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Apparence  

 

Il était une fois... -- le conte rendu du Sidevillevala

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 4: Où les animaux parlent, et où le gong sonna...
(par Stéphanie, ajouté le 10/01/06 14:10)


La Rohirrim : — Un conte ! Je veux un conte !
L'Elfe : — Ben qu'est-ce que tu crois que je soyes en train de faire, le très précisément là maintenant ?
La Rohirrim : —- Un conte, je sais, mais c'est ce que j'ai dis quand on s'est retrouvé tous les trois au grenier.
L'Elfe : — Ah, oui, mais je sais et j'allais le dire, si tu ne m'interrompais pas tout le temps, je te signales que je perd du temps comme ça !
La Hobbit, le Dragon, le Numénoréen, le Belge, le Polytechnicien : — Cinq, quatre, trois, deux...
L'Elfe : — Je reprends je reprends ! Oncques...
La Hobbit : — Honk ! Honk ! Honk !
L'Elfe (fait le geste yyrien de la monstre profonde navritude) : — Et le zut...
La Rohirrim, le Dragon, le Numénoréen, le Belge, le Polytechnicien : — Cinq, quatre...
L'Elfe (se redresse, les mains toujours dans le geste yyrien de la monstre profonde navritude) : — « La Rohirrim demanda alors une histoire, pour ce qu'elle ne savait pas s'endormir sans qu'on en ai raconté une, et pour ce qu'il était devenu une habitude, chez ces gens amoureux des mots, de s'échanger ainsi des trésors de paroles. Et l'Elfe raconta alors l'histoire de la Grenouilleà Grande Bouche, que d'aucuns avaient déjà entendu en Terre d'Emilieu, mais pas la Rohirrim.
* Intermède du conte dans le conte (l'Elfe a remis ses mains sur la table)*
Il était une fois, une grenouille à grande bouche. Cette grenouille à grande bouche était très gentille, mais sa grande bouche était vraiment un problème, surtout quand les villageois voulaient faire une photo de tout le village. Car dès que le photographe leur disait « Souriez ! », la grenouille se fendait d'un grand sourire, qui cachait tous les villageois derrière elle. Un jour, les villageois en eûrent assez, et décidèrent de prendre une photo d'eux sans la grenouille à grande bouche. Aussi ne lui dirent-ils pas quand ils avaient invité le photographe. Cependant, au fur et à mesure que le jour de la photo approchait, les villageois ne pouvaient s'empêcher d'en parler entre eux, de faire des essayages, d'aller au coiffeur, de comparer les tenues... et dès que la grenouille à grande bouche arrivait, ils se taisaient subitement d'un air gêné. La grenouille à grande bouche n'était pas bête, bien que grenouille, et elle s'en rendit bien compte. Et comme personne ne voulait rien lui dire, elle devint toute tristeet se mis à pleurer à chaudes larmes. Madame Blaireau, qui était sa meilleure amie, n'y tient plus, et lui avoua toute l'histoire... ce qui augmenta la crise de larmes de la grenouille à grande bouche.
— Ne pleures plus, grenouille, grenouille, j'ai une idée ! Tu as encore une semaine pour t'entraîner à dire « confiture de mûres », comme ça, tout doucement. Et quand le photographe dira « Souriez », tu diras tout doucement « confiture de mûres », comme ça, tu garderas la bouche fermée, et on verra tout le monde sur la photo !
La grenouille trouva que c'était une très bonne idée, et s'entraîna toute la semaine à dire « confiture de mûres », comme ça, tout doucement.
Vint le jour de la photo... et là, catastrophe ! La grenouille ne se souvenait plus de la formulette ! Elle avait beau chercher, chercher, chercher, impossible de la retrouver ! Elle chercha tout le temps avant que le photographe n'arrive... en vain. Le photographe les fit s'installer : il était urgent de retrouver la phrase ! Qu'est-ce que c'était, bon sang ? Sorbet citron ? Non. Marmelade de pommes ? Non plus. Miel de lavande ? Toujours pas !
« Souriez ! » dit le photographe...
Ça y est ! Et toute contente, la grenouille se mit à crier : « COMPOTE DE POOOOOIRES ! »
* fin de l'intermède du conte dans le conte *

