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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 37: La salle des gardes
(par michele huwart, ajouté le 18/06/04 14:03)


Je commençai mon récit en bafouillant. Je sentais les regards des souverains me pénétrer jusqu'à l'âme. Celà me glaçait. Mais, petit à petit, je pris de l'assurance. Je racontai mon enfance misérable. Ma fuite. Ma voix trembla à l'évocation de mon premier meurtre. Se fit plus ferme lorsque je parlai des hommes-loups. De notre rencontre avec Neithan.
le Roi tiqua à l'evocation de son pupille. "Nous ne l'avons dépossédé de rien", l'entendis-je murmurer.
Je repris mon récit. Au moment d'aborder ma paricipation aux torture qu'avaient subies mon Seigneur, ma voix se brisa. Il s'approcha de moi, posa la main sur mon épaule, comme pout me protéger. "Continue", me dit-il doucement. Ce que je fis. Je racontai les coups, les privations et les humiliations qu'il avait cachés à ses souverains. Mon incapacité à le tuer. Mon désarroi et mes remords. Notre départ, et notre long périple. Le refus de Neithan de nous accompagner. Le renouveau de ma vie.
Un silence de mort suivit mes dernières paroles. Ce fut mon Seigneur qui le rompit.
- Morgil ne vous dit pas tous, lui non plus, Vos Majestés. Il n'a pas fait mension de son dévouement à mon égard, des risques qu'il a pris en s'opposant à ses compagnons de rapines, de son obstination à m'empêcher de mourir.
La Reine eut un inperceptible sourire.
- De celà, vous nous aviez déjà fait part, Capitaine.
Son époux se tourna vers elle. Il y avait dans les yeux du roi une profonde, une incommensurable tristesse.
- Neithan... fit-il à nouveau. Comment peut-il se faire appeler ainsi !
Il avait des inflexions de désespoir et de colère contenue. Je crus un moment que cette colère allait se déverser sur moi. Mais ce ne fut pas le cas. Il prit une profonde respiration, et, s'adressant à mon Seigneur, lui dit :
- Emmenez votre ami, Beleg. Il doit avoir faim et soif. La Reine et moi avons besoin de rester un moment, seuls.
Puis, se tournant vers moi:
- J'ai apprécié votre honnêteté et votre modestie, Morgil, fils de Personne. Soyez l'hôte de Menegroth, le temps pour vous de décider de votre avenir.
Je remerciai, confus. Imitant mon Seigneur, je mis genoux en terre. Puis, nous relevant, nous laissâmes les souverains de Doriath à leur amertume.

Mon Seigneur me conduisit vers une grande salle. Là, pas de luxe royal. Des tables et des bancs en bois ciré, une bonne odeur de nourriture, et des hommes - pardon, des Elfe, parlant haut et fort. Rien de poétique, ni de mélancolique. Seulement des gens d'armes heureux de se retrouver devant un bol de ragoût et un cruchon de vin frais. Parmi eux, ceux qui avaient procédé à ce qu'il me faut bien appeler mon arrestation. Je sentis les regards se poser sur moi. Pas vraiment amicaux, alors que mon Seigneur était accueilli comme un prince.
- Assieds-toi, me dit-il lorsque ses compagnons d'armes eurent fini de le congratuler. Je vais nous chercher un bol de soupe chaude.
Ce qu'il fit sans chichis. Il apparaissait comme incongru, vêtu de ses habits de cour, touillant dans le chaudron au milieu de ces soldats vêtus de cuirs et de maille. Il posa bientôt devant moi un grand bol de grès rempli de potage épais et fumant, s'assit à mes côtés, et rompit une miche croustillante, dont il me tendit la moitié.
- Depuis quand partageons-nous nos repas avec les humains ? crut bon de dire une voix s'élevant d'une tablée voisine.
Mon Seigneur toisa la salle entière d'un regard sombre et impérieux que je ne lui vais jamais vu. Ce fut dans un silence suffocant que retentirent ses paroles, glaciales.
- Depuis que c'est le bon plaisir de vos souverains. Il en a été ainsi dans le passé. Il en est ainsi aujoud'hui.
Des murmures confus emplirent l'air, mais il continua:
- Et je vous prie de considérer Morgil ici présent comme mon ami, et l'un des nôtres.

Voir le chapitre 37 sur 67



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.