Chapitre 38:
Luthien.3.
(par
michele huwart, ajouté le 06/09/08 05:59)
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- Sir ? - Tout va bien, mon garçon. Vos parents seront bientôt là. Je sentis la main de Corwin frémir dans la mienne. - Mécontents. Il grimaça de douleur. Sir William le calma, l’apaisa. - Non. A la fois soulagés de vous voir en vie, et inquiets de vous voir malade. Lorsqu’il parlait à mon époux, la voix de Sir William prenait une intonation unique. La même que lorsqu’il évoquait « Ronald » ou son fils; Une intonation de tendresse infinie. - Ne vous tracassez pas pour rien. Reposez vous, plutôt. - Peux pas. Pourriez-vous… raconter ? Raconter quoi ? J’eus très vite la réponse, sous la forme d’une histoire. La suite de celle que me racontait, à l’occasion, le prince des Noldor.
Il arrive parfois qu’une infirmière, qu’un médecin s’attache particulièrement à un de ses patients. Pourquoi Priscilla, et pourquoi Ronald ? Sans doute à cause de ce qu’ils étaient, l’un et l’autre, et de ce qu’ils savaient, l’un et l’autre. Parce qu’un monde perdu à jamais existait encore pour eux. Mon monde était le lien qui unissait la vieille infirmière et le jeune intellectuel. Un lien très fort, à l’origine d’une amitié durable, du prénom d’une petite fille qui est aujourd’hui une dame âgée, et d’une œuvre littéraire majeure.
- C’est vous, avant tout, qui l’êtes, rectifiai-je. A l’origine de cette œuvre. - Non. Pas de celle-là. J’ai transmis à Ronald la clef des langues de mon peuple, et quelques textes. Enfin, de nombreux textes, je l’admets. Mais pas ceux-là. Pas ce qui allait être révélé au monde sous les titres du « Hobbits et du « Seigneur des Anneaux ». Remanié, bien sûr. Amélioré, c’est indéniable. Frodo Baggins était un grand homme, si je puis m’exprimer ainsi, mais un écrivain plus que moyen. Quant à ceux qui avaient, au fil des siècles, traduit et retraduit son texte pour le garder accessible, n’en parlons même pas. Sans la plume de Ronald, le Livre rouge n’aurait captivé personne et, pour peu que je les connaisse, n’aurait trouvé aucun éditeur pour le publier. Corwin esquissa un sourire. Ce qui me fit froncer les sourcils. - Sir William, Corwin, que sait-il ? Mon patron embrassa affectueusement le front de mon époux. - Il sait qui je suis, et ce que je suis. Il sait ce que je lui ai raconté, la première nuit, pour l’empêcher de partir. C’est-à-dire, à peu près la même chose qu’à vous. - Et il vous a cru ? Fis-je, incrédule. Comment un jeune homme équilibré et cartésien avait il pu accepter comme vrai l’immortalité et la malédiction de son interlocuteur ? Comment avait-il pu croire qu’un roman d’aventures puisse être la vérité vraie ? Il ouvrit les yeux et murmura « Cat » d’un ton de reproche. Après tout, il était Ecossais. Et donc, pas si cartésien que ça. Pouvait-il ne pas croire aux Elfes maudits en étant né sur la rive du loch Ness ? - Bien sûr, répondit Sir William. Et n’attribuez pas sa crédulité à la fièvre; Il a su qui j’étais bien avant l’attentat. |
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