Note : Voici un texte écrit par BabyCakes qui m'a gentillement demandé de le mettre sur Internet. Je n'ai bien sûr pas pus refuser... :-)
J'ai marché, j'ai marché tant que j'ai pu, tant que la peur a tiraillé mon ventre, tant que les larmes m'ont caché ma destination, tant que mes jambes m’ont porté...
Mais mes yeux ont séché, et je me trouve là, devant cette forêt, elle est immense, et je suis minuscule, elle est imposante, et je suis insignifiante... Et la peur me reprend, elle me coupe le souffle, elle me coupe les jambes, elle me coupe... Je ne sais plus raisonner, je n'ai jamais su...
C'était toujours elle, toujours, qui raisonnait pour deux. Quand il fallait fuir, c'est elle qui s'en rendait compte. Quand il fallait rester, elle me retenait. Quand j'avais peur, elle me calmait. On se connaissait depuis toujours, sœurs de sang, d'esprit, de rêves, sœurs absolues et infiniment liées dans le désordre et les fragments de ce monde. Elle était tout pour moi, et elle me disait la même chose. Me perdre aurait été, disait-elle, la plus aiguës des souffrances, le souvenir le plus pénible, le souvenir d’un bonheur passé qu’on ne retrouvera jamais plus...
On s'est toujours défendues, moi des brutes qui la frappaient, elle des idées qui me polluaient On était inséparables, on ne pouvait plus nous séparer, il ne fallait plus, c'était trop tard, trop tard, mais ils ne nous on pas laissé le choix, ils ne demandent jamais votre avis, ils n’ont as le droit, pas, le droit ! Mais ils s’en fichent.
Un jour, ils nous ont séparées, de force, ils nous ont arrachées, ont écarté nos doigts qui se cherchaient, ont couvert nos yeux qui se suivaient, fermé nos bouches qui criaient, hurlaient...
Depuis ce jour, j'ai peur. Et je fuis, je cours, je marche. Je marche tant que je peux, tant que la peur tiraille mon ventre, tant que les larmes cachent ma destination, tant que mes jambes me portent. Car je n'ai plus de destination.
J'ai perdu l'Amie, et avec elle, j'ai tout perdu.
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