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Conte de Noël : Valentine

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 34: Le réveil
(par Gurth, ajouté le 03/05/06 23:57)


Bernier ouvrit les yeux. Il se sentait faible, et avait un peu mal à la main gauche. Il tenta de bouger ce bras, et se rappela qu’il n’existait plus. Mais ça n’était pas l’important. Bernier réalisa qu’il était conscient. Depuis combien de temps se débattait-il dans la fièvre et les cauchemars ? Il avait perdu le compte des jours. Il se souvenait être arrivé avec le seigneur Joseph au manoir de Sombreval. Là, des gens l’avait soigné et veillé. Leurs noms et leurs visages s’étaient imprégnés en lui, au milieu d’une cohorte de fantômes grimaçants venus des Terres Saintes. Il y avait la guérisseuse, Becky, la dame Valentine, et son ami, Guy, sans doute guérisseur. Celui-là même qui se tenait à son chevet. Il l’appela, d’une voix un peu enrouée.
Guy, perdu dans ses pensées, n’avait pas vu Bernier se réveiller. Il sursauta, et sourit. « Bonjour, dit-il. » Bernier lui sourit en retour. « Bonjour, Guy. Peux-tu me donner un peu d’eau ? Il y a une éternité… il me semble… que je n’ai bu quelque chose de frais.» Guy rit doucement. « Lassé des tisanes ? ça et les remèdes de Becky t’ont remis sur pied, pourtant. Et puis, je t’assure que tu as eu ton content d’eau fraîche, même si tes lèvres l’ont oublié !» Il tendit un gobelet à Bernier, qui but avidement. « Merci, dit-il. Il fixa Guy dans les yeux. Merci… pour tout. »
Soudain, il commença à parler. « Je suis venu ici en messager de mauvaise augure… amener le sang du désert jusqu’aux neiges de Sombreval… » Guy s’approcha un peu plus, et écouta le long récit de Bernier ; les paroles sortaient de sa bouche comme une plaie qui suppure. Le départ pour la croisade… La longue route jusqu’aux pieds des murailles de Jérusalem… La rencontre avec Lambert et Bertrand, leur amitié, et la mort du jeune chevalier. Bernier se soulageait de toute cette douleur auprès de Guy ; bien sûr il l’avait déjà partagée avec Joseph, mais celui-ci restait son seigneur et son aîné. Guy, lui, avait son âge, et comprenait à merveille les rêves de Bernier. Tout comme Lambert les avait compris…
Il y eut un silence, et Bernier reprit : « Et ça n’est pas tout. Il me faut à présent annoncer à Dame Valentine que son frère ne reviendra pas. »

Le père Erard se resservit du fromage. Le dimanche, on pouvait bien se le permettre. Helmgaud, lui, se contentait d’un bol de soupe. Il n’avait pas grand appétit, ces derniers jours. « Et cette chasse au loup ? » demanda le curé. « Eh bien, je la vois comme une célébration toute particulière de la Nativité pour cette année. La mort de cet animal démoniaque ne pourra que réjouir le Seigneur, et peut-être apaiser le cœur troublé de Dame Valentine. Mais je ne suis pas très éloquent… » Le père Erard joignit les mains et sourit. « Je vous comprends, ne vous en faites pas. Continuez. » Helmgaud reprit une gorgée de soupe. « Mes soldats partiront chasser la louve en début de soirée ; pendant ce temps les moines nous attendront au village, avec les habitants. Je vois en cette chasse une chose sacrée, et je veux que chaque famille de Sombreval le réalise. Avec l’aide du Seigneur, tout sera terminé avant la messe que nous viendrons tous écouter en votre église. »
Le repas se terminait. Le curé acquiesça aux paroles d’Helmgaud, et alors que tous se levait de table, il invita le baron à faire quelque pas dehors. Le ciel était dégagé, il faisait beau temps ; flâner dehors était agréable malgré le froid mordant. La conversation, orientée à dessein par le curé, glissa vite sur la mauvaise nouvelle apportée par Joseph et Bernier.
« Maintenant que Lambert est mort, comme ses parents, le domaine de Roccourt est sans maître… » dit Helmgaud d’une voix sombre. « Eh bien, à ce propos, il y a quelque chose, que peut-être, vous devriez savoir… » répondit le père Erard.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.