Chapitre 4:
Samedi, après le repas de quatre heures jusqu'au dodo
(par
Giligili, ajouté le 22/09/04 19:17)
|
Pendant le repas, certains parlèrent de la promenade du matin et affirmèrent avoir gravi une piste de ski. Les perfides! Essayaient-ils de berner un nain, à propos de montagnes en plus? Je tournai la tête d'un air hautain, écartant ces inepties de mon oreille sensible...
Puis l'on eut droit aux distractions de la fin d'après-midi, pour aider à digérer. Tout d'abord, une heure de Donjon de Naheulbeuk fit jaillir l'hilarité de nos coeurs, tandis qu'une poignée de randonneurs (vous trouverez le compte rendu de leur promenade dans le prochain chapitre...) nous désertait. On pouvait aisément reconnaître les initiés des vétérans : ces derniers rigolaient toujours AVANT la blague... C'est donc avec le sourire aux lèvres et la mine réjouie que nous pûmes admirer les magnifiques dessins de babel. C'étaient des dessins en noir et blanc, dont le point fort (à mon humble avis) était les paysages et les textures. Elle dut cependant s'inquiéter quelque peu pour ses oeuvres quand elle se rendit compte que la foule située derrière elle et contemplant le trésor graphique qu'elle tenait en main commençait à créer une bagarre générale, chacun voulant avoir une meilleure vue par-dessus l'épaule de notre artiste. Elle dut ensuite faire face à une masse énorme de suppliques destinées à la persuader de publier ses dessins. Nous ne nous décidâmes à rentrer, bien à contrecoeur, que lorsque le crépuscule nous empécha d'admirer ces merveilles comme elles le méritaient.
Pour ranimer le moral des troupes, Tar Palantir, qui, avec la longue vue, prévoyait sans doute le désastre que son acte allait déclencher, gonfla un joli ballon de baudruche, tout bleu, et débuta un petit volley/foot dans un coin du chalet. Le jeu dura un certain temps, jusqu'à ce que le nain fasse une tête, ou plutôt un nez, et attende, content de sa bêtise, qu'on lui renvoie la balle, comme un fier toutou. Horrifiée, Béatrice s'écria alors : "Pascal! Qu'as-tu au nez? Il est tout bleu!" Mon premier réflexe de nain sceptique fut de ne pas la croire, ce qui dura une seconde, au bout de laquelle je regardai machinalement mes mains. Elles étaient toutes bleues! Cette découverte déclencha une panique générale dans le chalet. Ceux qui n'avaient pas participé au jeu, voyant cette déroute, crurent à un tremblement de terre, à une éruption volcanique, voire à l'annonce de l'arrivée imminente de Peter Jackson au gîte... Mais non, les tolkiendili ivres de terreur se précipitaient juste dans la salle de bains pour y laver qui leurs mains, qui leur pantalon, qui leur nez... Ils se battaient comme des chiffonniers devant les lavabos, chacun craignant que la peinture du ballon ne les consume et les entraîne vers le tourment cruel. Seul Gurth, se souvenant de son pantalon boueux, prit les choses avec philosophie en ricanant : "M'en fous! J'suis déjà crade!" L'émeute calmée à grands cris de nazgul, nous eûmes droit, vers onze heures ou minuit, à une spécialité culinaire typiquement belge : un couscous, préparé avec amour par Lambertine. La fourbe avait concocté une sauce piquante qui obligea tout le monde à manger près du nazgul pour se rafraîchir le gosier. Elle resta discrète à ce sujet, mais nous nous doutons que son intention était de nous inciter à boire encore plus, à moins que ce ne soit un sabotage de mon conte, que j'aurais pu raconter avec la bouche carbonisée...
