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Le Barde du Beleriand : L'erudit d'Oxford

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 32: Corwin.2.
(par michele huwart, ajouté le 30/08/08 14:25)


Au retour de mon frère, je crus que notre logeuse venait me chercher pour le déjeuner. Je me trompais. Si une bonne odeur de tourte à la viande parvenait à mes narines, la vision de tante Marge, pâle et bouleversée, l’effaça immédiatement. Je me levai d’un bond.
- Il s’est passé quelque chose.
Elle tenta comme elle put de me rassurer. Ce n’était peut-être rien. C’était peut-être, c’était certainement quelqu’un d’autre. D’ailleurs, personne n’avait téléphoné.
- Tante Marge ! Je vous en prie !
Elle tremblait, tordait ses mains, cherchait ses mots. Elle n’osait pas me parler, pas me dire…
- Tante Marge !
Stephen vint à la rescousse, livide lui aussi, mais calme. Calme malgré tout.
- Assieds-toi, Cat.
- Non !
J’avais crié sans le vouloir, et tapé du pied comme une petite fille.
- Comme tu voudras. Il y a eu un attentat. Contre le gouverneur de la banque nationale. Il y a d’autres victimes. Dont un britannique. Un diplomate. On ne sait pas…
- Tais-toi !
- Cat, à la radio, ils n’ont pas dit de qui…
- Tais-toi !
Ils n’avaient rien dit. Ils ne disaient pas le nom des victimes avant que les familles ne soient prévenues. Ils n’avaient pas besoin de le dire. Je savais. Je savais depuis son départ qu’il était en danger. J’avais cauchemardé toute la nuit. Je savais… je l’aimais… oh, Corwin, non !
Comme un automate, je me dirigeai vers le téléphone, formai le numéro par réflexe. Le numéro direct. Celui de son bureau. En espérant… en espérant ! Oh…mon Dieu… faites qu’il réponde… faites qu’il réponde…
Une voix féminine. Une hésitation. Puis une autre voix. Celle d’un homme, cette fois.
- Catherine ?
Pas de protocole. Seulement du chagrin. Puis plus fermement.
- Lady Catherine Bard ? Je m’appelle Allan Moore. Je suis le supérieur direct de Corwin.
- Non. Ce n’est pas vrai. Dites moi que ce n’est pas vrai. Monsieur Moore. Je vous en supplie. Dites moi. Non.
- Je suis désolé, Catherine. De tout mon cœur.
- Non…
J’étais incapable de dire autre chose. J’étais incapable d’écouter. D’entendre plus que des bribes de phrases. Des mots sans suite. Irréels.
- … à bout portant… grièvement blessé… votre ami journaliste … hôpital…
Stephen me prit le cornet des mains, se mit à interroger cet Allan Moore. Tante Marge m’emmena au salon, me fit asseoir, me prit dans ses bras.
- Je savais, sanglotais-je. Je savais… Pourquoi ? Pourquoi ?
Elle ne pouvait répondre, se contentait de me bercer. Je ne voulais pas être bercée. Pas par tante Marge. Je voulais Corwin. Mon Corwin. Mon amour.
- Il est vivant, Cat.
Stephen m’avait pris les mains. Il me fixait dans les yeux et m’obligeait à l’écouter.
- Il est vivant, mais il a reçu deux balles, dont une dans la poitrine, à bout portant. Il est sur la table d’opération. Ce sera long, très long, s’il s’en sort.
- S’il s’en sort, fis-je comme un écho. S’il s’en sort…
- Sir William est là-bas. Il appellera, dès que ce sera fini.
Il n’ajouta pas « ou dès que ce sera fini ». Mais je l’entendis malgré le silence.

Dans la salle à manger du château des Heighs of Bree, la vieille horloge égrenait les secondes, sonnait les heures, scandait le temps. Rien de tel dans le salon de tante Marge. Rien, rien que le silence de l’attente. Rien que la peur, que l’inquiétude, qu’un espoir aussitôt retombé. Que l’éternité en une seconde, qu’une heure aussi longue que la mort. Que l’espérance de la vie. Que l’Espérance. J’attendais la fin de sa vie. J’attendais la fin de ma vie. J’attendais qu’une voix rassurante me dise qu’il vivrait, qu’il guérirait, que nous serions heureux. Ensemble. Pour toujours, un toujours au moins aussi long qu’une de ces secondes d’angoisse. J’attendais une sonnerie qui ne venait pas, qui ne résonnait pas. J’attendais. C’aurait été moins difficile, si le tic-tac de la vieille horloge avait scandé le temps.
Le tic-tac de la vieille horloge qui scandait le temps pour les parents de Corwin



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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.