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Chapitre 4: Pique-Lune
(par Agnès De Lil, ajouté le 10/01/06 20:54)


En un certain royaume, à une certaine époque, il y avait un roi. Ce roi avait trois fils.
L'aîné était très fort, le second très habile, le troisième était un bon à rien, un benêt qui passait son temps à rêvasser, assis dans quelque coin, à divaguer par la campagne, nez en l'air et mains dans les poches, et à jouer du flûtiau. Un jour, pour le moquer, ses frères lui avaient fait croire que la lune était tombée dans l'étang, et qu'il fallait l'en tirer avant qu'elle ne s'y noie. Il y passa la nuit, armé d'un long crochet. Depuis ce jour, on l'appelait « Pique-Lune ».

Sentant sa fin prochaine, le roi fit venir auprès de lui ses fils. Il lègua à l'aîné son royaume, au puiné ses vaisseaux, et au troisième, il ne laissa qu'un chat. Sur ce, il mourut.

L'aîné des frères, apercevant Pique-Lune assis sur la pierre de l'âtre et caressant son chat, lui dit « Hé toi! Le bon-à-rien! Va-t-en d'ici, tu me fais honte! Je ne tiens pas à ce qu'on dise par tout le pays : « Le frère du roi n'est qu'un idiot ». » Pique-Lune se leva, prit son chat sous le bras, et partit chez son second frère, dont les trois grands vaisseaux ramenaient à la ville de pleines cargaisons d'or. Mais celui-ci, le voyant venir, envoya ses valets le chasser, disant « Ce nigaud, ce paresseux, il ne m'apportera que des ennuis et ne pourra m'être utile en rien. Et je devrais encore le nourrir?! Il ferait beau voir! »

Pique-Lune repartit donc sur les chemins, son chat sous le bras. Mais s'il était nigaud, il avait bonne mémoire, et se souvenait bien des contes que lui narrait sa nourrice. « Chat !», (dit-il à son chat), « ce n'est pas pour rien que mon père t'a légué à moi. Tu possèdes à coup sûr quelque pouvoir magique, quelque don fabuleux. C'est le moment d'en faire usage : je voudrais un bon repas et un toit pour m'abriter, car je vois le ciel qui se couvre. »

Le chat fixa son maître un court instant, ses yeux d'or grands ouverts. Puis il se lissa les moustaches, et entreprit soigneusement de se toiletter le museau de sa patte gauche. Rien ne se passait. « Hé bien, le chat! J'attends. ». Le chat leva le nez, suivit un moment le vol d'un moucheron, puis, jugeant sans doute ce gibier indigne de lui, se lova aux pieds de son maître et s'endormit en ronronnant.

Pique-Lune en fut fort contrarié, d'autant que l'orage, qui menaçait, éclata brusquement, rida la rivière et ploya les saules, fit du chemin un bourbier, et trempa le pauvre gars du sommet de la tête à la pointe des orteils. Il courut devant lui, cherchant un abri, son chat sur les talons. Mais le ciel était si noir, et la pluie si serrée, qu'il perdit le chemin. Ne sachant que faire d'autre, il courut, et courut, et courut encore, droit devant lui, tant et si bien que, lorsque la pluie cessa, et qu'il put y voir clair, il se trouvait à l'orée d'une sombre forêt.

Déjà la nuit tombait. « Bah », se dit-il, « je n'ai rien d'autre à faire qu'entrer là. Avec un peu de chance, j'y trouverai peut-être un endroit sec sous les branches pour y passer la nuit, et quelques fruits ou quelque bête à manger. »

Ainsi fit-il. A peine avait-il fait quelques pas dans la forêt, qu'il entendit une alouette qui chantait et sautillait sur la plus haute branche d'un hêtre. « Bonne affaire, se dit-il, voilà déjà mon souper; » il prit sa fronde, la fit tourner, et s'apprêtait à abattre l'oiseau, lorsqu'une voix l'arrêta : « Ne me tue pas, Pique-Lune, fils de roi, et je ferai ta fortune. »