La Rohirrim : — L'Empereur-Dieu ne va pas être content si on lui pique sa confiture de mûres...
L'Elfe : — On lui pique pas, c'est juste une formulette. Et puis de toute façon, vous me mangez bien ma confiture de pommes-citron vert !
« C'est à ce moment-là que rentra dans le grenier une Hobbit Haricot-Sauteur du Mexique, ravie de les trouver encore éveillés. Et elle entreprit de leur raconter un conte créole, l'histoire de Lapin et de son benêt de copain qui voulaient manger un boeuf... »
Kendra : — Y'a des boeufs en Guadeloupe ?!
Lalaith : — Je sais pas, mais de toute façon, l'histoire se passe en Martinique... Et puis c'est un cooonte, alors il s'y passe ce que je veux ! Donc, c'était un boeuf, et pas n'importe quel boeuf, c'était le boeuf du roi, et...
Kendra : — Ah parce qu'ils ont un système monarchique en Guadeloupe ?!!
Lalaith, Tar Palantir, Laegalad : — En Martiniiiiique, on te dis !
Laegalad : — Et puis de toute façon, j'ai déjà fais un conte dans le conte, je ne recommence pas, je vais perdre du temps et ça va ralentir mon autre histoire. En plus je paries qu'elle fait ça pour pouvoir poser une carte et me chipper mon conte rendu alors qu'elle en a un autre à terminer. Donc si vous voulez le conte de Lalaith, vous le lui demandez, elle saura mieux que moi, mais après celui-ci.
« Lalaith les laissa se reposer et redescendit, pour aider les autres à dresser la table, plier les serviettes, préparer les assiettes de fromage et de charcuterie, puis finalement mettre l'apéritif à cuire, espérant attirer par l'odeur de la pâte feuilletée les dormeurs — ou pas. Mais l'heure de manger dut attendre que ceux qui avaient prévus des tenues de réveillon les mettent... Or, il advint que peu, parmi la gens masculine, y avait pensé. A vrai dire, seul Tar Palantir s'était fendu d'un pantalon brun et d'une chemise gris chatoyant — de l'hithlain, très certainement — éclairée par une cravate rouge et grise. Et en cela il fit honneur à sa lignée, et fut digne d'assumer de façon monstre stylée son rôle d'Empereur du Doriath par intérim (et auto-proclamé, précisons-le afin d'épargner à la conteuse des représailles imméritées). Du moins le fut-il une fois que la chaleur des appareils à raclette lui eût fait retiré son chandail rouge qu'il avait enfilé par dessus pour se préserver du froid. Quant à l'Empereur-Dieu, rendons-lui justice, il était vêtu d'une chemise verte — à laquelle il allait assortir, plus tard, une couronne sylvestre du plus bel effet — et d'un pantalon bleu. La conteuse pense se souvenir que Gaspart-fils-d'Icelle avait porté une chemise pour l'occasion, mais elle n'en est pas sûre. Pour les autres, ils estimaient sans doute que l'Evènement Temporel Unique qu'ils allaient vivre n'était pas digne d'effort...
Pour ces dames, cependant, il était tout naturel de se vêtir de façon « le monstre stylée du très beaucoup en la grande quantité ». Et c'est ainsi que Damoiselle Kendra revêtit les couleurs du Rohan, jupe moirée d'argent et cache-coeur vert-kaki agrémenté d'une étole chamoirée de verts. Et c'est ainsi que Lalaith revêtit son jupon blanc avec sa chemise assortie, coupée d'un bustier noir et d'une jupe assortie par dessus son jupon...
La Hobbit Haricot-Sauteur-du-Mexique : — Oui, parce que par dessous, ça aurait pas été stylé je trouve. Et j'ai complété cette tenue monstrement jolie en fin de soirée par une couronne de laurier qui avait la particularité d'être faite de lierre — ce qui est original, pour une couronne de laurier.
L'Elfe des Bois : — Pas la peine de chercher à m'interrompre, c'est moi qui ai la carte couronne!
« Mélilot-Fleur-d'Or adopta un style fleuri avec une jupe à larges bandeaux de roses, un pull noir profond faisant ressortir son magnifique collier de corail, coquillages, cailloux et écaille de tortue, les épaules couvertes d'un grand châle rouge (hoy !). Pour ce qui est des tenues de Dames Lambertine et Rebecca, hélas ! Nulle trace n'en garde les souvenirs de votre conteuse — ce qui la désole franchement.
