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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 31: Le chemin
(par michele huwart, ajouté le 26/04/04 12:47)


Nous nous sommes remis en route deux jours plus tard. Après avoir tenté, vaille que vaille, de remédier aux dégâts commis par les Orcs. Pour nous-mêmes, sans doute, plus que pour la Nature elle-même. La Nature qui, de toute façon, reste toujours plus forte que les actes des humains. Ou assimilés.

Une longue route nous attendait, mon Seigneur et moi, pour nous mener vers son pays. Ce fut pour moi une période heureuse. Plus heureuse que je n'en avais jamais connue. Pas vraiment insouciante. Car que pouvait me réserver l'avenir, en Doriath ou ailleurs ? Mais heureuse. Aussi, curieusement, ai-je peu à en raconter. Les paysages changeaient, au fil des jours et des saisons. Forêts. Montagnes. Champs cultivés par mes frères de race. De temps à autre, nous demandions l'hospitalité. A des charbonniers. A des fermiers. A des seigneurs, plus rarement. Mon Seigneur ayant rencontré certains de nos hôtes alors qu'il était à la recherche de Neithan, ceux-ci s'étonnaient de ma présence à ses côtés. Moi qui n'avait rien d'un prince d'éducation elfique. Il prit donc l'habitude de me présenter comme son apprenti. Et, en vérité, c'est ce que j'étais. Ce que j'étais, jour après jour, de plus en plus.

A mon grand étonnement, je prenais plaisir à étudier. A reconnaître les plantes qui guérissent autant que celles qui tuent. A apprendre comment les utiliser, les associer. Et dans quelles proportions. J'appris ainsi que, bien souvent, le même principe pouvait apporter le bien ou le mal. La mort ou la vie. J'appris à préparer des baumes et des onguents. A confectionner des tisanes. Et même, aussi étonnant que celà puisse paraître, j'appris comment relancer de mes mains un coeur qui avait cessé de battre. Et à réveiller de mon souffle une respiration éteinte. Moi qui n'avais jamais donné que la mort, j'appris à sauvegarder la vie.

Mais, le plus important de tout, je réappris à nouer contact avec mes semblables. Je m'en rends compte aujourd'hui : c'était pour celà, bien plus que pour le confort d'un toit, que mon Seigneur frappait aux portes des demeures des hommes pour quémander un abri pour la nuit. Et, si j'étais doué pour l'herboristerie, je l'étais moins, à cette époque, pour les contacts humains. Je n'avais pas de manières. Je m'emportais pour un rien. S'il n'y avait eu mon Seigneur pour me calmer, j'aurais même tiré plus d'une fois l'épée. Petit à petit, pourtant, je m'adoucis. Je cessai de voir les autres avec les yeux de la colère et de la peur. Je cessai d'être une bête pour redevenir un être humain. Je me pris à voir le bien chez les autres. A être content lorsqu'un village apparaîssait au loin. Et à cesser de me haïr moi-même.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.