Chapitre 3:
Le Lac & les Yeux Verts
(par
Saivh, ajouté le 09/01/06 18:44)
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La dame lacha le bras de Gayette. Elles avaient quitte l'epaisseur de la foret et etaient parvenues au bord d'un lac. De gros rochers en bordaient le long. Gayette et la dame se tenaient sur la berge dont l'herbe leur montait jusqu'au dessus des chevilles. Gayette hasarda quelques pas vers les rochers et plongea son regard dans l'eau verte, sombre comme les pierres de la croix que le pretre sortait en procession les jours de fetes.
La dame se tourna vers elle.
- C'est lui que tu cherches.
Gayette se retourna, mais la dame s'en allait, se dirigeait vers la foret et disparu entre les arbres. Gayette devina a nouveau les meme formes sombres qu'elle avait appercues plus tot glissant vers la silhouette de la dame. Le coeur battant et la bouche seche, Gayette poussa un cri et se precipita vers la foret mais se heurta a un mur vegetal. Elle n'apercevait plus la dame et ne savait plus par ou elle etait venue.
Elle s'adossa a un mur et se laissa glisser sur le sol. Le front pose sur ses poings fermes, elle essaya de repenser au trajet parcouru. La foret lui avait paru changee mais familiere pourtant. Et malgre cela, c'etait la premiere fois qu'elle voyait le lac. Elle n'en avait d'ailleurs jamais connu l'existance.
Relevant la tete, Gayette regarda autour d'elle. C'etait un paysage d'hiver mais curieusement elle ne ressentait pas le froid. Elle pensa que cela devait faire deja plusieurs heures qu'elle n'avait pas mange ou bu et que, si elle voulait retrouver le chemin du retour, il etait preferable de le faire le ventre plein. Elle se leva et se dirigea vers le lac ou elle bu longuement. L'eau etait claire et pure et n'avait pas le gout de vase auquel l'avait habituee la pauvre fontaine de Sombreval. Elle s'essuya la bouche du revers de la main. Tout lui semblait plus claire a present. Le paysage n'avait pas change, mais elle parvenait a distinguer parfaitement un arbre d'un autre, ainsi que leurs feuilles ou meme ce qui se trouvait entre les arbres. Un ecureuil l'observait d'un air inquiet. Baissant les yeux, Gayette remarqua, aux pieds des rochers, des petits buissons de baies. Elle aurait ete incapable de dire leur nom, mais elles etaient acides, sucrees et nourrissantes.
Gayette se frotta les mains a ses jupes et parcouru le lac du regard une derniere fois avant de tenter de retrouver sa route. Toutefois, le fait de ne pas ressentir le froid excitait sa curiosite. Elle ota ses bottes, remonta ses jupes et plongea les pieds dans l'eau. Celle-ci n'etait pas froide. Les pieds de Gayette rencontrerent des galets plats, agreables a sentir apres la marche de la matinee qui lui parut soudainement extenuante. Elle s'assis sur le rebord herbeux. Un groupe de cygne volait au-dessus d'elle et fit quelques tours avant de se poser sur le lac. Les oiseaux ne semblaient pas faire attention a elle, ou alors ils ne pretaient que peu d'importance a sa presence.
Contemplant toujours les oiseaux, la jeune femme ota sa coiffe et denoua ses cheveux. Elle agita les pieds dans l'eau, etira les jambes et se leva. L'eau lui arrivait a mi-mollet. Elle s'etira jusqu'a ce que la tete lui tourne puis ota ses vetements qu'elle secoua avant de les plier nettement et de les poser sur un gros rocher plat. Elle remonta ses cheveux et fit quelques pas dans l'eau avant de nager quelques metres. Le ciel lui paraissait immmense et l'eau du lac etait si sombre qu'elle avait le sentiment de nager dans une nuit verte. Elle fit demi-tour et s'assit sur la berge. Les yeux fermes, elle pencha la tete en arriere. Elle sentait sa peau secher rapidement.
Des mains invisibles mais douces denouerent ses cheveux et entreprirent de les peigner jusqu'a ce qu'ils luisent comme de l'or au soleil. Gayette sorti de sa torpeur, ouvrit les yeux et tourna la tete. Ses yeux plongerent dans la replique exacte du lac. Deux disques verts et sombres comme les sous-bois ou les marroniers en ete. Furieuse contre elle-meme, elle serra les dents et se releva, prete a frapper. Il n'y avait rien ni personne. Elle defit ses habits et s'habilla a la hate. Vers la gauche, le chemin qu'elle pensait avoir perdu s'ouvrait entre les arbres, comme si il avait toujours ete la a l'attendre. Elle parcouru une derniere fois les lieux du regards. Vers sa droite, a l'oree des arbres, se tenait une silhouette. Habille de brun comme de l'ecorce, de longs cheveux noirs et deux disques vert sombre. Gayette prit le temps de l'observer. Il ne bougeait pas. Elle tourna les talons et s'engagea sur le sentier du retour.
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