Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 30: Les Orcs.2.
(par michele huwart, ajouté le 16/04/04 14:56)


Je vins rejoindre mon Seigneur longtemps avant l'heure prévue. Nous restâmes longtemps silencieux dans le nour. Très longtemps. Ne pouvant nous reposer ni l'un ni l'autre. Ils étaient là. Tout près. Ils ne nous voyaient pas. Ils ne nous sentaient pas. Dormant, pour la plupart. Cuvant, aussi. Le camp n'était pas vraiment silencieux. Un rire ici, un râle là bas. Des éclats de voix. Le crépitement des feux. Des ronflements. Des chansons d'ivrognes...
Je fus heureux de voir pointer l'aube. Ils allaient partir. Du moins, l'espérai-je. Ils n'avaient pas l'air pressés. Ils se réveillaient, par petits groupes. Réveillaient leurs feux. Y faisaient cuire je ne sais quoi. Et mangeaient bruyamment.
Rien de moins discret qu'une troupe d'Orcs, pensai-je. A part une troupe d'Orcs plus importante. Et celle-là l'était.
Des voix gutturales s'élevèrent enfin. Des ordres claquèrent. Ordres, sans doute, de rassembler ses affaires. De reprendre la marche. Vers le Royaume du Ténébreux.
Je les observais. Ils étaient lourds, bien que de petite taille. Lourds et indisciplinés. Mentalement, je les comparai à mon ancienne bande de Hors la Lois. Nous n'étions pas des professionnels de la discipline, nous non plus. Du moins, avant l'arrivée de Neithan. Nous n'avions pourtant jamais à ce point manqué d'ordre. Et jamais nous n'aurions quitté un lieu de campement en le laissant dans un tel état. Un vrai champ d'ordures. Ils n'avaient pas peur de laisser des traces de leur passage ! Ils se comportaient comme en pays conquis. En vainqueurs. Et en barbares.

Je regardai mon Seigneur. Il me fit signe de ne pas bouger. Alors, je ne bougeai pas. Pas avant un long moment. Pas avant qu'il m'avertisse qu'ils devaient être partis. Tous. Enfin.
Qu'ils devaient être au loin. Que le danger était écarté.
Je me laissai aller contre la paroi de l'arbre. En tremblant. Je ne crois pas avoir jamais été couard. Mais j'avais eu peur. J'avais encore peur, rétrospectivement. De tomber entre leurs mains. De leur servir de pitance. Ou, pire encore, d'être emmené comme esclave. Finir mes jours sous la botte du Ténébreux.
Ou être torturé jusqu'à devenir l'un des leurs...
Je tremblais, et mon Seigneur se rapprocha de moi. "C'est fini.", me dit-il. Pour me rassurer, comme pour se rassurer lui-même. "C'est fini. Ils sont partis."
Il ralluma le feu. Fit chauffer de l'eau. Prépara de la tisane. Il semblait soulagé, lui aussi. Et préoccupé. Mais ne me parla pas de ce qu'il avait entendu de l'Ennemi. Il me dit seulement que les gens allaient souffrir. Souffrir de plus en plus. Quelle que soit leur race. Celà m'attrista. M'inquiéta. Mais je chassai l'idée de ma tête. J'avais l'habitude de vivre à la dure.

Nous quittâmes enfin notre abri. Pour nous retrouver dans un dépotoir. Les Orcs avaient saccagé notre petit paradis. Foyers éteints, déjections, reliefs de repas jonchaient le sol. Les plantes avaient été inutilement piétinées. Deci-delà, nous tombions sur une flaque de vomi. Une jarre vide. La peau d'une bête écorchée.
Des os, aussi.
Et certains de ses os n'étaient pas d'origine animale.
- Que c'est-il passé, hier, interrogeai-je mon Seigneur en lui montrant un crâne presqu'humain.
Il ne détourna pas la tête, mais le dégoût et l'horreur envahirent son visage.
- Tu as entendu les bagarres. Tout comme moi.
Je les avais entendues, bien sûr. Elles ne m'avaient pas étonnées outre mesure. Il y a toujours des bagarres quand les gens ont trop bu.
- Certaines ont été fatales, continua-t-il. Et les Orcs mangent les morts. Celà aussi, tu le sais.
Je le savais, oui. Mais il y a savoir... et savoir.
Je n'étais pas une petite nature. Mais je tenais dans mes mains la tête d'un être tué et... dévoré par ses propres frères d'armes.
Je détournai la tête. Et je vomis.
Ce n'était qu'un Orc, pourtant.

Mon Seigneur me releva, m'aida à rejoindre le ruisseau. A me laver.
- Pardonnez-moi, lui dis-je, contrit. J'ai réagi comme un enfant.
Il secoua la tête. "Non", me dit-il. " Comme un être normal devant l'oeuvre du Ténébreux". Car ces gens sont son oeuvre. Leurs aïeux étaient des Elfes. Ou des hommes. Peut-être même certains d'entre eux. Ils ont des monstres, maintenant. Que nous devons combattre. A tout prix, pour protéger les nôtres. Mais que je ne peux, au fonds de moi, m'empêcher de plaindre parfois. Ce sont des monstres. Mais ce sont des esclaves.

Voir le chapitre 30 sur 67



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.