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Conte de Noël : Valentine

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 41: Berthe. 2.2.
(par lambertine, ajouté le 11/07/00 13:38)


Des hurlements autour d’elle. Des grognements féroces. Un liquide chaud coulait le long de sa gorge, jusque sur sa poitrine. L’homme se débattait, L’homme ne se débattait plus. Mais il était toujours en elle, et elle n’osait bouger. Il lui semblait de plus en plus lourd, et elle était à court d’haleine. Elle attendait. Attendait. Quelque chose jappait auprès d’elle. Grognait. Tentait visiblement de l’aider. Elle prit son courage à deux mais, et rassembla ses forces. Elle poussa le corps du pervers, le fit rouler dans la neige. Il était mort, pour sûr. La nuque arrachée. Sanglant. Comme l’était la gueule de l’animal qui la fixait de ses yeux d’or. Le loup.
Elle s’aperçut qu’elle était nue.
Elle tira sur elle sa cape déchirée, et se recroquevilla. Elle ne ressentait plus le froid. Seulement le honte, et le dégoût d’elle-même. Et le chagrin. Un chagrin si intense, si violent, que la mort ne pouvait être pire. Salie. Souillée. Une serpillère, voilà ce qu’il avait fait d’elle. Un déchet dont personne ne voudrait plus jamais. Déshonorée. Elle remarquait à peine le chaleur de l’animal blotti contre elle. Elle n’entendait ni les cris des hommes, ni le galop des chevaux. Elle restait là, seule et pantelante, attendant Dieu seul savait quoi.
- C’est pas grave, Berthe.
Pas grave ? Bien sûr que ça l’était, grave ! Elle avait perdu sa pureté, elle avait perdu son pucelage. Nul homme, désormais, ne voudrait d’elle. Du moins pour épouse. Louis était trop jeune pour…
Louis ?
- Louis ? Qu’est-ce que tu fais-là ? Vas-t-en, vas-t-en ! Ne me regarde pas ! Laisse-moi mourir ici !
- Tu ne peux pas mourir. On a trop besoin de toi. Guy, moi, les autres.
- Plus personne. Je suis salie. Perdue.
- C’est lui qui était sale, et il est mort
Il ne comprenait pas. Il ne pouvait pas comprendre. Il était trop jeune, trop innocent, trop…
Le loup n’avait pas bougé, et les fixait des ses grands yeux d’or. Il détourna seulement la tête, lorsque Pierrot s’agenouilla auprès de la jeune fille, et l’enveloppa dans son manteau, reprenant les mots de l’enfant.
- C’est lui qui était sale. Et il est mort. Le loup n’est pas un animal du Diable.
- Il n’y a pas d’animaux du Diable. Seulement des hommes mauvais, comme celui-là. Mais il ne fera plus de mal, à présent.
Louis posa la main sur le ventre de Berthe, pria quelques secondes.
- Il n’a pas eu le temps… Je ne sais pas bien ce que ça veut dire, juste que je dois te transmettre un message. Il n’a pas eu le temps de déverser sa semence en toi.
- Il m’a quand même… quand ils sauront, au village, comment pourrais-je encore y vivre ?
- Ils ne sauront rien, au village. Sauf que cet ivrogne a été tué par les loups. Ils ont trop à faire pour s’inquiéter de toi. Pour s’inquiéter de nous. La chasse a commencé, Berthe. La traque de la Louve. Plus tôt que prévu, parce qu’ils cherchent la Gayette.
- La Gayette ?
- Robert dit qu’elle a disparu.
La Gayette ?
Se pouvait-il que la femme… ?
Elle ne se sentait pas le droit de parler. Même à Pierre. La femme accompagnait les loups, et les loups l’avaient aidée, elle.
Sans les loups, l'ivrogne aurait planté un bâtard en elle.
Elle se mit à pleurer dans les bras de Pierre. Et Pierre crut que c'était pour Gayette.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.