Tout étonné, il regarda autour de lui, cherchant d'abord son chat (car il croyait que cette voix provenait de lui). Le chat regardait l'alouette en se lèchant les babines. L'alouette descendit se poser, à portée de Pique-Lune, mais hors de portée du chat. « Suis-moi! Suis-moi! » chanta-t-elle. N'ayant rien d'autre à faire, Pique-Lune la suivit. Il marcha à travers les fourrés d'orties et les buissons de ronces, traversa des essaims de moucherons, franchit des ruisseaux et des marigots, escalada d'énormes troncs moussus, tombés depuis des lustres, descendit des ravines et grimpa des talus. Et toujours l'alouette, voletant devant lui, chantait « Suis-moi! Suis-moi! ».

A la fin, ils arrivèrent à une haute tour de pierre, qui n'avait pas de porte, et une seule fenêtre, très loin au-dessus du sol. L'alouette s'éleva et disparut par la fenêtre, chantant toujours « Suis-moi! Suis-moi! ». Voilà notre Pique-Lune bien ennuyé. Comment atteindre la fenêtre? Ne sachant que faire d'autre, il s'assit au pied de la tour, en caressant son chat. Puis, lassé de caresser son chat, et pour passer le temps, il sortit son flûtiau et se mit a jouer. Un petit plant de lierre, au pied de la tour, se mit alors à croître, à croître et à croître encore. Il poussa tant et si bien, qu'à la fin de la chanson, il avait atteint la fenêtre.

« Bonne affaire, se dit Pique-Lune, voilà ma chance. » Il prit son chat sous le bras, et grimpa jusqu'à la fenêtre. De l'alouette, plus trace, mais au centre de la pièce, il trouva une table bien garnie des mets les plus savoureux. Comme il avait grand'faim, il s'assit et mangea, sans oublier d'en donner à son chat. Puis, il eut sommeil, bailla, aperçut un lit moëlleux, s'y coucha et s'endormit.

De ce dont il rêva, le conte n'en dit rien. Mais à son réveil, il trouva à son côté la plus ravissante jeune femme qui se pût voir. « Pique-Lune, fils de roi, lui dit-elle, je dois partir maintenant, car le soleil se lève, mais je reviendrai te voir ce soir, et tous les autres soirs. ». Ayant dit, elle reprit forme d'alouette, et s'envola.

Pique-Lune, ébahi, mais fort content de lui, se réjouit d'abord, d'autant qu'il trouva ce matin sur la table un petit déjeuner, ma foi, assez copieux. Ayant mangé, il aperçut encore un grand coffre en bois à côté du lit. Il l'ouvrit et le trouva rempli d'or et d'argent, de gemmes et de joyaux. N'en ayant pas l'usage, il referma le coffre, et chercha à s'occuper. Il vit son chat perché sur le rebord de la fenêtre et pensa qu'une promenade dans la forêt lui serait bien agréable. Mais dès qu'il mit le nez dehors, il s'aperçut que le lierre avait disparu. Vite, il prit son flûtiau et commença d'en jouer. Il joua, et joua, et joua encore, mais plus rien ne vient croître jusqu'à la fenêtre.

Se voyant prisonnier, il s'assit et se mit à pleurer. Puis se consola, se disant qu'après tout, son sort n'était pas si mauvais, qu'il avait gîte et couvert assuré, et la compagnie d'une belle et gente dame. Puis, songeant à ses promenades et vagabondages qu'il avait tant aimé, derechef se remit à pleurer. Ainsi passa le jour.

A l'approche du soir, l'alouette revint se poser à la fenêtre. Sitôt la nuit tombée, elle reprit forme humaine. Pique-Lune d'abord fut bien aise de son retour, et ils passèrent ensemble le temps fort agréablement. Puis la nostalgie le reprit. L'alouette s'en aperçut et l'en interrogea : « Qu'est-ce donc qui te deult, Pique-Lune, fils de roi? N'as-tu pas ici tout ce qu'un homme désire? » «Hélàs, ma belle alouette, je serais certes bien heureux, si seulement je pouvais sortir et marcher librement sous le grand ciel bleu! ».

