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Le Barde du Beleriand : L'erudit d'Oxford

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 41: Londres.1.
(par michele huwart, ajouté le 23/09/08 00:51)


La Rover bleu foncé s’arrêta devant l’entrée de Trinity College. Fergus McBain se pencha pour m’ouvrir la portière. Je jetai mon sac de cours sur la banquette arrière, m’installai.
- Merci pour le taxi.
- Pas de quoi. J’aurais dû te le proposer plus tôt. J’aurais dû aller lui rendre visite plus tôt, d’ailleurs.
- Vallait mieux pas.
J’avais peu fréquenté Fergus depuis mon arrivée à Oxford. Pas fréquenté du tout, même. Je n’avais plus treize ans, et surtout, lui n’en avait plus dix-neuf. Je n’étais qu’une petite étudiante, lui un brillant maître-assistant. Il n’en restait pas moins le meilleur ami de Corwin, son complice de toujours. Lui, le fils du boucher qui nous avait emmenés autrefois dans la camionnette de son père vers les falaises du Nord.
- Comment ça va ?
- Mieux. Physiquement, il va beaucoup mieux, même s’il en a encore pour un bon moment avant de sortir. Moralement… ça lui fera plaisir de te voir.
Je préférai ne pas en dire plus. Mon époux connaissait des jours difficiles. Autant à Alger, lorsqu’il luttait contre la mort, c’était lui qui la plupart du temps me réconfortait, autant depuis son retour en Angleterre, il lui arrivait de perdre courage. Les médecins m’en avaient prévenue : c’était normal. Et la solitude et l’ennui n’arrangeaient pas les choses.
- Je voudrais ne pas le quitter, mais il tient à ce que je présente mes examens.
- Et ça se passe… ?
- Mieux que je l’imaginais, ma foi.
Mieux que je l’imaginais, étant donné les circonstances. J’avais préparé les épreuves de l’autre côté de la Méditerranée, dans une chambre d’hôpital, au chevet de mon amour blessé.
- J’ai même envoyé des travaux par la valise diplomatique. Tu te rends compte.
Il se rendait compte. Il rit.
- Je reconnais que ça ne doit pas arriver souvent.
- Je ne pensais pas que les profs l’accepteraient.
- Contrairement aux apparences, nous ne sommes pas sans cœur.
Il avait dit « nous », s’incluant lui-même dans le corps professoral même si sa titularisation était encore bien lointaine. Ce qui eut pour effet momentané de dresser une barrière entre nous. Ce ffut lui qui l’ouvrit, après dix bonnes minutes d’un silence gêné.
- Pourquoi Londres ?
- Pardon ?
- Pourquoi Corwin a-t-il été rapatrié à Londres, et pas chez nous ?
- Parce qu’il est mon mari. Que Londres est plus proche d’Oxford qu’Edinburgh. Et qu’il tenait à me voir le plus souvent possible.
- Tes beaux-parents n’ont pas dû apprécier.
C’était un euphémisme. Ils n’avaient pas plus apprécié cette décision de leur fils que ma présence à Alger. Ou mon mariage. Autant dire qu’ils étaient furieux, et m’en voulaient terriblement. De profiter de la faiblesse de leur fils, selon ma belle-mère.
- Ce serait bien la première fois. Que quelqu’un profiterait de sa soi-disant faiblesse, je veux dire. Corwin a ce qu’il a toujours voulu : toi. Et si je puis me permettre, je ne vois pas ce que les McAllistair te reprochent. Tu es une Bard de Dale, après tout.
- Justement, fis-je, amère. Je suis la fille de mes parents. Ils craignent que je leur ressemble.
A leur place, j’aurais certainement réagi comme eux. J’aurais certainement été pétrifiée de chagrin, avant de bouillir de colère, de voir mon fils me préférer une petite intrigante ruinée, et l’épouser sans mon consentement sur un lit d’hôpital.
- Corwin est adulte, Cat. Et, je le répète, il t’a choisie il y a longtemps. Ils finiront par l’accepter, un jour ou l’autre.
- Même mon beau-père ? C’est un homme obstiné, Fergus. Qui obtient toujours ce qu’il veut.
Un homme obstiné, et intelligent. Qui obtenait toujours ce qu’il voulait. Ce qui avait fait de lui le plus célèbre avocat d’Ecosse.
Qui obtenait toujours ce qu’il voulait…
Il avait obtenu d’Amel un entretien avec son père. Ali Guermouche. Ancien chef de réseau terroriste. Ancien ambassadeur. Ancien représentant de son pays aux Nations-Unies. Un des hommes les plus puissants d’Algérie. Qui l’avait invité le lendemain. A assister au suicide des assassins du gouverneur de la Banque nationale. Les terroristes, selon la presse, avaient été retrouvés pendus dans leur cellule. Nous savions, nous, que Maître McAllistair leur avait lui-même passé la corde autour du cou.
Fergus émit un sifflement, dont je ne sais s’il était admiratif ou non. Etonné, certainement.
- Et dire qu’il est avocat !
Il eut la gentillesse de ne pas me questionner sur ma réaction à cette exécution.
Je n’avais pas envie d’en parler.
Il me fit plutôt remarquer qu’une fois, au moins, mon beau-père n’avait pas obtenu ce qu’il voulait.
- Corwin est à Londres, Cat. Pas en Ecosse.





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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.