Chapitre 3:
Eloë (2)
(par
michel cauvin, ajouté le 06/02/02 23:27)
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Sa tête résonnait encore des paroles de son père quand ses pieds touchèrent l'eau salée du trou. Il leva la tête et elle était là... Il venait d'avoir quatorze ans et ne connaissait rien des choses de l'amour. En cet instant, il comprit enfin comment on pouvait être consumé par l'amour. Elle avait de l'eau jusqu'au nombril et les gouttelettes qui ruisselaient sur son corps étaient comme autant de joyaux scintillants au soleil. Ses magnifiques cheveux avaient la couleur d'un champ de blé doré par une chaude journée d'été. Mais plus que tout, ses yeux engloutirent à jamais son âme et son coeur... Elle lui souriait sans être gênée par sa propre nudité et une éternité passa avant qu'elle l'invite à la rejoindre dans l'eau. Saerynn avait entendu parler d'esprits élémentaires qui attiraient ainsi les hommes pour les perdre mais de toute les façons il était déjà perdu dans un songe qu'il ne voulait mettre fin à aucun prix." "Il s'avança vers elle sans se rendre compte qu'il avait encore ses vêtements. Elle s'était mise à rire espièglement en l'aspergeant d'eau et ils jouèrent ainsi jusque tard dans l'après-midi. Saerynn savait que ce moment magique était le plus heureux de toute sa vie et il aurait tant voulu que le temps s'arrête ! Le soleil souverain s'en allait et elle le suivit en l'abandonnant sans un mot, juste un baiser sur la joue. Saerynn ne pouvait que la regarder partir sans pouvoir la retenir. Il rentra comme un somnanbule, la tête légère mais le coeur lourd et sa présence lui manquait déjà terriblement. Il avait l'impression d'être malade tant il était partagé entre la douleur et l'euphorie, à tel point qu'il ne put ni manger ni dormir. Son père ne lui avait pas posé de questions, il était resté silencieux avec un sourire en coin tout en fumant sa pipe. Le lendemain il se rendit fièvreusement au trou son coeur battant la chamade et surtout avec la sourde angoisse de ne pas la voir. Pourtant elle était là. Il apprit par la suite qu'elle s'appellait Eloë Tindòmerel car elle était muette de naissance. Ses parents l'avait trouvé devant le pas de leur porte à l'aube naissante et ils décidèrent de la nommer fille de l'Aube.
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