Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Lidec et Erellig

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 41: Retrouvailles (6)
(par Stéphanie, ajouté le 14/07/04 19:31)


Ils entendirent un bruit de baiser...
- Maintenant tu me rends mon panier et on s'en va, chuchota la jeune femme, avant que leurs voix ne s'éloignent....
- J'en veux un autre.
- Ce soir... après mon service, je te retrouve derrière le chêne écuries.
- Je t'y attendrai... Les Soeurs Rouges jouent ce soir à la Table Ronde... Je t'y invite.
- Tu ne dois pas commencer tôt demain ?
- Penser à toi me tiendra réveillé.
- Vil flatteur...
Leurs murmures se perdirent. Ils attendirent un peu avant d'oser bouger de nouveau.
- On l'a échappé belle, chuchota Deynussian.
- Oui... sans cette maudite échelle... Silence, maintenant, et tu me suis.
- Tu ne ranges pas ? S'il prenait idée à Meydan de repasser par là...
- Hmf... Pas bête... Repose l'échelle pendant que je ferme la trappe. Heureusement que je viens enlever la poussière de temps en temps, on ne verra pas nos traces... ça ajoute un côté surnaturel à la pièce, au cas où un petit malin ferrait fie du fantôme... Bien, où est la bonne clé ? La voilà.
Il fit tourner une petite clé dans la serrure, et la porte s'ouvrit en grinçant un peu... Il s'arrêta, immobile.
- Kelia n'entend rien, la voie est libre, chuchota Deynussian.
- J'avais dit silence.
Ils sortirent sur la pointe des pieds de la pièce, que Val referma soigneusement. Puis il compta huit grands pas à droite – trois carreaux à chaque, et se tourna vers le mur. Il appuya alors sur une pierre – « Perpendiculaire au dernier carreau, la septième à partir du bas », pensa Deynussian –, puis sur une autre – « décalée de trois en diagonale » –, et le mur s'avança légèrement, sans faire de bruit. « Mécanique bien huilée ». Il les fit passer toutes deux, avant de se glisser dans le passage et de le refermer par derrière, en tournant la manivelle d'une roue. Ils se trouvaient dans un passage étroit, muré à gauche, mais qui s'amorçait à droite en escalier un peu raide. Toujours dans le silence, ils s'y avancèrent. Deynussian compta les marches... Arrivée à trente, un palier, et un autre escalier un peu plus loin. Cependant, Val n'entreprit pas de le monter... Il tira sur quelque chose, que Deynussian ne pouvait voir, puisque le passage était trop étroit, et lui dit de faire attention.
- Les premières marches sont un coffrage en bois ; le passage continu derrière, mais il faudra se mettre à quatre pattes pour y passer. Tu tireras par l'encoche dans le bois, je passe devant.
Il enjamba le coffrage et se glissa sous les marches de pierre. Deynussian fit passer d'abord Kelia, puis fit de même, avant de se tordre un peu le bras pour saisir l'encoche.
- C'est bon ? souffla Val, qui s'était relevé.
- C'est fait...
Et ils avancèrent de nouveau.
- Nous allons bientôt sortir... J'ai perdu le compte des pas, par contre... Il va falloir tester... Non, suis-je bête ! La première sortie, c'est l'autel de Telyn ; la deuxième, la buanderie des Prêtres, donc à la troisième, on arrive à la chambre du Maître des Miroirs.
- Il connaît tous ces passages ?
- Bien sûr... mais pas celui de la souillarde. Il y a un autre passage qui mène aux écuries, en cas de problème.
- Ils datent de quand ?
- De la construction du site, je ne saurais te dire combien de cycles en arrière. Les architectes avaient pris bien des précautions, et elles n'ont pas servies beaucoup, mais je gage que d'ici quelques temps, elles pourront être utilisées par d'autres que nous.
- La situation est si terrible ?
- A ce que j'ai entendu, oui. Vois-tu, si les Aînés connaissent l'existence d'un groupe de résistants à leur volonté, ils ne savent pas qui en fait partie. Toi, maintenant, ils t'ont repérée... Ils se doutent donc que tes proches en font partie. Mais ils soupçonnent aussi Kennen et quelques hauts placés... Et Nest a pris la main. Et il ne supporte pas de voir les choses lui échapper. Et il est violent. Doué, mais violent. Alors, si il lui prend l'envie de jouer au chef pour de bon, certaines personnes auront peut-être à s'enfuir.
- Dont Kennen.
- Lui le premier. Première sortie.
Un attirail semblable à tout à l'heure se trouvait à leur droite.
- Lui le premier, parce qu'il t'a défendu longtemps. Et aussi parce qu'ils n'ont jamais été en bons termes, depuis longtemps, à vrai dire. D'aussi loin que je me souvienne, ils ont toujours été en froid. On raconte – mais ce sont des bruits d'arbres – qu'ils avaient courtisés la même jeune femme, qui se trouve maintenant être l'épouse de Kennen... Evidemment, Nest n'a pas apprécié, possessif comme il est, de la voir lui échapper.
