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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 40: L'accident
(par michele huwart, ajouté le 21/08/04 16:28)


Nous partîmes à l'aube. Une aube grise et fraîche. Avec nous, une trentaine d'elfes, armés pour la guerre. C'en était fini de l'intimité que j'avais partagée anec mon Seigneur depuis notre départ du camp de Neithan. Il commandait notre petite troupe, et s'il m'avait choisi pour ordonnance, je n'étais malgré tout qu'un soldat parmi d'autres. Un soldat qui se sentait très seul, soudain. Car les elfes, s'ils ne faisaient preuve d'aucune animosité à mon égard, ne me manifestaient pas de sympathie pour autant. Je les comprenais. Je n'étais qu'un étranger. Un étranger pas fréquentable du tout, d'ailleurs. A leurs yeux, sans doute... un mercenaire.

Le début du voyage ne fut ni dificile, ni dangereux. Nous cheminions dans les forêts de Doriath, protégées pas la magie de la Reine. Mes compagnos se montraient d'excellente humeur, malgré ce qui les attendait aux passes du Dimbar. Il leur arrivait souvent de marcher en chantant. Et si certaines de ces chants étaient des hymnes guerriers ou de grivoises chansons à boire, d'autres étaient si beaux qu'ils emportaient l'âme par delà la terre et le temps. J'en fis part à mon Seigneur. Il me répondit que là résidait la véritable magie de son peuple. Dans cette capacité à faire naître la beauté et à élever l'âme par la seul fait de l'art. Il avait raison. Il avait toujours raison. Enfin, presque toujours, hélas...

Le quatrième jour de notre voyage s'annonçait comme pareils aux autres. Et pourtant...
La rivière coulait en contrebas, et la pente était rude. Un des soldats glissa, tomba, disparut dans l'eau bouillonnante. Tout armé, même s'il était bon nageur, il n'avait aucune chandce de survivre. Aucune...
Je ne sais pas ce qui me prit. Le premier, j'eus le réflexe de jeter mon paquetage, d'ôter ma cotte de mailles, d'attacher une corde autour de ma taille et, tout en lançant le bout de cette corde à qui voulair bien l'attrapper, je me jetai dans la rivière.
L'eau était trouble. Glacée, aussi, mais peu m'importait. Ce qui importait, c'était de retrouver le malheureux à temps. J'adressai une prière muette à l'Unique et au Seigneur des eaux. Depuis ma rencontre avec la reine ne doutais plus de leur existence. Seulement de leur intérêt pour nous...
Je remontai, replongeai, remontai encore, et priai à nouveau. Et je l'aperçus, inerte. Je nageai jusqu'à lui, m'en emparai à bras le corps, et tirai plusieurs fois sur la corde, en espérant que celui qui s'en était saisi comprendrait le message. Ce fut le cas. Je me retrouvai bientôt sur la rive avec mon fardeau...
Il ne bougeait plus. Je cherchai son pouls, et ne le trouvai pas. Je guettai un souffle qui ne venait pas. J'avais échoué. J'étais arrivé trop tard. C'était fini... Je me relevais, les larmes aux yeux, lorsque mon Seigneur me bouscula.
- Aide-moi, Morgil ! ordonna-t-il séchement.
Je faillis lui dire qu'il n'y avait plus rien à faire. Je m'en abstint. Et j'obéis. Je l'aidai à débarasser le noyé de ses armes et de sa tunique. Puis je le laissai faire. Agir.
Je ne comprenais pas ce qu'il faisait. mes compagnons, eux, semblaient se rattacher à un infime espoir. "Reviens, Vaïn, murmura l'un d'eux, accroche-toi, bats-toi, reviens..."
Les secondes paraîssaient des heures. les minutes des années entières. Même pour moi, qui n'espérais rien.
Pour moi qui, à tort, n'espérait rien.
Parce qu'après que mon Seigneur eut une dernière fois pressé violemment sa poitrine, qu'il eut une dernière fois insufflé son souffle dans les poumons du noyé, Vaîn se mit à tousser, à cracher. Et ouvrit les yeux.
A cet instant, mon Seigneur pleura.

Voir le chapitre 40 sur 67



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.