Cette excellente transition nous amène donc à mon conte, qui est disponible sur Votre Nouvelle ainsi que dans toutes les bonnes charcuteries. Je dois avouer que j'avais quelque peu le trac, malgré une repétition que j'avais fait à des personnes que je ne désespère pas de voir un jour arriver sur ce site. Comment mon conte allait-il être accueilli? Le trouveraient-ils drôle? Les premières minutes me rassurèrent, et je fus à peine troublée par les ronflements de Melo-dye, que, en bon nain sournois, je laissais dormir en attendant la première occasion de hurler compatible avec la narration. Les derniers passages furent absolument inoubliables. L'auditoire était mort de rire et reprenait difficilement sa respiration, Moraldandil à côté de moi était écarlate et l'empereur, Elwë Ier lui-même, frappait les accoudoirs de son fauteuil qui ne lui avait rien fait. J'eus ensuite à faire face à une nouvelle vie de star : je signai des autographes, dus fuir une horde de fans hystériques, et répondre le lendemain matin à une pile de lettres d'amour dont le nombre dépassait largement le nombre de personnes féminines présentes.
Mais nous n'en sommes pas encore là. Pendant que les convives allaient se coucher au compte-gouttes, Béatrice, Elwë, Medonnen, Dragon Sacquet, Tar Palantir et moi-même, participèrent, sous la houlette de Dunminuial "c'est nul!" Irulan, au traditionnel jeu de rôles de la matinuit de dimanche. Cette fois, cela se passait dans le monde de Naheulbeuk. J'interprêtait un cousin lointain de Giligili qui, ô coïncidence, s'appelait également Giligili. Béatrice, Elwë, Medonnen, Dragon Sacquet et Tar Palantir interprétèrent respectivement un vilain voleur halfling, une nénelfe ranger, un barbare poischicho-cérébral, un ranger halfling et un barde gnome qui faisait même peur au barbare et au nain. Je commençai fort en refusant de payer ma bière et, voyant que ma tentative d'intimidation réussissait, en volant la caisse du bistrot! La nénelfe essaya plusieurs fois de se cacher du nain, qui à chaque fois était le seul personnage à la retrouver et à lui coller une baffe pour lui apprendre. L'on apprit aussi que les nains, quand ils daignent quitter leur armure, grimpent mieux aux arbres que les rangers, et que seule la promesse d'une baston peut faire revenir un barbare qui a décidé d'aller à un endroit sans consulter personne. Un événement dont je suis fier se déroula quand l'elfe décida d'aller descendre un escalier toute seule, en éclaireur. Je flairai le bon coup. Les autres s'aperçurent de mon absence, et me virent revenir quelques instants après, une grosse pierre dans les mains, la brandir au-dessus de l'escalier, crier : "Coucou, nénelfe!" et lui balancer en pleine figure dans l'espoir qu'elle dévale l'escalier. Gniark gniark!
Pendant ce temps, dans une des chambres, un drame se déroulait. Les ronflements de Melo-dye résonnaient dans le chalet comme un moteur de 2CV dans un chauffe-eau, empéchant le pauvre Moraldandil de dormir. Il produit alors un gros sifflement pour réveiller la fautive. En vain. Par contre, il réveilla en sursaut le petit Hiswelokë qui dormait comme un bienheureux et se retrouva alors au bord de la crise cardiaque. Couer battant à tout rompre, il vit une forme sombre, debout dans la chambre faire des "pssccchhht!" (attention, c'est du gallois, pour la traduction française, demandez à l'auteur du dit-sifflement!) comme un forcené. Il finit par se rendormir, seulement pendant dix minutes, au bout desquelles un nouveau "psscchhht!" lui donna encore une frousse incommensurable et lui arracha un cri de peur. Romaine, elle aussi réveillée, quoique plus sereinement, par le sifflement, tentait de le calmer, quand Moraldandil, excédé par cette chambre vraiment trop bruyante, entreprit de déménager dans la chambre-de-ceux-qui-se-couchent-à-l'aube, plus calme. Il débarqua dans la salle des rôlistes, déclarant, le visage empourpré par la colère : "c'est vraiment impossible de dormir, ici!" Tous les rôlistes blémirent, croyant avoir fait un boucan de tous les diables. En fait, notre linguiste venait juste nous voir pour nous demander une lampe torche, pour pouvoir éclairer sa route. Finalement, les derniers survivants de cette nuit-là, les rôlistes, se couchèrent à sept heures du matin, leur partie inachevée, en prenant bien soin de ne pas réveiller Moraldandil. |
|
Voir le
chapitre 4 sur 14
|
|
|
Script fourni par
,
adapté et modifié par .
|