A ces mots l'alouette baissa tristement la tête : « Hélas! Pique-Lune, fils de roi, ce que tu me demande est en mon pouvoir, mais je crains qu'il n'en résulte rien de bon. Il existe un moyen de sortir de la tour, et par amour de toi, je te le révèlerai. Mais sache qu'il est périlleux, et qu'il mène à notre séparation et à notre malheur à tous deux. » Mais Pique-Lune lui répondit : « Ma belle alouette! Ne pense pas si mal de moi! Je ne crains pas le danger. Et jamais je ne t'oublierai ni ne laisserai quiconque nous séparer. Allons! Révèle-moi ce chemin, que je puisse à nouveau marcher librement sur la terre humide. »

« Je te le révèlerai, car je te l'ai promis. Soulève la dalle au centre la pièce. Elle est trop lourde pour que dix hommes forts puissent seulement la mouvoir, mais il te suffira de l'effleurer de la main en chantant : « Alouette, gentille alouette, que cette porte s'ouvre pour moi. ». Mais je te demande une faveur. Ne pars pas tout de suite. Reste encore une nuit près de moi, une seule après celle-ci,. Alors seulement, le mauvais sort sera levé, et mes trésors t'appartiendront. » Pique-Lune promit et le matin venu, l'alouette s'envola.

Confiant et satisfait, Pique-Lune se mit à la fenêtre et caressa son chat, puis joua du flûtiau. Or voici que le roi, frère aîné de Pique-Lune, qu'il avait depuis tout ce temps perdu de vue et oublié, partit ce jour-là chasser dans la forêt. Il aperçut un sanglier, le plus énorme, le plus féroce que l'on ait jamais vu dans ces bois. Voulant pour lui tout seul la gloire de sa capture, il se lança sa poursuite et distança bientôt sa suite. Toujours le sanglier l'entraînait plus loin dans les bois, toujours il le suivait, croyant l'entendre l'appeler et se moquer de lui : « Suis-moi! Suis-moi! »

Il piétina les fourrés d'orties et les buissons de ronces, balaya des essaims de moucherons à grands moulinets de bras, pateaugea à grand bruit dans les ruisseaux et les marigots, écrasa d'énormes troncs moussus, tombés depuis des lustres, dévala des ravines et escalada des talus à grand'peine. Et toujours le sanglier, courant devant lui, se moquait : « Suis-moi! Suis-moi! ».

A la fin, il arriva à une haute de tour de pierre. Il en chercha la porte, mais ne la trouva pas. Il entendit de la musique, leva les yeux, et aperçut son benêt de frère, assis sur le rebord de la fenêtre, qui jouait du flûtiau. « Que fait-tu là, l'idiot! Je t'avais banni de mon royaume et cette forêt m'appartient. ». Tout à sa surprise, il laissa fuir le sanglier. Lorsqu'il s'en aperçut, sa colère ne connut plus de bornes. « Maudit sois-tu, toi qui m'a fait manquer ma chasse! Sors de cette tour, sur l'heure, que je t'assomme et t'étripe! » « Hélas, mon frère, répondit le bênet, je ne puis en sortir, j'ai promis à ma belle dame, la fée, l'alouette qui vient me voir chaque nuiit, de l'attendre jusqu'à ce soir en gardant son trésor ! »

« Ah c'est ainsi! » cria le roi, au comble de la rage ». Il sonna trois fois de son cor. Au premier coup de trompe, parurent les chiens du roi. Au second coup de trompe, ses chasseurs sortirent du bois. Au troisième coup de trompe, accourut l'armée du roi.

Se voyant ainsi menacé, Pique-Lune affolé ne songea plus qu'à fuir. Il prit son chat sous le bras et carressa la pierre au centre de la pièce, chantonnant à m-voix : « Alouette, gentille alouette, que cette porte s'ouvre pour moi. » La dalle bascula, dessous partait un escalier. Pique-Lune s'y engagea et descendit, et descendit, et descendit encore, tant et si bien qu'il arriva au fond. Il y faisait si sombre, un vent si glacé y soufflait qu'il crut d'abord mourir de terreur et de froid. Il sentit un chemin sous ses pieds. Serrant son chat contre lui pour se réchauffer, il avança, et avança, et avança encore, tant et si bien qu'il aperçut bientôt une lueur. Il s'en approcha et vit une affreuse cabane, faite d'ossements humains. Un feu brûlait à l'intérieur. Devant était assise une vieille horrible à voir, maigre, borgne, édentée, échevelée, ridée. Elle tenait un fuseau et filait des cheveux humains.

