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Le Barde du Beleriand : L'erudit d'Oxford

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 37: Luthien.2.
(par michele huwart, ajouté le 02/09/08 07:18)


- Vous devriez sortir, Madame.
- Non.
Non, il n’en était pas questions. Je me ferais toute petite dans un coin de la chambre, je ne dérangerais pas les médecins, mais je ne partirais pas. Toilette, soins, ou pas. Corwin était mon mari.
- Nous devons refaire ses pansements, vérifier l’évolution de ses blessures, et ce ne sera pas beau à voir.
- Vous avez peur que je tombe dans les pommes ? Rouspétai-je. Vous allez surtout lui faire mal et, croyez-moi, cela me touche bien plus que la vue de fils et de cicatrices.
- Catherine, s’il vous plaît. Mrs McAllistair.
Dans ma langue, cette fois. Amel m’entraîna de force dans le couloir, puis dans le bureau des infirmières, m’assit sur un tabouret et me fourra un croissant dans les mains.
- Mangez. Et buvez.
Une de ses collègues posa devant moi une tasse de café chaud.
- Ce que nous avons à faire n’est pas facile. Alors, laissez-nous. Je viendrai vous chercher dès qu’il sera prêt. Et ne vous inquiétez pas : il sait que vous êtes là.
Elle repartit d’un pas rapide, me laissant seule dans cette petite pièce aux tables blanches, aux armoires vitrées, au tableau de liège sur lequel étaient épinglés divers papiers. Seule, la nourriture me donnait des hauts le cœur, même si je n’avais rien mangé depuis deux jours. Il me fallait pourtant avaler ce café, ce croissant, si je voulais tenir, si je voulais pouvoir aider Corwin, si je voulais éviter aussi le courroux des soignants et de Sir William.
Où était d’ailleurs passé Sir William ? Il devait me l’avoir dit, sans que je lui prête attention. Je me forçai à avaler une bouchée de croissant, une gorgée de café trop fort - les gens du Sud font toujours le café trop fort. Je faillis vomir, mais continuai. Une femme entra, une grosse femme grisonnante en blouse blanche.
- Allons, ma petite, dit-elle amicalement. Terminez ça. C’est dur, mais il faut avoir du courage. Vous n’êtes pas la seule dans cette situation.
- Non, fis-je, amère. Mais mon mari n’a rien à voir avec vos histoires. Votre combat n’est pas son combat.

- Il est européen, chrétien, diplomate, et se trouvait en compagnie du gouverneur de la banque nationale. Un tas de bonnes raisons pour certains de lui tirer dessus. Maintenant, leur combat n’est pas « mon » combat. Mon combat, je le mène chaque jour, comme tous les membres de ce service, contre la souffrance et la mort.
Je m’étais sans doute montrée impolie. J’aurais dû présenter mes excuses. J’étais trop perturbée pour ça. Je préférai changer de sujet.
- Sauriez-vous où est allé Sir William, Madame ?
- Sir William ? Monsieur Maglor, voulez-vous dire ? Il est aller téléphoner. A votre ambassade, je crois. En tout cas, il désirait savoir quand arrivaient vos beaux-parents.
Mes beaux-parents. Maître et Mrs McAllistair. Je n’avais pas pensé à eux depuis le coup de téléphone que leur avait donné Stephen. En toute logique, c’était eux qui auraient dû se trouver ici, à ma place.
J’en fis part, dès son retour, à mon patron.
- Il avait plus besoin de vous que d’eux.
Ce fut la seule explication qu’il daignit me donner.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.