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Apparence  

 

Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 42: Veille
(par michele huwart, ajouté le 23/08/04 10:50)


Il était pâle, si pâle sur sa couche improvisée. Et immobile, mis à part sa poitrine qui se soulevait irrégulièrement avec difficulté. Vaïn… il était le premier dont de m’occupais vraiment, le premier, depuis mon Seigneur. J’avais beau le savoir âgé se plusieurs siècles, et soldat aguerri, il ressemblait dans sa souffrance à un jeune homme fragile. Et il l’était, ô combien, en cet instant, fragile… Si proche de quitter l’univers des vivants pour les Cavernes de Mandos…
J’épongeai la sueur qui dégoulinait de son visage. Je l’embrassai sur le front, lui pris la main, et me remis à lui perler doucement. Et je sentis une présence, une main sur mon épaule. Je me retournai sur mon Seigneur. Qui, malgré les circonstances, souriait.
- Pour quelqu’un qui se prétendait peu doué pour s’occuper des autres, tu te débrouilles plutôt bien.
Il n’y avait aucune ironie dans sa voix. Seulement de l’affection, et, dois-je ajouter un semblant de fierté.
- J’ai toujours su que ce serait le cas, dit, il ensuite. J’ai besoin de toi, Morgil. Aide-moi.
Il ôta les couvertures. Il avait amené deux gamelles avec lui. Il étendit le contenu de la première sur la poitrine du malade, le recouvrit d’un linge que je l’aidai à fixer dans le dos de Vaïn, toujours inerte.
- Qu’est-ce que c’est ? demandai-je, timidement.
- Un cataplasme d’oignons de lys, me répondit-il, tel le professeur qu’il était pour moi, à ses heures. Cà aspirera le mal de sa poitrine. Enfin, j’espère…, murmura-t-il plus bas. Soutiens-le, Morgil. Et regarde-moi bien. La prochaîne fois, ce sera à toi de le faire.
Faire quoi ? me demandai-je. La réponse ne se fit pas attendre. Mon seigneur porta la seconde gamelle aux lèvres de l’elfe inconscient.
- Il faut qu’il boive, m’expliqua-t-il. De la tisane d’aubépine et de résine de mélèze. Pour soutenir son cœur et soulager ses poumons. J’aurais voulu quelque chose de plus fort, mais c’est ce que la nature a mis à ma disposition, ici ;
Le faire boire ? Mais Vaïn ne pouvait pas boire, pas tant qu’il était…
- Il est dans le coma, oui, admit mon seigneur. Il ne peut boire seul. Nous devons l’aider. Regarde-moi bien, et soutiens-le.
Et, avec des gestes précis, il versa petit à petit le liquide dans la bouche du malade, lui massant la gorge, de façon à ce qu’il avale le remède, que celui-ci ne prenne pas une direction fatale. Je me dis en moi-même que je n’y arriverais jamais. Et je le dis à mon Seigneur, dès qu’il eut rallongé Vaïn sur sa couche, et l’eut recouvert chaudement.
- Tu y arriveras, m’affirmas-t-il. La prochaîne fois, tu le feras, et je guiderai ta main.
Je le regardai, passablement désemparé.
- Et… si je lui fait du mal ? objectai-je. Je n’ai jamais… fait çà !
- Il faut une première fois. Chaque choses que tu as fait, tu l’as fait une première fois. Je t’aiderai. Tu ne feras pas de mal à Valarion.
- Valarion ? m’étonnai-je. Je croyais…
- On l’appelle Vaïn depuis des années, et plus encore ? Au grand dam de sa mère. Mais il s’appelle bel et bien Valarion.
Cette petite digression concernant le nom de notre patient avait détourné mon esprit des craintes légitimes qui l’envahissaient quant à mes capacités de guérisseurs. Et elle n’avait pas été le fait du hasard. Malgré tout, une question me hantait. Une question que je finis par poser.

- Monseigneur ?
- Oui, Morgil ?
Il caressait doucement les cheveux bruns de Vaïn… Valarion… Vaïn lui allait mieux.
- Comment se fait-il… comment avez vous pu ? Le ramener d’entre les morts ?
Une ombre passa sur son visage, et ce fut d’une voix rauque qu’il me répondit.
- Je ne l’ai pas ramené d’entre les morts, mon ami. Je n’aurais jamais pu le ranimer, s’il était mort, si son âme s’était séparée de son corps. J’ai seulement… je croyais t’avoir déjà parlé de cette technique… j’ai seulement aidé son cœur à se remettre en route. J’ai seulement respiré à sa place, le temps… le temps qu’il réagisse. Si son âme l’avait quitté, seul Mandos aurait pu le renvoyer. Ou l’Unique. Et ce n’est pas ce qui s’est passé. Si c’était le cas… si c’était le cas, je serais beaucoup moins inquiet pour lui.
Plus tard, dans la nuit, tenant toujours la main de Vaïn entre les siennes, il me raconta avoir vu un homme mort revenir à la vie. Parce que la fille de son Roi avait eu le courage que seul donne l’amour le plus absolu. Celui qui l’avait fait plaider la cause de Beren devant Mandos lui-même. Qui avait ému le Vala. Et peut-être même l’Unique…

Plus tard encore, j’aidai Vaïn à prendre un nouveau bol de remède. A mon grand soulagement, je ne lui fis aucun mal. A mon grand étonnement aussi. Pas à celui de mon Seigneur.

Voir le chapitre 42 sur 67



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.