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Chapitre 4: Tarte et jet
(par Gurth, ajouté le 13/01/07 01:08)


Ferme des McDougal, Hem, Idaho, 5 mars, 13 : 04 AM

   C’était un de ces froids matins de l’Idaho. L’officier de police Kathrin Stockdale se tenait au milieu du champ en compagnie du vieux McDougal. Tout deux fixaient le caillou, ou le rocher, qui s’était écrasé là. Une météorite, à n’en pas douter. Large d’à peu près trois mètres, et qui semblait faite d’un alliage métallique noir.
   « On devrait contacter la NASA, je suppose, dit McDougal.
- Ça pourrait les intéresser en effet, répondit Kathrin. Je vais m’en charger.
- Ils paieront peut-être les frais d’enlèvement ! Vous prendrez bien un café ? Annie a fait une tarte. »
   Kathrin aida le fermier à recouvrir la météorite d’une bâche en plastique. McDougal était un homme affable, mais il n’avait pas envie de devenir l’attraction locale de Hem parce qu’une grosse pierre avait fait un trou dans son champ. Sans l’insistance de sa femme, il ne se serait jamais décidé à appeler la police.
   La tarte était délicieuse. Mais il y avait quelque chose d’un peu gênant dans le comportement des vieux, qui la regardaient boire son café et manger sans rien prendre eux-mêmes. Visiblement, ils voulaient lui dire quelque chose mais n’osaient pas le faire. Evidemment, c’était à elle de se lancer. Elle connaissait la phrase adéquate.
   « Il y a autre chose que je peux faire pour vous ?
- Ben… marmonna le fermier en se grattant la tête d’un air gêné. C’est à propos de la météorite. Vous l’avez vue, c’est juste un caillou.
- Oui. Kathrin se retint de dire « Poursuivez».
- En fait, maintenant, elle est… vide.
- Mais quand elle s’est écrasée, poursuivit madame McDougal, il y avait quelque chose dedans.
- Quelque chose ? Kathrin songea qu’une bonne histoire d’extra-terrestres pourrait toujours attirer des touristes. Madame McDougal pourrait leur vendre des parts de tarte.
- Comme une présence. Quand je me suis approché de la météorite, il y a cinq jours, juste après qu’elle soit tombée, j’ai eu comme qui dirait la plus grande peur de ma vie. J’étais prêt à monter dans la camionnette et à rouler aussi loin que je pourrais. Mais ensuite, c’est parti.
Kathrin sourit.
- Sûrement le choc, monsieur McDougal, rien d’autre. Et comme vous dites, c’est juste un caillou. »

Travis Air Force Base, Californie, 5 mars, 11 : 07 PM

   Les TFE-131 étaient des réacteurs fiables, mais il leur arrivait parfois de tomber en panne. C’était ce qui avait retardé le décollage du C-21 de l’Air Force qui devait emporter Dan jusqu’à une destination secrète où ses talents seraient mis à profit. Le commander Krazinsky avait eu beau menacer les techniciens de Raytheon de faire annuler leur contrat de maintenance avec le Pentagone, il lui avait fallu patienter en compagnie de Dan et Beckman sur la base de Travis.
   A présent, l’appareil achevait son décollage. Jamais Dan n’avait voyagé aussi confortablement. Les C-21 emportaient d’ordinaire des généraux quatre étoiles, et cela se voyait. Pourtant, le jeune professeur de linguistique n’arrivait pas à se détendre. Il était persuadé d’avoir oublié sa brosse à dent, et essayait de se convaincre que c’était bien là la chose la plus perturbante de la journée. La conversation avec Beckman ne l’y aidait pas.
   « Je m’excuse d’insister, professeur, mais il est capital que vous compreniez bien ceci : ne posez jamais aucune question. Sans vouloir vous vexer, le département de la défense ne vous emploie que parce qu’il n’y a aucune autre alternative…
- Si j’avais su, je me serais fait prof de Commun, fit Dan. Beckman ignora sa remarque.
- Du fait de votre qualité d’interprète, vous serez amené à avoir connaissance d’informations classées Top Secret. Je suis le premier à le regretter.
- Deuz’ !
Cette fois-ci, Beckman releva.
- Cessez immédiatement ces jeux puérils. Il est crucial que vous vous comportiez d’une façon professionnelle. Nous attendons une seule chose de vous : que vous traduisiez des questions et des réponses, comme un bon petit traducteur de poche. Ça devrait être dans vos capacités, non ?
- Ça devrait, mais tout ça n’a aucun sens. Votre « locuteur », je ne vous demande pas qui il est, notez bien, quoique ça m’intrigue, n’a aucune raison de parler le Commun. Et il n’y a aucune possibilité, je dis bien aucune, pour qu’il ne parle que le Commun.
- Voilà très exactement le genre de détails dont vous n’avez pas à vous préoccuper. Et maintenant, je vous conseille de dormir un peu.
- Je peux savoir où on va ? Dan avait songé un instant à demander « On arrive bientôt, ‘pa ?» mais il s’était ravisé.
- Dans l’Utah. »

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.