- Il n'a jamais eu de chance avec les femmes, siffla Deynussian entre ses dents.
- Oui, et son Pri'net'hao non plus, à ce que j'ai su...
- N'en parle pas à Kelia, ni à moi, s'il te plaît.
- Ça n'a pas dû arranger vos relations.
- Pas vraiment... Mais l'une de ses rares qualités, c'est d'être consciencieux. En tant que maître, il se devait de m'apprendre ses savoirs, en faisant fi des sentiments. Il me les a appris, et bien, même s'il n'a pas été tendre. D'ailleurs, je préfère. Ce n'est pas facile à supporter, mais ça forge le caractère...
- D'autant que tu étais déjà d'une sacrée trempe...
- Qui d'autre est menacé ?
- Anissa, l'épouse de Kennen... En tant que responsable du Culte de Telyn, elle a pas mal d'influence sur le peuple, un peu trop au goût de Nest, je pense, en plus de leurs histoires personnelles. Par conséquent, leur fils peut-être une cible privilégiée...
- Le jeune Gwilon... Oui, en effet ; c'est un apprenti Cheminant.
Et aussi la coqueluche des jeunes étudiantes du Louvier... Il est vrai qu'avec son air de barde rêveur, boucles blondes toujours décoiffées, yeux gris clairs aux longs cils, il avait de quoi les faire tomber dans ses rets sans problèmes... Il ne s'en était d'ailleurs pas privé, jusqu'à ce que Cilène, la nièce de Deynussian, lui lie cœur et âme, au désespoir des autres... Et les fiançailles étaient annoncées pour bientôt – une dizaine de nuits. Deynussian avait aidé Cilène à choisir sa tenue – Cilène était parfaitement consciente de sa beauté, mais Gwilon étant fils de hauts maître spirituels, il y avait donc certaines règles à respecter... Cilène avait dû abandonner à regret une longue robe décolletée, qui aurait affolé tout les notables invités, pour opter pour un ensemble plus sage, dans des nuances violettes qui faisaient ressortir ses yeux pervenches et qu'elle assortirait avec une mousseline vieux rose. Choisir la coiffure avait été un moment épique : Cilène avait une longue chevelure blonde à reflets roux, mais ses cheveux, très fins, glissaient sans cesse... Un grand renfort de pinces, ornées de petites pierres, parviendrait à les faire tenir, en un chignon qui, serré au départ, deviendrait vite lâche. Depuis deux mois, les invitations avaient été distribuées, les victuailles commandées, les musiciens choisis... Les moyens n'avaient pas été lésinés pour cette grande fête. Une fête qui semblait maintenant menacée... De toute manière, même si elle avait lieu, elle ne pourrait pas y assister : d'ici là, elle escomptait bien être loin.
Ils avaient passé la deuxième porte cachée. Redevenus silencieux, ils approchaient de la chambre de Kennen... Deynussian n'était jamais rentrée dans ses appartements ; d'ailleurs, on le voyait peu, ses occupations étant multiples... et peu connues, à vrai dire. Les rumeurs les plus folles circulaient, et elle qui en savait un peu plus long que les autres – mais moins que les prêtres – prenait garde à ne pas les démentir... Elle avait rencontré Kennen pour la dernière fois à un puits de lumière – elle était venue chercher dans le reflet de la lumière sur les eaux de la mare centrale un peu de calme, et Kennen s'y trouvait, en méditation. Il n'avait pas bougé à sa venue, et elle avait fait le moins de bruit possible... Elle écoutait la cascade artefactielle chantonner doucement et éclabousser la végétation environnante, et quand il commença à lui parler, sa voix se fondait avec le chant aquatique. Dans un demi état d'inconscience, elle l'écouta profondément, et ce qu'il lui dit alors lui apporta autant de soulagement que de malaise... Elle ne voulait pas d'un grand destin, elle ne voulait pas de fracas guerrier... Mais elle voyait juste. Les Miroirs ne mentent jamais, il n'y a que de mauvaises interprétations. Et ce n'était pas le cas.
Val s'était arrêté, et avait collé l'oreille contre le mur, bien moins épais à l'endroit du passage.
- Je crois qu'il est seul.
- Kalia le pense aussi.
Il frappa discrètement – deux coups courts, un long, trois courts. Peu après, ils entendirent les mécanismes jouer, et le pan de mur se décala. Kennen attendait derrière, dans une longue toge bleue claire et soyeuse.
- Le jour sur vous, Maître Valérian Defresne et Mirrante Deynussian Arpes.
- Le jour sur vous, Maître Kennen Oseleur.

Voir le chapitre 41 sur 60



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.