Chapitre 38:
Helmgaud.2.
(par
michele huwart, ajouté le 22/06/06 13:13)
|
( Chapitre précédent, modifié)
Helmgaud tira sur les rênes de sa monture, qui renâcla avant de s’arrêter, et fit un signe à son sergent. Le soldat s’approcha. - Monseigneur ? - Emmenez les hommes avec vous, et que Berhar vous serve de guide. La région est vallonnée et la neige dissimule bien des pièges. Reconnaissez-la, étudiez-la, et soyez prêts pour la chasse. Lorsque le jour viendra, nous la battrons sur son propre terrain, cette sale bête ! Le sergent salua, mais osa demander, avant de se retourner vers ses hommes. - Et vous, Monseigneur ? Désirez-vous que quelqu’un vous raccompagne au manoir ? Le Baron refusa, ordonnant à son subalterne de le laisser seul. Car c’était bien pour être seul qu’il avait quitté la demeure de Valentine. Car il avait beau ne pas être un parangon de sensibilité, les révélations du Père Erard, faisant suite à l’annonce de la mort de Lambert l’avaient bel et bien mis mal à l’aise. La mort de Lambert… il se félicitait de n’avoir pas à annoncer à Mahaut et Eudes la mort de leur fils unique, car il était bien peu doué pour ça. Si sa sœur et son époux avaient été en vie, il aurait sans doute demandé au Chevalier de Froidmont de s’acquitter de la tâche… ou au gamin ? Après tout, c’était lui qui avait été témoin du drame. Et qui était venu l’annoncer à Valentine. C’aurait été faire preuve de lâcheté, bien sûr, même s’il était vrai que rencontrer les Croisés de retour de Jérusalem aurait pu aider Mahaut.. Rencontrer, parler avec un ami de son petit aurait pu aider Mahaut… mais Mahaut n’était plus… Parler avec le gamin lui ferait-il du bien à lui ? Lambert ne l’avait jamais vraiment aimé, il le savait. Lambert avait été trop idéaliste pour l’aimer, lui, Un enfant… un enfant empli d’idées et de rêves… Helmgaud frissonna… Un enfant empli d’idées et de rêves comme le jeune écuyer malade qui l’avait aimé comme un frère… qui peut-être pourrait ramener à son esprit, à son âme, ce qu’il était à vingt ans… « Pauvre Mahaut », songea-t-il. Si elle avait vécu, elle aurait appris le même jour le décès de son fils unique, et la trahison, des années auparavant, de celui qui était alors son fiancé. De l’existence d’un… d’un… bâtard ! Enfin, d’un bâtard selon le Curé de Sombreval, qui finalement ne s’était basé, pour prétendre ça, que sur les confidences d’une paysanne misérable. …d’une paysanne misérable… et mourante… Helmgaud soupira. Il aurait voulu croire au mensonge de cette femme. Il aurait voulu croire que son beau-frère n’avait jamais trahi Mahaut. Il aurait voulu croire que Guy… Il avait peu observé le sauvageon. Il ne l’avait que peu vu, d’ailleurs. Lorsqu’il ne dormait pas, le gamin ne quittait pas le chevet de Bernier. Mais même si ce n’avait pas été le cas, lui, Helmgaud, ne lui aurait jamais prêté attention. Pourquoi l’aurait-il fait ? Pourtant, quand il y repensait… Guy ne ressemblait pas à Eudes, pas pour un sou. Mais Eudes était le portrait viril de sa mère. Et Guy avait le regard, le port de tête, et les cheveux bouclés de son grand-père. Lambert de Rocourt, lui aussi. Lambert le Sorcier, comme l’appelaient les mauvaises langues. Comment une telle évidence avait-elle pu lui échapper ? Si ce n’est parce qu’elle était totalement incongrue. Guy ressemblait trait pour trait, avec cinquante ans de moins, au vieillard de ses souvenirs. Apparemment, le jeune homme avait hérité des dons de son aïeul pour l’herboristerie et pour l’Art de guérir… Même si le vieux Lambert avait été un Seigneur. Et que le garçon n’était qu’un sauvageon sans le sou, bâtard de surcroît… La paysanne n’avait pas menti.
Le Baron sursauta. Un bruit, derrière lui, dans les arbres… Il fit faire volte-face à sa monture, prêt à se défendre. Il ne vit, à travers les arbres dénudés, que la silhouette encapuchonnée d’une femme en cape sombre… - Hé ! héla-t-il. Hé, vous, la femme ! Mais elle s’était évanouie, fondue dans le paysage.
|
|
Voir le
chapitre 38 sur 41
|
|
|
Script fourni par
,
adapté et modifié par .
|