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Conte de Noël : Valentine

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 35: Le père Erard
(par Gurth, ajouté le 10/05/06 00:32)


Joseph et Valentine marchaient côte à côte, s’en retournant vers le manoir de Sombreval. Joseph se tourna vers la jeune femme, et lui prit délicatement la main. Elle fut surprise, mais se laissa faire. « Excusez-moi, ma Dame, dit Joseph en examinant le bout de ses doigts. Mais oui, je ne me suis pas trompé. Ce sont bien des taches d’encre que vous avez là ? » Valentine rougit et baissa le regard. « Je ne veux pas être indiscret, se hâta d’ajouter Joseph. – Ce n’est rien répondit-elle. C’est bien de l’encre… De temps à autre, j’écris de petites choses. Mon père m’a appris. – Un bien précieux savoir… Et qu’écrivez-vous ? – Ce que me dicte mon cœur… Elle ajouta plus bas : En marge de l’Apocalypse de Saint-Jean. » Joseph sourit, et il éclata de rire. Un rire clair et beau. « Pardonnez, ma Dame. Mais c’est la plus belle chose que j’ai entendu depuis fort longtemps. » Elle sourit à son tour. Il n’y avait rien à pardonner.



Le père Erard s’éclaircit la gorge. « Il y a de nombreuses années, je fus appelé au chevet d’une femme mourante ; une paysanne de Sombreval, veuve, mère des deux enfants. Je m’approchai d’elle pour entendre sa confession avant l’extrême-onction, mais elle murmura qu’avant cela elle voulait me confier un secret dont je puisse disposer plus librement que sa confession. Cela concernait son fils aîné. Elle prétendit qu’il était le fils illégitime du seigneur Eudes… – Eudes de Roccourt ? Mon beau-frère ? » interrompit Helmgaud. Le curé hocha la tête gravement. « Elle me raconta leur histoire. Dans sa jeunesse, Eudes fut envoyé comme écuyer à Sombreval, pour faire son apprentissage de chevalier auprès du père de Dame Valentine. La dernière année, il rencontra cette femme, et ils s’aimèrent le temps d’un été. Mais bien sûr, Eudes de Roccourt était promis à votre sœur, et il ne pouvait pas épouser une paysanne ; il dut bientôt la laisser, enceinte. Le mariage avec votre sœur eut lieu peu après, et celle qu’il avait aimée se trouva elle aussi un mari, qui accepta l’enfant à naître comme le sien. – Quelle preuve avez-vous donc de tout ceci ? demanda brutalement Helmgaud. – Eh bien, reprit le père Erard, avant de retourner sur les terres de Roccourt, Eudes confia à celle qui portait son enfant une bague gravée à son nom. Avant de mourir, elle me confia le bijou, me laissant en faire ce que bon me semblerait. A la mort de sa mère, le bâtard d’Eudes était trop jeune pour entendre la vérité ; je n’ai pas jugé utile de lui conter l’histoire depuis, mais aujourd’hui… – Il est le dernier héritier de la famille de Roccourt… dit Helmgaud. Mais, malgré son lignage, il reste un bâtard, et un rustre ! Est-il seulement envisageable d’en faire un seigneur ? Et puis d’ailleurs, qui est-il ? » Le curé hésita avant de répondre, et inspira profondément : – Il se nomme Guy ; il vit dans une cabane avec sa sœur et un enfant trouvé… – Je le connais, coupa Helmgaud. Guy ? se murmura t-il à lui-même, incrédule.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.