« Hé toi, le beau jeune homme! Lui cria-t-elle. Que viens-tu donc chercher ici, où nul n'ose venir, dont personne ne revient? Le toit de ma maison commence à s'effondrer, les murs laissent passer le vent. Je vois des os solides à travers ta chair fraîche. J'en aurai bon usage »

Pique-Lune, tour frissonnant et claquant des genoux, lui répondit. « Hé toi, vieille folle, vieille carcasse cagneuse! Je ne suis pas venu jusqu'ici pour être mangé, ni voir mes os solides transformés en poutres pour ton toit! J'ai froid, je suis transis. Réchauffe moi près de ton feu. ». « Ce n'est pas un feu ordinaire, dit la vieille. Il consume et réduit en cendres ceux dont les yeux ne peuvent en supporter l'éclat. Mais puisque tu en veux, en voici; » Et l''horrible vieille prit dans son affreuse cabane, un crâne humain qu'elle remplit de braises. La lumière en sortait par les yeux du crâne et Pique-Lune, effrayé, ferma les paupières. Mais le chat lui sauta sur la tête, lui prit le visage entre les pattes, et; de ses yeux d'or grands ouverts, fixa le crâne flamboyant. Et l'éclat infernal se transforma en belle lumière d'or. La vieille tomba à terre en poussant un grand cri. La terre se fendit sous son corps, et un éclair fendit le ciel.

Lorsque Pique-Lune rouvrit les yeux, la vieille et la cabane avaient disparu. Il se trouvait à l'orée d'une sombre forêt, dans sa main, le crâne aux yeux ardents, à ses pieds, son chat lové ronronnait. Déjà la nuit tombait. Tenant le crâne devant lui, il pénétra dans la forêt. Devant lui s'écartaient les fourrés d'orties et les buissons de ronces, s'égaillaient les essaims de moucherons. Des gués lui faisaient passer les ruisseaux, des chemins s'ouvraient dans les marigots. Devant lui se fendaient les énormes troncs moussus, tombés depuis des lustres, s'aplanissaient les ravines et les talus. A la fin, il arriva à la haute tour de pierre.

Les chiens du roi grondaient tout autour, prêts à déchirer qui en sortirait. Les chasseurs lançaient leurs flèches contre la haute fenêtre, l'armée du roi avait encerclé la tour, entassé des fagots à son pied et s'apprêtait à y mettre le feu. Le roi tenait à la main une cage, où il avait enfermé l'alouette captive. Personne ne s'attendait à voir sortir Pique-Lune non de la tour, mais de la forêt, tenant bien haut et ferme le crâne aux yeux ardents.

Sitôt qu'il l'aperçut, le roi sonna trois fois du cor. Au premier coup de trompe, s'élancèrent les chiens. Le crâne les consuma. Au second coup de trompe, les chasseurs lui lancèrent flèches et filets. Le crâne les réduisit en cendres, chasseurs, flèches et filets. Au troisième coup de trompe, marcha l'armée du roi. Le crâne les dissipa en fumée. Mais lorsqu'à la fin, la roi s'avança seul, l'alouette en cage à la main, Pique-Lune baissa le crâne et n'osa s'en servir, de peur de brûler aussi sa belle dame.

