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Votre Nouvelle »
PAIMPOLEVALA, ou l'affligeant constat de la fongibilité transversale du Marrissement d'Arda (et ses amusantes conséquences)
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Chapitre 5:
Sir Gawain in the Green Night
(par
Pascal Preter, ajouté le 13/05/04 14:25)
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En Bretagne au-delà des vagues Toujours il vente dans les arbres Sur le bord des route en zigzag Où, quand un pauvre hère perdu Tend le pouce, lors restent de marbre D’infâmes voitures malotrues.
Moi, Sir Gawain le bien nommé, Devait rejoindre d’autres cinglés, Des orcs, des bardes, de doux prophètes, Pas encore de gentils amis, Mais quand même des Tolkiendili, Tous réunis pour faire la fête.
Plein d’impatience, sautant, planant, Le sac à l’épaule, sans monture, Gringalet au bercail restant, Je montai hardiment dans le bus, De mon timing tout-à-fait sûr. Travaux ! Restez donc à Fréjus !
Un trajet court de vingt minutes Se changea donc sournoisement En un sprint de tortue en rut. Que ne partis-je donc à pied ! Oui, j’ai fait le tour du cadran, Et je peux dire que ça fait skier !
Au revoir, dernier train du jour A aller plus loin que Morlaix ! Plus d’autre choix ne me restait Que de faire visites de bourgs. Travaux ! Encore vous ! Ne laissez Point le bus encore stationner !
J’eus bien le temps d’appeler Yann, Et, submergé de triste opprobre, Lui fit connaître d’un ton sobre Mon retard digne d’un bonnet d’âne. Enfin le gros bus démarra Mon voyage commençait là.
Finalement, sonnaient vingt heures Quand j’arrivai à l’échangeur. Diantre ! Plus de deux heures pour aller Là où depuis mon fier logis Je mets un petit quart d’heure à pied. Encor’ j’en rage, j’écume, je fris !
Là, pouce en l’air, j’attendis peu. Un bolide retentissant De techno, rempli de morveux Probablement en boîte allant, M’amena, sans grande prouesse, A l’entrée de la voie express.
Content de quitter un vacarme Pouvant aux sourds tirer des larmes ! Cinq minutes d’attente suffirent Pour trouver quelqu’un qui roulait Et qui accepta de conduire Un pauvre hère jusqu’à Morlaix.
Là, un grand vavasseur rougeaud Me fit monter dans son tacot M’assurant avec force joie Que passer par Lannion la ville Etait plus direct, plus facile Pour l’auto-stoppeur en émoi.
Laissé en plein pays de boucs, Posté à un rond-point sortant Je me tenais, pouce jaillissant, Et regardait passer les ploucs, Aux pots d’échappement à l’œil sombre Et narquois, parmi les concombres.
Cela une demi-heure durant Avant que je n’aille de l’avant Sans un seul regard en arrière. Traversée champêtre terrible Que d’autres que moi, l’invincible, Auraient finie sur le derrière !
Au bout d’une autre demi-heure, Bien que du noir n’ayant pas peur, Je commençais à me demander Si hélas je ne risquais pas D’arriver à Lannion à pied… C’est là qu’un miracle arriva…
Car j’avisai, non loin d’un stop, Une belle voiture s’y arrêtant. Vif comme l’éclair zeussien, hop !hop ! Je bondis, pouce dressé au vent.
Espoir revigoré, pourtant En gorge un cri tonitruant, Un vibrant « c***ard » qui punit Cette autostoppeurophobie.
Mais non, la voiture s’arrêta. Arrachant presque la portière Je vis une jeune fille aux abois. Vif, sortant mes clés, je lui mis Mon trousseau sur la jugulaire Menaçant : « La course ou la vie ! »
Elle accepta, sourire aux lèvres, Et se révéla fort aimable Sous ses cheveux couleur de sable. Le trajet fut loin d’être mièvre. Eh ! Je suis Gawain, tout de même, Chevalier que tout’ femme aime !
Nous nous quittâmes finalement : J’étais de retour sur la voie Express qui menait à Guingamp. La fille, fort marrie de me quitter, Me dit, trémolos dans la voix Ce conseil : « Te fais pas shooter ! »
Peu après l’émouvant départ, Yann m’appela sur le portable. Je lui répondis dans le noir : « Ch’uis entre Morlaix et Lannion, A pied ! » d’un ton de voix affable, Quand j’écartai vouivres, loups et lions.
Il me proposa aide prompte Sitôt qu’à Guingamp je serai. J’acceptai, vraiment guilleret, Car mes pieds me semblaient de fonte. A Guingamp, un bref coup de fil Et la dure épopée finie !
Après une verte campagne Je cheminai finalement Sur une route digne de l’Allemagne Aux verts panneaux, aux verts décors. Une nuit verte, c’était vraiment, Où je luttais contre le sort.
Au bout d’une autre demi-heure, Bien que du noir n’ayant pas peur, Je commençais à me demander Si hélas je ne risquais pas D’arriver à Lannion à pied… C’est là qu’un miracle arriva…
Deux personnes allant à Guingamp Me firent espérer autre chose Qu’un’ nuit dans un hôtel morose A Lannion, voir’ même dans les champs. Je grimpai dans le véhicule. Déjà loin semblait le crépuscule.
Un bon quart d’heure à écouter En arabe mes sauveurs parler. Ils se trouvaient être sarrasins. Souvent bière coulait dans le gosier Du conducteur, quand son copain Lui parlait jusque dans le nez.
Puis me parla le passager En m’arrachant à mes pensées. La première fois, je ne compris pas. Me parlait-il donc en français ? La seconde enfin comprenais : « Tu veux un’ bière ? » « Ben oui ma foi ! »
Dans le centre ville de Guingamp, Mes deux messies me déposèrent. Aussitôt, plus vif que l’éclair, Et mon portable dégainant, J’avertis Yann, j’allais bientôt Retrouver de joyeux zozos !
L’arrivée plus que salvatrice De Danièle, honorons son nom, Me plongea avec fort délice Dans une ambiance paimpolaise, Où je retrouvais mes compagnons Pendant deux jours, à Dieu ne plaise !
Moi, Sir Gawain le bien nommé, Avait rejoint d’autres cinglés, Des orcs, des bardes, de doux prophètes, Tout de suite de gentils amis, Et surtout des Tolkiendili, Tous réunis, faisant la fête.
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Voir le
chapitre 5 sur 14
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Script fourni par
,
adapté et modifié par .
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