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Conte de Noël : Valentine

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 30: La médaille
(par michele huwart, ajouté le 13/04/06 10:38)


Valentine épongea la sueur du front de Bernier. Elle aurait voulu lui tenir la main, la serrer à lui faire mal. Elle aurait voulu l’entourer de ses bras. Et, bien qu’elle en eut honte, elle aurait voulu que Joseph ramène un autre jeune homme… même malade… même infirme…
- Valentine ? murmura l’écuyer, d’une voix à peine audible, et sans ouvrir les yeux.
Elle lui serra tendrement l’épaule, du côté de son bras valide.
- Je suis là, lui répondit-elle doucement. Je suis là, je ne suis pas seule, et nous vous protégeons.
Les lèvres sèches et brûlantes du jeune homme marmonnèrent « Pardon », et il retomba dans le sommeil. « Pardon, pourquoi ? » songea Valentine, se remémorant le récit de Joseph. Pourquoi ?

Elle ne s’était pas rendue compte que quelqu’un s’était faufilé à côté d’elle. Elle ne le remarqua que quand il saisit la main du jeune blessé.
- Louis ? s’étonna-t-elle à voix très basse. Que fais tu ici ?
Il ne répondit rien. Il parlait si peu, cet enfant de personne… Il posa ses yeux graves sur elle, puis sur Bernier et, lentement, passa au dessus de sa tête un lien de cuir, auquel pendait une très banale médaille de bronze. Il souleva tout doucement la main de Bernier, et lui enroula autour du poignet. Valentine le regarda faire, sans mot dire. Puis, l’enfant embrassa la main brûlante, se retourna, et quitta la chambre.
Un long moment plus tard, Becky se retrouva aux côtés de Valentine.
- Je reprends ma place, dit-elle. Pierre rentre au village avec les garçons. Ca va ?
- Il m’a demandé pardon, fit la jeune fille, lointaine. Mais que pourrais-je lui pardonner ? De n’être pas Lambert ?
Elle haussa les épaules avec lassitude.
- Prenez bien soin de lui, souffla-t-elle très doucement.
La guérisseuse sourit.
- Comme s’il s’agissait de mon jeune frère.
Valentine détecta quelque chose dans la voix de le jeune femme mais, trop préoccupée, trop triste, trop inquiète, elle n’y prit pas garde.

Elle retrouva les autres – ses hôtes ! – dans la salle commune. Ses hôtes et Pierre.
- Messire Helmgaud, lui déclara le jeune homme, prend sur lui les frais du tonneau…
- Ce sont mes hommes qui le boiront ! expliqua le Baron.
Valentine avait été éduquée comme une aristocrate ardennaise. Elle avait des invités – même si elle ne les avait pas invités elle-même. En tant qu’hôtesse, elle aurait dû… même si elle n’était pas riche, et Helmgaud, si…
- Ce sont mes invités, déclara le Baron. Ma Dame…
Il prit la main de la jeune fille, se pencha sur elle et la baisa. Elle se sentit plus mal à l’aise que jamais.
- Merci, mon… oncle, trouva-t-elle le courage de dire. Veuillez m’excuser, mais je dois parler à un petit garçon.
Elle entraîna Louis à l’écart . Dehors. Dans la neige. Ils n’avaient de manteau ni l’une, ni l’autre ?
- Pourquoi ? demanda-t-elle. Pourquoi as-tu donné à Bernier la seule chose qui t’appartenait, à toi seul ?
- Je n’en avais plus besoin.
La gravité de l’enfant la choqua, tout à coup. La gravité, et une générosité qui n’en était pas vraiment une, même si elle était totale.
- Cette médaille… c’était tout ce qui te restait de ta mère.
- Je n’ai jamais eu de mère, confessa Louis d’une voix mure et calme. Sauf Berthe. Et c’était encore une petite fille quand elle m’a pris. La médaille, c’est une médaille de la Vierge. Je n’ai plus besoin de sa protection. J’ai Berthe, Guy, et vous. Et je vais bien. Bernier, lui… il a besoin que la Vierge se penche sur lui.
Il n’eut pas besoin d’en dire plus. Valentine le serra longtemps dans ses bras.
- Je t’aime, Louis, lui dit-elle à l’oreille.

- Je dois partir ? demanda Leo, visiblement contrarié.
- Berthe nous attend, lui expliqua sentencieusement Louis. Avec les wurst…
- Et Mutti ? insista le petit garçon. Et Messire Joseph ? Pourquoi y vient pas ?
- Je viendrai ! promit le chevalier. Je viendrai, quand Bernier… quand mon garçon à moi, ira mieux.
- Tu promets ?
Joseph souleva le bambin à bout de bras, avant de l’embrasser.
- Je promets.
« Je t’aime, songea Joseph… Je t’aime, gamin… quant à ta mère… ! «

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.