« Tu es perdu, benêt, cria le roi. Je suis plus fort que toi, je l'ai toujours été! ». Et il brandit sa lourde épée. Pique-Lune n'avait plus que sa fronde, son flûtiau et son chat. Soudain, l'alouette captive se mit à chanter, et seul Pique-Lune pouvait comprendre son langage : « Combat, combat pour moi, chantait-elle,combat, combat sans crainte et je te protégerai. » Pique-Lune fit tournoyer sa fronde, mais d'un seul coup dépée, le roi la lui fit voler des mains et trancha le lacet. « Joue! Joue de ton flûtiau chanta l'alouette, joue sans crainte, je te protègerai. » Déjà le roi marchait sur lui, tenant son épée à deux mains, et s'apprêtait à l'abattre sur sa tête. Pique-Lune recula, prit son flûtiau et commença à jouer, plus vite qu'il n'avait jamais joué de sa vie. Il joua et joua et joua encore, et les herbes et les ronces à ses pieds se mirent à croître, et à croître, et à croître encore, et formèrent autour de lui un buisson si haut et si épais qu'aucun coup ne pouvait l'atteindre.

Le roi abattit son épée sur le buisson et tailla, trancha et coupa tant qu'il put, mais Pique-Lune jouait, et jouait, et jouait encore, et plus le roi les taillait, plus les buissons poussaient. A la fin, le roi entra dans une telle rage qu'il saisit l'alouette et d'un seul coup d'épée, lui trancha la tête. Aussitôt, le buisson disparut. Le chat bondit au visage du roi cruel et lui creva les deux yeux. Pique-Lune saisit son crâne aux yeux de feu et le roi tomba foudroyé.

Tout triste et pleurant, Pique-Lune se pencha pour ramasser le petit corps de l'alouette et l'enterrer au pied d'un hêtre, mais voici que devant lui, se tenait à nouveau sa belle dame, toute brillante dans la pleine lumière du jour. « En coupant la tête de l'alouette, le mauvais roi m'a délivrée. », dit-elle. Elle couvrit le crâne de son voile, prit la main de Pique-Lune, qui prit son chat sous le bras et tous deux marchèrent vers la ville.

Ils arrivèrent d'abord chez le second frère, le marchand. Celui-ci, les apercevant, fut fort étonné. N'osant chasser Pique-Lune en présence d'une si belle dame, il le fit entrer et lui demanda ce qu'il voulait : or, argent, fortune? « Mon cher frère, répondit Pique-Lune, je ne veux rien de tout cela, car je possède déjà bien plus. Donne-nous seulement l'hospitalité pour la nuit, et pour demain, une charrette et une échelle . » Le frère y consentit, mais la nuit venue, se cacha et espionna Pique-Lune et la Dame. « Demain, dit Pique-Lune à l'Alouette, nous irons à la tour, y grimperons grâce à l'échelle, et ramènerons avec la charrette, ton or et ta fortune. » « Bonne affaire, se dit le marchand, demain, je serai plus riche encore ».

Le lendemain, il les suivit à bonne distance, accompagné de trois serviteurs armés de gourdins. Et lorsque le grand coffre fut hissé sur la charrette, il bondit hors de sa cachette et cria : « Voleurs! Cette charrette m'appartient! Je la reprends, ainsi que tout ce qu'elle contient! »

« Donne-moi le crâne, dit Pique-Lune à l'Alouette, que je réduise en cendres ces brigands. » mais l'Alouette répondit : « Non! Laisse-les emporter la charrette et le coffre. » Et le cupide marchand, satisfait d'une victoire si facile, partit avec la charrette et le coffre. Sitôt rentré chez lui, il l'ouvrit, mais le coffre ne contenait plus que des cailloux, des feuilles mortes et d'autres choses fort sales et malodorantes. Avant qu'il fut revenu de sa surprise, un messager entra, l'informant que son premier vaisseau avait fait naufrage. Un second messager entra, lui disant que son autre vaisseau avait été capturé par des pirates. Un troisième messager entra et lui annonça que le troisième vaisseau avait brûlé avec toute sa cargaison. Ainsi le méchant homme fut ruiné.

Pique-Lune et l'Alouette, main dans la main, suivis du chat, marchèrent vers le palais du roi. Pique-Lune s'y fit reconnaître, et par la suite, ils accédèrent au trône. Et s'ils ne sont pas morts, ils y vivent encore, heureux jusqu'à la fin.

Voir le chapitre 4 sur 7



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.