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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 44: Vaïn 2
(par michele huwart, ajouté le 02/09/04 16:20)


Il me fixait de ses yeux verts. Immenses, et si clairs. Il souriait, maintenant. Eveillé.
- T’ ai-je déjà remercié ? me demanda-t-il. Et demandé pardon ? Je n’ai pas été très agréable avec toi, avant… que tu risques ta vie pour moi, que tu te dévoues comme nul autre pour me soigner… je suis désolé, vraiment.
Je le rassurai du mieux que je pouvais.
- Vous voir…
Il me coupa la parole.
- Pas « vous », s’il te plaît. Pas après ce que tu as fait. D’ailleurs, je t’ai entendu tutoyer Garion.
- D’accord, répondis-je. Si vous… si tu veux, Vaïn. Te voir hors de danger est la plu belle des récompenses à mes yeux .Et tu m’as déjà remercié plusieurs fois. Tu l’as fait chaque fois que tu t’es réveillé.
- Je ne m’en souviens pas, avoua-t-il. Je me souviens à peine m’être réveillé, d’ailleurs.
- Tu étais très malade.
Je lui palpai le front, tâchant d’avoir l’air aussi professionnel que possible.
- Tu as encore de la fièvre, remarquai-je.
- Cà va aller, maintenant. Je me sens mieux. Beaucoup mieux. Tu sais, nous ne sommes pas comme vous. Nous guérissons très vite.
- Je sais, grommelai-je. Il n’empêche. Tu m’as donné des sueurs froides, Vaïn. Pas qu’à moi, d’ailleurs !
Pendant huit longues journées, il avait erré entre vie et mort. A plusieurs reprises, il nous avait semblé perdu. Il s’était accroché, pourtant. Vaïn… elfe ordinaire, simple soldat… il s’était accroché contre tout espoir. Et maintenant, il me regardait de ses yeux clairs.
- Il ne m’en veut pas ? il avait une légère crainte dans sa voix.
- Qui ? Mon seigneur ? Grand dieux, Vaïn ! qu’est-ce qui te fais penser qu’il pourrait t’en vouloir ? Il a eu peur, oui, tout comme Garion. Tout comme moi. Mais t’en vouloir ! Il t’a tenu dans ses bras des heures durant pour t’aider à te battre. Il a pleuré comme un enfant quand il a réussi à faire redémarrer ton cœur. T’en vouloir, lui ? Mais de quoi ?
- Il était attendu au Dimbar. Je l’ai retardé. A cause de ma maladresse.
- Tu as eu un accident. Tu as manqué mourir. Et il est resté pour veiller sur toi de son plein gré. Jamais, jamais il n’a laissé sous-entendre qu’il te reprochait quoi que ce soit. Il est plus généreux que çà, tu sais.
Et, tout en lui faisant absorber ses remèdes, je commençai à lui raconter notre rencontre, la façon dont moi et les autres l’avions torturé, humilié. Dont il m’avait pardonné.
- Si tu racontes, fit joyeusement une voix derrière moi, raconte tout ! Ce que tu as fait de bien, aussi.
Il s’accroupit au chevet du malade.
- Il me semble que çà va mieux, Vaïn. Tu ne peux savoir à quel point j’en suis heureux.
Il l’étreignit avec tendresse.
- Il craint que vous lui en vouliez, monseigneur ! osai-je dire. De vous avoir retardé.
Il l’étreignit à nouveau, l’embrassa paternellement.
- Imbécile, murmura-t-il. La seule chose pour laquelle je pourrais t’en vouloir, c’est la frousse que tu m’as faite. Et n’écoute surtout pas Morgil quand il se décrit comme une brute sans cœur. Il m’a sauvé la vie à deux reprises, comme il a sauvé la tienne.
- Avant de vous rencontrer, j’étais une brute sans cœur, objectai-je.
- Non. Tu croyais que tu l’étais, c’est tout. Et personne ne t’avais jamais dit le contraire.
- Vous l’avez fait, répondis-je. Vous m’avez dit… que j’étais doué pour m’occuper des autres.
- Il n’avait pas tort ! fit Vaïn à voix basse. Dites, Capitaine, quand donc repartons nous ?
Mon seigneur partit d’un grand éclat de rire.
- Mais c’est qu’il veut vraiment me mettre en colère ! s’écria-t-il. Nous partirons quand tu seras rétabli, voilà tout. Je veux dire : complètement rétabli.
- Je vais bien, maintenant, tenta d’objecter Vaïn.
Ce fut moi qui lui répondit :
- J’ai connu une autre personne comme toi, dis-je en fixant mon Seigneur Qui prétendait aller bien alors que c’était faux, parce qu’il voulait à tout prix se remettre en marche. Et je t’assures que je n’ai pas envie de revivre avec toi ce que j’ai vécu avec lui quelques jours plus tard. Surtout que, d’une certaine façon, je l’ai déjà vécu avec toi aussi.
- Il a raison, renchérit mon Seigneur d’une voix douce. Je ne suis pas toujours un exemple à suivre. Tu vas te reposer le temps qu’il faudra, Vaïn.
- Et manger, pour reprendre des forces, ajouta Garion, porteur pour chacun de nous d’une gamelle généreusement garnie de ragoût.
Auquel nous fîmes tous honneur.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.