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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 49: Echec
(par michele huwart, ajouté le 11/11/04 17:54)


J'avais dû entailler profondément la chair du blessé pour en extraire la flèche. J'essayais de mettre toute la douceur dont j'étais capable dans mes gestes, mais l'Elfe ne put s'empêcher de hurler lorsque je nettoyai la plaie à l'eau de vie. Puis, il perdit conscience. "Tant mieux", pensai-je. Ainsi, il ne souffrirait pas, et surtout resterait immobile tandis que je recoudrais ses chairs déchirées au moyen de ses propres cheveux.
Je soupirai. Je n'étais au camp de base que depuis quelques jours, et ces gestes étaient déjà devenus pour moi une habitude. Je secondais les deux guérisseurs Elfes dans leurs tâches quotidiennes. Et j'apprenais. Je soignais les blessés les moins gravement atteints. Ou ceux qui paraissaient tels. Comme celui que j'étais en train d'opérer, et qui m'inquiétait beaucoup. Il n'avait été atteint que d'une flèche à l'épaule. Mais sa respiration se faisait de plus en plus faible et pénible.
Je lui pris le pouls. Il était presqu'imperceptible. Irrégulier.
J'appelai. Personne ne vint. J'appelai encore. Je criai, presque.
- Je ne sais plus quoi faire. Je suis en train de le perdre !
L'un des guérisseurs arriva enfin.
Il se pencha sur le blessé. M'ordonna d'aller assister son collègue.
Il nous rejoignit quelques minutes plus tard.
- C'est fini, fit-il d'une voix lugubre.
- Fini ? murmurai-je, incrédule. Vous voulez dire qu'il... qu'il est...
Je sentis mon coeur, ma gorge se serrer. J'avais envie de pleurer. De pleurer comme un petit garçon.
Le guérisseur mit la main sur mon épaule.
- Ce n'est pas de ta faute, Morgil. Tu as fait ce qu'il fallait. Tu ne pouvais pas savoir, pour le poison.
- J'aurais dû ! répliquai-je. J'aurais dû voir plus tôt qu'il allait très mal. Vous appeler dès qu'il a perdu connaissance.
- Cà ne sert à rien de te faire des reproches. Je sais. Tu as mal. C'est toujours comme çà, la première fois. La première fois qu'on perd un patient. Tu as mal, mais d'autres ont besoin de toi. Tu vas nous aider. Pour Balan.
Le dénommé Balan gisait, inconscient, sur une table de pierre. Sa jambe droite n'était plus qu'une bouillie informe.
- Vous allez... l'amputer ? questionnai-je, bien qu'il fût évident que les guérisseurs n'avaient pas le choix.
- Aide-nous, au lieu de poser des questions idiotes. Et, surtout, regarde. Tu auras à le faire un jour.
Alors, je les aidai. Alors, je regardai. Et plus tard, bien plus tard, alors que Balan reposait dans un lit propre, je sortis dans la nuit.

J'étais triste. Profondément triste. J'aurais voulu parler de tout celà à mon Seigneur, mais il était absent depuis le lendemain de notre arrivée. Il avait pris le commandement, et, accompagné du Seigneur Edrahil et d'une centaine de soldats, avait rejoint les avant-postes. Il m'avait laissé, comme prévu, en compagnie des guérisseurs."Parce que tu es l'un d'eux, maintenant." m'avait-il dit.
- Vous aussi, lui avais-je répondu.
- Pas seulement, avait-il soupiré. Pas seulement, hélas...
Et il était parti. Comme prévu. Comme il m'en avait prévenu.

- Cà ne va pas, Morgil ? fit une voix derrière moi.
Je secouai la tête.
- J'ai échoué, dis-je. J'ai perdu un malade.
- Veux-tu que je t'apportes quelque chose à boire ? Ou préfères-tu rester seul, un moment ?
- Non, répliquai-je vivement. Je veux dire... je n'ai pas envie de voir du monde, mais pas de rester seul non plus. Juste toi, Vaïn.
Il revint bientôt, portant deux grands bols de tisane fumante. Et s'assit à mes côtés sur un tronc abattu.
Puis attendit.
- Il n'avait pas l'air gravement atteint, dis-je après un long silence. Je ne me suis même pas inquiété quand il s'est évanoui. Je me suis seulement dit qu'ainsi, il ne s'agiterait pas. Et il est mort. Je ne connais même pas son nom, Vaïn...
- Aldarion.
- Aldarion ?
- Oui. C'était un forestier. Un chasseur. Je ne le connaissais pas très bien. Il était de ... plus haut rang que moi. De beaucoup plus haut rang.
- Il aura sa place dans ma mémoire, murmurai-je, plus pour moi-même que pour mon ami. Le premier que j'aurai perdu. Avec le premier que j'ai tué, il y a si longtemps. Dans une autre vie...
Vaïn pris mes mains dans les siennes.
- N'oublie pas ceux que tu as sauvés, Morgil. N'oublie pas ton seigneur. Et ne m'oublie pas, moi.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.