tâche le fît frémir, il fit de son mieux, lavant, raclant, rinçant. Il garda même de côté une moulinette que les aléas de la confection des merveilleux plats avaient brisée en deux morceaux. Enfin, un petit et un grand morceau… Dame Kendra en fut informée et songea à garder l’objet de côté pour le réparer plus tard
Cependant, d’étranges événements futurs allaient compliquer les choses et faire récolter au ménétrier des reproches plutôt que des louanges…

Au matin de ce jour second, quelques personnes se levèrent tôt, n’arrivant plus à trouver le sommeil.
On se réunit, à peu près frais et pas plus dispos, la vélocité et le verbiage cédant la place à quelque chose d’indéfinissablement plus vaseux.
Seules quelques dames et fées, telles Laegalad et Béatrice, se levèrent fraîches et belles comme si la rosée du matin et le pâle soleil de l’aurore avaient été leur berceau de nuit. Et Isengar fut le seul à contempler ce doux prodige et tous, empereurs ou manants, furent jaloux de lui.
Mais le plaisir de se retrouver était là. Et très vite, la douce hôtesse de ces bels gens et gentes dames s’en fut chercher le pain pour que tous puissent déjeuner dans les règles d’un art dans lesquels les Hobbits en particulier, et Isengar le premier entre tous, sont passés maîtres.

Au menu, merveilleuses confitures d’agrumes, miel d’ici et d’ailleurs, lait et thé et thé au lait, un peu de café préparé par la dame Saivh, pains d’Outre-Quiévain et brioches sans nom, et puis des céréales, des fruits et toutes sortes d’autres mets aussi bons au goût qu’agréables au regard.
Maintenant Maître Bastien, fit d’étranges remarques sur la non-valeur et la caducité de cette accumulation de mets. Aussi jeta-t-il son dévolu sur un pot de confiture de mûre qui faillit être son seul et unique aliment durant tout le séjour. De ce qu’il mangea en plus à d’autres occasions, il en sera dit plus tard dans le récit.

Ainsi donc commença le plus long petit déjeuner de tous les temps. Les bardes des provinces de France chantent encore aujourd’hui – soit, disons-le, quelques jours après que les événements se fussent déroulés – la bravoure de Gawain dit le Breton de Dourdan, fier gourmet aux cheveux d’apôtre qui s’enfila plusieurs mètres de tartines confiturées, ou la vaillance d’un Ronan de Paris dont on eut pu dire qu’il n’avait pas fini sa croissance pour se nourrir tant et plus, ou encore de l’insolence d’un Isengar, qui engloutissait goulûment un cinquième petit-déjeuner à un moment où d’autres de moindre résistance ventrale déclaraient forfait et criaient grâce devant un modeste pot de lait.
Maintenant, le Petit-déjeuner dura fort loin dans la journée, comme il a déjà été dit. Et en cette heure tardive arrivèrent ceux du gîte. Superbes, ils prirent place parmi les convives, les aidant à terminer les derniers mets copieux livrés par les bons soins de dame Kendra et de ses alliés.
A ce moment tardif arriva aussi maître Tar Palantir. Les bras chargés de cadeaux, il fut accueilli par rires et par chants. Maintenant, fût-il arrivé les bras vides, qu’il n’aurait pas été chassé… enfin en supposant que l’usage eût été respecté.

La troupe attablée était au grand complet et rires et chants reprirent de plus belle, accompagnés par un concert ininterrompu de fifres, turlupins, pipeaux et autres flûtiaux... Les annales du Forez ne disent pas si le cadeau de dame Kendra fut offert en cette heure. Sans doute l’abus de la douceur épicée de l’hypocras explique-t-elle que les conteurs qui inspirèrent cette chronique furent assez piteux sur cet événement pourtant marquant.
Maintenant, il semble qu’au cœur du chœur, dame Kendra jouait de cette grande flûte noire. Mais d’autres diront qu’il était encore tôt et qu’à ce moment, le cadeau n’était pas encore sien…

Voir le chapitre 3 sur 15



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.