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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 45: Convalescence
(par michele huwart, ajouté le 09/09/04 11:17)


Un rire cristallin résonna dans la cabane enfumée.
- Morgil ! Ce n’était pas la peine de me sortir de l’eau, si c’est pour maintenant me faire mourir d’asphyxie ! Eteins ce feu, et laisse-moi faire !
Je lui lançai un regard noir en étouffant les flammes. Puis me mis à rire à mon tour.
- Je n’ai jamais réussi à faire un feu convenable, lui avouai-je, penaud. Mon seigneur et Neithan ont eu beau tenté de m’apprendre, çà a été en vain.
- Neithan ? hésita Vaïn. Ah, oui, Turin ! Quelle idée de sa part de se faire appeler ainsi ! Même s’il a bien été dépossédé de Dor Lomin.
- Ce n’était pas à Dor Lomin, répondis-je, qu’il faisait allusion, je crois, quand il s’est présenté comme Neithan.
- D’où ma réflexion. C’est injuste pour Sa Majesté. Il est loin d’être sans défauts, mais il aimait sincèrement Turin. Aide-moi à me lever, veux-tu ?
Je le soutins jusqu’au foyer, distant de sa couche de quelques pas seulement. Il était encore vacillant, mal assuré, et souffrait visiblement d’être dépendant . Tout comme de son inactivité forcée. Mais jamais une plainte ne franchissait ses lèvres.
- Mon seigneur ne va pas être content, lui fis-je remarquer. De te voir levé.
Il haussa les épaules en m’adressant un sourire désarmant.
- Je ne suis pas debout, répliqua-t-il. Je suis assis auprès de ce qui sera bientôt un feu digne de ce nom. Au moins, je me rends utile.
Il réagençait adroitement pierres et branchages, et bientôt une douce chaleur se dégagea du foyer. Une chaleur sans fumée…

Je m’attachais de plus en plus à Valarion. A vrai dire, ce n’était pas difficile. C’était un garçon très calme, d’humeur toujours égale, au contraire de son bouillant ami Garion qui était aussi, m’apprit-il, l’époux de sa sœur. Une âme simple et douce, aussi claire que son regard d’eau verte. D’une gentillesse et d’une modestie déconcertantes.
- C’est étonnant, lui fis-je remarquer, qu’un garçon comme toi soit soldat.
Je l’aurais plutôt imaginé pasteur, ou ménestrel.
- Je n’ai pas vraiment choisi, confessa-t-il, de devenir soldat. Ce que je préfères, en fait, c’est le travail de tisserand. Teindre la laine et le lin, créer des étoffes. C’est mon métier, à Menegroth. Mais mon pays est assiégé. Les forces des ténèbres se répandent. Je dois faire mon devoir, comme chacun. Même si, je te l’avoue, je n’aime pas tuer.
C’était évident pour lui. Comme ce l’avait été pour son père avant lui.
- La plupart des Elfes vivent très longtemps.
Sa voix s’était faite nostalgique
- Mon père, lui, continua-t-il, a été tué, très jeune. Enfin, très jeune pour quelqu’un de mon peuple. Je l’ai à peine connu. C’est Garion qui s’est chargé de mon éducation. Avec ma mère, bien entendu.
- Il te manque ? osai-je demander.
- Parfois. Même s’il n’est pour moi qu’un vague souvenir. J’aurais aimé la connaître, pouvoir l’aimer.
Comme j’aurais voulu, moi aussi, avoir un père à aimer. Mais moi, je n’avais même pas de souvenir à chérir. Juste le vide. Juste …rien.
- Je te demande pardon, dit soudain Vaïn devant l’expression de mon visage. Je n’aurais pas dû évoquer mon père devant toi.
Morgil, fils de Personne….
Je secouai la tête et eut un geste de la main qui voulait dire « ce n’est rien ». Mon regard disait le contraire.
- J’ai l’habitude d’être un bâtard, répondis-je sourdement. Je le suis depuis ma naissance. Tu n’y peux rien, Vaïn.

Garion entra en coup de vent dans notre abri. Il fronça les sourcils en apercevant son ami hors de son lit. Et gronda.
- Veux-tu bien te recoucher tout de suite, espèce d’imprudent. Tu mériterais des coups !
Mais son regard brillant de joie démentait ses paroles. Et Vaïn lui répliqua qu’il n’avait pas eu le choix.
- Ou je mourais de froid, ou Morgil nous asphyxiait tous les deux, ou je m’occupais du feu moi-même. Ce que j’ai fait. Mais j’aimerais à présent que tu m’aides à me recoucher.
Je ne m’étais pas rendu compte à quel point notre conversation l’avait épuisé. Et je pensai que j’étais encore un bien piètre guérisseur.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.