Chapitre 4:
Samedi 8 mai. Au matin.
(par
ISENGAR, ajouté le 13/05/04 13:56)
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A l’heure où tous les maires de France prononçaient leur discours en souvenir des millions de morts d’une guerre que tous les chefs d’état du monde entier semblent avoir oubliée, les lurons du Paimpolevala, moyennement frais et à peu près dispos, entreprirent de visiter les environs...
Menée par un Vinchmor gonflé d’orgueil devant la beauté de son pays sous un soleil inattendu, la marmaille, augmentée de Jean, venu en voisin, se déversa mollement vers la promenade du bord de mer. La mer, sise céant à l’est, stupéfia Silmo, psychorigidement convaincu de la grande vertu et de la haute normalité de l’occidentalité océane. L’autochtone hôte conduisit ses troupes par un chemin littoral jusqu’à la fameuse abbaye de Beauport. Arrivés devant la grille fermée de l’abbaye, tous se retrouvèrent fort marris de ne pas pouvoir aller plus loin. L’agile et bondissante Kendra tenta l’escalade, mais renonça après quelques mètres. Diverses incantations furent prononcées par les visiteurs : « Mellon, mellon ! », « Edro, edro ! », « Amenez Grond !», « Attention, je vais te modérer, grille !», « Satan t’ordonne… » etc… mais rien n’y fit ! « Marrie soit celle qui peu s’entrouvre... » fit discrètement une voix philosophe dans le tumulte, invitant ici à un double niveau de lecture graveleux typique… Mais les grilles restèrent définitivement closes.
On décida de faire le tour. L’abbaye était entourée d’un manteau d’étangs malsains et de fondrières marécageuses marries où se mêlaient roseaux et parapluies abandonnés. Dans un bassin décoré de rouches, attirant l’attention des curieux, un surprenant tourbillon avalait l’eau comme si on avait affaire à une vulgaire baignoire… « Un siphon, phon, phon…» fit caustiquement Isengar en mimant des marionnettes avec ses mains. Mais ses collègues évacuèrent finallement les lieux, repoussés tant par les fétides relents de ce maresque marri que par l’humour de l’incompris maître Touque…
Après un petit tour au coeur d’un impressionnant et dépaysant champ de roseaux, tous se retrouvèrent devant la romantique ruine de l’abbatiale. Ici se mêlaient art gothique primitif et rayonnant ainsi qu’une touche plus ancienne de sobre ferveur romane bretonne. Le tout au milieu d’une quiétude mystico-celtisante où semblaient se plaire d’aimables et discrets oiseaux. Elwë, empereur des pieds dans le plat, entama le marrissement des lieux par un discret et poli : « Eh ! L’eau du bénitier est toute croupie ! » « C’est pas pour bénir, c’est pour marrir ! » enchaîna une voix qu’on supposa être celle de ce mécréant d’Hisweloke, à moins que ce ne fut celle de ce Gawain, au timbre caméléon... « C’est nul !! » termina Irulan. Enfin, profttant de l’accoustique des lieux, Satan clama des vers sous le contrôle de Gurth, autoproclamé professeur honoraire es-grondements, et la belle abbaye se transforma en une ténébreuse plate-forme de douteuses tentatives d’éructations black-métalleuses de bien mauvais aloi... « Grrrrrrûûûû ! Grrrrrrrraaaaaaaoooooooooo ! Grr... teheuu ! Kof ! Kof ! »...
Et tous de fuir au loin pour ne pas se prendre une pierre chancelante –cas typique de manifestation divine colèreuse– sur le crâne... De toute façon, l’heure de l’apéro approchait...
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