Chapitre 4:
Mélancolie
(par
Isiliel, ajouté le 25/09/05 16:13)
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Ma première leçon de sindarin débuta le lendemain. Elrohir m’emmena dans le jardin et me désigna un arbre : "Galadh. -Galadh, répétai-je. -Gelaidh, dit-il en désignant un groupe d’arbres. -Gelaidh. " Elrohir ne fut pas mon seul professeur. Chaque elfe avec qui je passai un peu de temps m’appris quelques mots.
Je m’intégrai relativement vite à la vie de Fondcombe, mais j’eus aussi très vite le mal du pays. Un jour, j’éprouvai vivement le besoin de me retrouver seule avec moi-même et je ne connais pas mieux que la forêt pour ça.
Mes robes n’étant pas très pratiques pour une expédition dans la nature, je sortis de leur coffre mon jean et mon débardeur. Ils étaient tellement déplacés dans le décor d’Imladris que je me fis l’effet d’une tâche sur un carré de soie blanc. Je gardai par contre mes bottines elfiques qui réussissaient le tour de force d’être élégantes et résistantes à la fois.
Je sortis tôt le matin et, attirée par le chant de l’eau, je traversai les futaies de chênes pour descendre vers la Bruinen.
Les forêts entretenues par les elfes sont très particulières. Elles n’ont strictement rien d’artificielles, mais on y sent une sorte d’harmonie esthétique. Le souci de la beauté est naturel chez les elfes et se retrouve dans tout ce qui les entoure.
C’était l’été et le soleil faisait miroiter l’écume de la rivière. Sur les rives rocheuses, quelques saules se pencher au-dessus de l’eau. Mais c’est entre les racines d’un vénérable charme, à quelques mètres de la Sorononne, que je pleurai ceux que je n’allais peut-être jamais revoir.
Quand j’eus fini, Elrohir vint me rejoindre. Je le soupçonne d’avoir été là depuis longtemps, mais d’avoir respecté mon désir de solitude. Il essuya mes larmes avec son pouce. "Mar nin*, dis-je. " Le chagrin et un unique mois d’étude du sindarin ne me permirent pas d’en dire plus, mais il comprit et me serra dans ses bras.
En rentrant, il lança un regard faussement désapprobateur à mes vêtements. Le lendemain, je retrouvai sur ma table un pantalon et une tunique verts, brodés de feuilles de lierre.
*sindarin : Mon foyer.
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