Laegalad enfin, profita de l'occasion pour mettre sa jupe de velour brun, doublée de coton et satin et coloré d'un semis de fleurs couleur framboise et violine, assortie à son haut framboise — qu'elle avait été bien inspirée de mettre, puisque Kendra-la-Rohirrim, ne pouvant tacher sa tenue de ménestrelle de jus de framboises puisqu'elle n'en avait pas trouvé, entreprit plus tard de la tacher d'encre de chine magenta.
Et l'on s'installa à table ; et l'on servit hypocras et jus de fruits, portant maints et maints toast à chacun et chacune des absents regrettés — sans parler du reste et du n'importe quoi. Du repas, il est gardé un souvenir fidèle par le Numénoréen : salade verte à la mangue pour les amateurs de verdure, raclette avec 2,68 kg de fromage à raclette standard, fumé, à la moutarde, ossau irati, reblochon, et fourme d'Ambert, ainsi que des assiettes de charcuterie : jambon cru et cuit, saucisson à l'ail, bacon et viande des Grisons... Sans parler des pommes de terre. Au bout d'une heure de boustifaille, on arrêta les appareils... du moins, on tenta, car retentit alors un cri horrifié : « Mais j'ai pas fini, moi ! ». Et dès lors on se hâta de rallumer l'engin, pour ce que la voix ayant prononcé ce cri émanait de l'Empereur-Dieu, et qu'il n'eut pas été judicieux de finir l'année en l'empêchant de faire fondre son fromage.
Peu avant minuit, alors que l'assemblée avait fait une pause dans le dîner, une représentante des Hobbits (mais seule à faire aussi office de Haricot Sauteur), le Numénoréen, la Rohirrim et l'Elfe Silvan se précipitèrent en dessous du gong-des-escaliers-monstre-stratégiquement-placé-pour -assomer-ceusses-sortant-de-la-cave-à-bières, s'armant de ce qu'ils trouvaient sous leur main — canne, parapluie, bâton de marche et autres instruments contondants, sauf un tin whistle — et commencèrent le décompte. A minuit pile, tout Sideville trembla sous ses couvertures — sauf ceux qui n'étaient pas dessous — alors que le gong retentissait joyeusement sous les coups. Commencèrent les embrassades traditionnelles, qui se firent comme il se doit sous le gui — où ce qui en tient lieu, à savoir sous la verdure que la Rohirrim et l'Elfe des Bois avait ramassée sous la pluie, à l'aide d'une serpe rouillée et de l'arme elfique Op'inel, en prononçant des incantations étranges et certainement bénéfiques, quoique le conte ne s'en souvienne pas (il se souvient par contre qu'elles n'étaient pas roulées dans des tranches de jambons, car il en eût fallu beaucoup pour les couvrir entièrement, au vu de leur taille, et on n'aurait pas pu les manger après, ce qui aurait été du gaspillage). En tout cas, c'était des plantes aux vertus magiques : lierre, fougère et noisetier. Les branches de lierre, par ailleurs, servirent dans la foulée de couronnes de laurier à quelques membres de l'assemblée.
Peu de temps après, P'ti Lionel alla rejoindre le doux pays du sommeil dans les bras de sa maman. Les autres continuèrent la fête, plus ou moins bien réveillés. La température se faisant frisquette dans la cuisine, maintenant que l'Empereur-Dieu avait fini de manger le fromage, on se réfugia dans le salon, où fauteuils, chaises et canapés furent réquisitionnés, ainsi que des couvertures. On éteignit toutes les lumières, ne laissant qu'une petite loupiotte allumée au centre des veilleurs. Et Kendra la Rohirrim se fit conteuse. L'Elfe doit cependant avouer qu'elle rejoignit P'ti Lionel sur les sentiers du sommeil avant la fin du conte — qui vous sera peut-être conté plus tard, si Kendra le veut. Elle et Mélilot-Fleur-d'Or remontèrent aux étages pour se coucher. Et l'Elfe n'entendit pas les autres occupants du grenier rentrer... sans doute parce qu'ils avaient eu la délicatesse de ne pas allumer la lumière. De toute manière, il est douteux que, emmitoufflée et roulée en boule qu'elle était sous ses deux sacs de couchage — le Dragon lui en ayant aimablement prêté un le soir précédent — elle eût vu quoi que ce soit...

Voir le chapitre 4 sur 7



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.