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Les Contes de l'Arbre Magique

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 5: La fontaine des Fées
(par Donald, ajouté le 10/08/05 20:51)


Au centre de la place du village, il y avait une fontaine magique. Quand le soleil se couchait, l’eau de son bassin circulaire se mettait à briller étrangement d’une lueur argentée. C’est alors qu’elles apparaissaient à la surface de l’eau, les ombres mystérieuses, qui en continuels mouvements prenaient tours à tours les formes de créatures merveilleuses. Comme racontant des histoires féeriques, la licorne timide se dessinant peu à peu se transformait ensuite en dragon ailé puis en lutin farceur des bois. Les enfants du village penchaient sur les bords de la fontaine de pierre, observaient les yeux ébahis ce spectacle fantastique tous les soirs. On racontait qu’une fée aux grands pouvoirs vivait au fond de l’eau bénissant la fontaine et offrant ce spectacle magique. Pour obtenir la chance et la bienveillance de la fée de la fontaine les enfants y jetaient des pièces de monnaies lorsque la lune était parfaitement pleine et ronde tel un disque d’argent, comme le voulait la coutume.
Kuran se penchait tellement sur le bord de la fontaine que le bout son nez touchait l’eau brillante. C’était une de ces nuits où la lueur les rayons argentés de la pleine lune révélaient la magie des lieux. Le bal extraordinaire des ombres avait commencé mais Kuran, qui aimé pourtant encore plus que les autres enfants cette fontaine, ne l’observait pas. Tenant dans la paume de sa main une pièce d’or qui brillait d’un éclat presque magique, il essayait en regardant au plus profond de l’eau de voir la fée. Ce précieux objet, il voulait lui offrir, pour la remercier pour tout le bonheur qu’elle offrait aux petites filles et garçons du village.
Mais les enfants arrivaient toujours plus nombreux et bientôt ils se bousculaient pour avoir une bonne place. Dans cette agitation soudaine, Kuran fut renversé brusquement la tête la première et il s’enfonça dans l’eau à une vitesse incroyable faisant disparaître momentanément les ombres. Il coula ainsi dans le bassin de la fontaine qui semblait alors bien plus profonde qu’elle n’apparaissait, entouré par une douce lumière rassurante. Puis tout devint sombre.
Ouvrant les yeux le petit garçon remarqua qu’il n’était plus dans l’eau mais trempé jusqu’aux os il devina qu’il était bel et bien tombé dans la fontaine. Il vit alors des fées par dizaines, de toutes les couleurs et de tailles minuscules, voletants de leurs petites ailes. Elles exécutaient une danse aérienne pleine de grâce et à tel point envoûtante que Kuran tomba sous le charme. L’enfant jeta ensuite un regard circulaire à l’endroit dans lequel il se trouvait. Au centre il y avait un autel de marbre sur lequel était posé une énorme pierre précieuse. Le joyau brillait d’une lumière vive et clair aux couleurs changeantes. La lueur d’argent qui s’en dégageait, allait des teintes d’un bleu ciel à celle d’un rose pourpre en passant par un vert clair. Des colonnes de pierre gris bleu se dressaient tout autour de l’autel formant un grand cercle, théâtre du bal des fées volantes. L’ensemble baignait dans une ambiance mystique entourée de toutes parts d’une brume sombre et épaisse.
Levant ses yeux au ciel, Kuran découvrit avec stupeur qu’un miroir d’eau recouvrait le plafond sur une étendu infinie. De l’autre côté était les camarades de Kuran qui penchaient leurs têtes émerveillées au-dessus de la fontaine. Il prêta enfin attention à la musique qu’il entendait depuis le début. Les fées semblaient accorder leurs mouvements fluides aux notes avec une incroyable perfection. Toujours dans l’illusion de la beauté de l’endroit il écouta les paroles de ce chant. Voici ce qui était conté :
Le bon roi du royaume d’Arda avait convoqué Rog le sévère, maître enchanteur spécialiste des potions, afin de soigner sa fille qui souffrait d’une étrange maladie. Rog envoya donc son jeune élève, Ary le potier, lui chercher du sang de licorne ingrédient indispensable pour fabriquer le remède. Mais quand l’apprenti sorcier vit la licorne sur les bords du lac sacré, il ne put se résoudre à blesser une créature si innocente. Alors il remplit la fiole de son propre sang qu’il mêla à de la poudre d’argent pour tromper les apparences. Et c’est pourquoi la potion pour guérir la princesse échoua. Ary la voyant ainsi souffrir de la maladie partit déterminer à ramener du vrai sang de licorne à Rog son maître enchanteur. Quand le jeune apprenti bandant son arc visait le pauvre animal mythique sans défense, celui-ci lui parla par l’esprit grâce à quelques magies qui dépassaient l’entendement. «Pourquoi me veux-tu du mal jeune homme ? ». Ary le potier surpris et presque effrayé lui raconta cependant ses malheurs. Il était confrontait à un cas de conscience qui le forcer d’agir contre ses convictions. Prise de pitié et touchée par le premier geste qu’il avait fait pour sauver la licorne, celle-ci lui offrit de l’eau guérisseuse qu’elle avait bénit de sa corne magique. La fille du roi fut sauvé au bonheur de tous et le jeune Ary devint célèbre parmi les magiciens.
La musique s’arrêta sur ces paroles et les dernières notes résonnèrent jusqu’à très loin dans la brume. Les petites fées d’un même mouvement stoppèrent net le spectacle et en haut sur la surface de l’eau les ombres disparurent. Volants aussi rapide que des étoiles filantes, elles se mirent à tourbillonner dans les airs formant un arc-en-ciel de couleurs lumineuses. Et d’un bruit aussi magique qu’inimaginable elle fusionnèrent laissant apparaître la grande fée, reine bienfaitrice de la fontaine. Elle flottait assise sur un siège invisible avec toute la noblesse qu’imposé son titre, affichant un sourire radieux et étincelant.
« Approche mon enfant et dis moi ce qui t’amène ici dans ma demeure éternelle. »
Kuran ne comprit pas tout de suite ce qu’elle disait tellement sa voix le ravissait et il ne sut ni quoi répondre. Mais s’approchant d’elle éblouit et gêné, il se souvint ce qui l’avait amené. Il lui tendit la main tremblante sa pièce d’or et plia le genou en signe d’offrande. La reine fée éclata d’un rire plein de franchise après quoi elle le remercia d’un geste fabuleux. Elle prit la pièce d’or, de l’index la transforma par enchantement en un point brillant comme l’étoile du Nord et touchant du bout du doigt le front du petit Kuran elle apposa ce signe protecteur. « Maintenant ferme les yeux petit homme et rejoins les tiens. Tu es désormais sous ma protection et bénédiction. »
Kuran était réapparu dans le bassin de la fontaine. Personne ne crut mot de ce qu’il raconta et selon les dires il n’était resté que quelques secondes dans l’eau. Pourtant personne ne sut dire en quoi il avait changé mais tous s’accordait pour avouer qu’il était transformé. Quand passèrent les années il devenait criant qu’il était plus chanceux que la plupart et il acquis le surnom de Kuran le bienheureux à qui tout arrive toujours à point.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.