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Apparence  

 

Lidec et Erellig

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 37: Retrouvailles (2)
(par Stéphanie, ajouté le 12/04/04 08:42)


Gwerel resta un moment interdit. Le Signe ! Déjà ! Cela ne pouvait... Mais Nest...
-A Deynusian, rúnia ena !Que t'attend-il encore ! J'aurai dû rester. Près de toi.
- Il te fallait partir, nous en avions décidé ainsi. Pas seulement toi et moi, aussi nos compagnons. Tu as quelque chose à accomplir, et cela importe pour nous tous.
- Je le sais. Mais te laisser seule dans une pareille situation... Comment cela se fait-il ? Es-tu sûre que c'était le Signe ?
- Tu veux que je te montre ?
- Oui. Mais reste en toi. Ce sera moins risqué.
- Tu es fatigué.
- J'ai les moyens de me remettre sur pied. Vas, tu m'effleureras juste quand tu seras prête. Il n'y a que de toi que j'attends un contact ce soir, et je te reconnaîtrai entre milles.
Et il partit. Deynusian quitta aussitôt les Chemins, colmatant les fissures et les accrocs comme à son habitude, et réintégra le Monde d'En-Bas.

Sous les étoiles, le feu commençait seulement à faiblir ; les Petits dormaient tous. Elle se leva pour reposer l'ekhelé du Sonneur, qui dormait profondément, un léger sourire aux lèvres. Passant auprès du jeune Lidec, elle fronça les sourcils et resta un moment immobile, humant l'air et fixant un point au Ponant. Les Cendrés avaient dû s'arrêter eux aussi. Et l'Innommable ne semblait pas en activité, ce qui finit de la rassurer : Lidec pourra dormir tranquille cette nuit, sans que l'Innommable ne cherche à l'atteindre à travers ses rêves pour déclencher chez lui une nouvelle crise. Revenant auprès du feu, elle s'agenouilla aux côtés d'Erellig. Elle ne tremblait plus, et sa fièvre était tombée, mais Deynusian, ayant refait le geste des Guérisseurs, vérifia encore une fois son état. Stable. Peut-être aurait-elle mal à la tête au réveil, mais le Chant avait agit. Son pouvoir ne faiblissait pas chez son peuple – ou du moins, il restait encore connu et pratiqué, même si les plus vieux se plaignaient de sa lente disparition. Mais sans doute ceux qui ont rejoints le Guide ou goûtent au repos dans les Îles de Dahron pensaient-ils de même du temps qu'ils erraient dans ce monde, eux qui avaient appris le Chant en son entier de la bouche même d'Elindaël. Il y a si longtemps... Ceux qui vivent les âges d'or pensent-ils à ceux qui vivront de leurs dernières paillettes ?

Il lui restait à s'occuper d'elle-même. Elle se sentait fatiguée et anxieuse, ce qui, au vu de sa situation de bannie, pouvait se révéler très dangereux. Elle enleva sa fourrure et le sac de cuir qu'elle portait dessous, que personne n'avait remarqué. Orné de perles et gravé en motifs floraux, il contenait entre autres ses mélanges de médecine – herbes et onguents, mélanges d'huiles florales et d'essences distillées, liés de fils de couleurs dont elle avait appris le code de sa grand-mère. Empruntant un bol aux Petits, elle fit chauffer de l'eau avant d'y verser quelques gouttes d'essence de mélisse et les sommités sèches de Belle Etoile et de jeunes feuilles d'Aube Blanche. Se massant les tempes, elle pencha son visage au-dessus du bol et respira lentement l'odeur, s'imageant la circulation de l'impression de bien-être dans tous ses muscles. Elle réussit même à dénouer sa douleur lancinante sous l'épaule droite. Quelques temps plus tard, détendue enfin, elle alla à la rivière nettoyer le bol avec des racines d'Herbe à Mousse, puis le rangea où elle l'avait pris. Elle s'étira avant de s'asseoir, de nouveau regardant le Ponant, puis se recentra en elle-même. Gwerel avait raison : il lui était moins risqué de l'emmener dans ses souvenirs que de les lui montrer projetés. Ils seraient toujours sur les Chemins, mais dans un mode privé, intouchable, à moins de briser tous les interdits et toutes les lois instaurés par le Guide quand il découvrit ces Chemins. Elle inspira profondément, et effleura Gwerel, avant de le guider vers elle. Puis commença à raviver les souvenirs du jour du basculement, comme on rouvre avec mille précaution une plaie mal refermée.

Voir le chapitre 37 sur 60



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.