Chapitre 4:
adieux en Valinor
(par
lothiriel, ajouté le 28/03/02 21:07)
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avec un thème pareil, et sans aucune prétention, je ne peux résister au plaisir de vous raconter ce qu'une mouette, un jour, m'a crié sur une grève bretonne ...
ADIEUX EN VALINOR
Combien de temps s'était écoulé depuis son arrivée en cette terre bénie? Il n'aurait pu le dire. Non, cela dépassait décidément son entendement fatigué par l'âge. Debout sur le seuil de la petite maison qui l'abritait, il leva la main pour saluer celui s'approchait. Le geste lui arracha une grimace, ses rhumatismes le faisant souffrir malgré l'air si pur qu'il respirait. L'elfe qui s'approchait lui rendit son salut d'un geste souple, accordé à la légèreté de son pas. Le regard de l'elfe était empreint de sagesse, comme celui de tous ses semblables en cette terre. Le sien était plein de fatigue, songea-t-il avec un peu d'amertume. L'elfe, pressentant cette pensée, s'inquiéta: - Comment te sens-tu aujourd'hui? Il soupira, grommela un vague "bien, bien" qui ne convainquit pas l'elfe, soudain alarmé. - Les mouettes m'ont dit de me hâter vers toi. - Ces pipelettes m'espionnent donc toujours! Sa fausse mauvaise humeur n'était pas plus convaincante que son affirmation précédente. L'elfe rit ouvertement: - Préférerais-tu qu'elles te survolent avec l'indifférence qui semble les caractériser aux yeux des ignares? - Pff, je sais depuis notre voyage que ce sont d'incomparables curieuses et depuis bien avant, qu'elles sont messagères à ton service. Je n'ai jamais oublié notre première rencontre avec elles. L'elfe sourit, soudain songeur: - As-tu oublié quoi que ce soit de notre histoire en ces années? Il bougonna de nouveau: - L'âge rend ma mémoire défaillante, même si cette idée t'est complètement étrangère.
Ce retour en arrière eut un effet brusque sur lui. Regardant l'elfe droit dans les yeux, il lui dit franchement: - Les mouettes ont bien fait. Il est temps pour moi de dire adieu à ceux que j'ai aimés. L'elfe s'assombrit: - Hélas! Il sourit: - Non, il n'est plus temps de me plaindre. Mon histoire fut plus longue, plus riche et plus heureuse que celle de tous mes ancêtres réunis. J'y ai connu des joies que Durin le grand n'aurait pas imaginées. Allons, Legolas, voici le temps de nous séparer, l'éternité n'est pas le lot des nains, même en Valinor la Belle.
Ainsi parlait Gimli le Nain, alors âgé de bien des siècles des hommes, à Legolas Vertefeuille, qui fut son compagnon de labeur. Et Legolas, s'inclinant devant son ami, l'accompagna dans la maison, l'aida à s'allonger. Quelques instants plus tard, on vit entrer Gandalf le Blanc et Galadriel. Tous deux firent leurs adieux à Gimli, qui, souriant à la Dame de ses pensées, murmura: - Allons, décidément, je suis un nain chanceux puisque la Dame daigne accompagner mon départ.
Mais ce fut Legolas encore qui lui ferma les yeux quand le souffle du nain ne fut plus perceptible même à son ouïe d'elfe et d'ami. Il sortit ensuite et marcha longuement le long de la grève. Ce qu'il dit aux mouettes ce jour-ci, nul ne le sait, mais l'une d'elles me raconta ceci un jour de pluie. |
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