Chapitre 4:
La Mémoire de Baran (1)
(par
Stéphanie, ajouté le 30/06/03 10:01)
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Au soir, son service terminé, Erellig rentra chez elle. Lidec était parti, laissant un mot de remerciement sur la table. Moitié énervée, moitié soulagée, Erellig souffla un bon coup avant de prendre une douche. Une heure plus tard, elle dormait.
Le matin s’éveillait à peine quand Erellig s’étira sous ses draps. Encore endormie, elle passa ses vêtements et bu une infusion de feuilles de Corubiers et de Bétuliers dont la saveur corsée acheva de la réveiller. L’envie de profiter du lever du jour assise dans son fauteuil sur son balcon était forte, mais elle devait consulter Baran, et au matin, quand tout est calme, ce genre de discussion est plus facile. Elle prit donc une pomme à chair craquante et sucrée pour la route, et se rendit à l’Arbre Mémoire.
La Salle des Mémoires se trouvait non loin de chez elle, au haut de l’Arbre Mémoire. Il n’y avait ni gardes, ni d’artefacts dissuasifs pour en défendre l’entrée. Qui aurait eu l’idée de voler ce qu’elle contenait ? L’ascension se révélait plus fatigante à la base qu’au faîte de l’Arbre, mais des bancs offrait un repos aux grimpeurs fatigués. Erellig ne s’arrêta pas.
Quand elle parvint au sommet, Baran l’attendait déjà, ce qui ne l’étonna pas. Les Pierres-Mémoires semblent avoir unsens de l’à-propos beaucoup plus développé qu’aucun être vivant. Celle de Baran, mort il y a déjà quelques années, était éveillée et connaissait la question de la jeune femme. Mais elle s’enquit d’abord de sa santé. Erellig faillit encore une fois lui retourner la question ; elle ne parvenait toujours pas à concevoir le fait qu’elle ne parlait pas à un être humain mais à ce qui, somme toute, n’était que la résine de l’arbre sur lequel elle se tenait. Baran, ou du moins la représentation émise par la Pierre, sourit.
« Dis-moi, ma nièce, ce qui te tracasse à ce point. - Lidec. »
Baran aurait encore été vivant qu’il l’aurait invité à s’asseoir dans un fauteuil confortable et à prendre un verre de liqueur de frêne avant de commencer. Mais Baran était mort et elle parlait avec sa Pierre ; elle commença donc tout de suite.
« Il a de nouveau cherché à contacter les Ethérés. C’est la troisième fois depuis ton décès. Les deux premières fois, il n’y était simplement pas parvenu. Mais cette fois-ci, il a Echoué. Je suis arrivée à temps, heureusement, mais il n’y aura pas toujours un Adepte suffisamment proche pour arriver aussi vite. Et un Echec a des répercussions sur l’ensemble de l’organisme. - Que veux-il savoir ? - Tu dois bien t’en douter… Qui il est. Qui sont ses parents. Surtout, qui est son père. Tu t’es occupé de lui comme l’aurait fait un père, parfois même comme une mère-galline, mais il n’a jamais connu ses géniteurs. - Et tu veux que je te raconte pour la je-ne-sais-combien-de-fois comment je l’ai trouvé ? - Peut-être qu’un détail important m’a échappé la fois dernière. »
Baran se serait calé dans son fauteuil et aurait regardé la mer d’arbres sous ses yeux en poussant un soupir. Sa Pierre dégageait la même sensation.
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