Chapitre 5:
Promenades, cuistrerie et ripaille.
(par
ISENGAR, ajouté le 21/09/05 22:09)
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Or donc il advint que d’aucuns eurent envie de découvrir les paysages environnants à l’occasion d’une promenade. Et c’était une tradition dans les grandes assemblées des bels gens et gentes dames. On se réunit devant les communs, tandis que d’autres convives continuaient de festoyer. Bien que le mot fût passé que le départ était imminent, fort peu nombreux furent ceux qui se joignirent au groupe. Ainsi filèrent sur le vert chemin l’empereur Elwë et son éminence grise, Medonnen Eldendil. Laegalad la fée, Melilot la rieuse et la princesse de Mâcon, Béatrice aux yeux de coquillages nacrés, étaient de la compagnie. Suivaient Neiklot du Midi, Yyr l’étoilé, Gawain l’apôtre et Isengar le ménétrier. Vallis des Jardins, Gurth aux cheveux d’or et sa dame Rebecca fermaient la marche. Manwë Sulimo, maître des vents était de la partie. Maintenant on dit en Faërie qu’il est le Seigneur du Souffle d’Arda, et le Premier des Rois. Mais de sa compagnie, les promeneurs se seraient bien passés car son zéphyr était froid et fort. Au moins chassait-il les nuages de pluie... Par monts et par vaux, les promeneurs s’en furent. Et rieurs était leur visages et riante leur humeur. Ils passèrent sous des bois profonds et goûtèrent aux paysages grandioses, tantôt dans des lieux déserts ou tantôt devant les maisons des hommes.
Lorsqu’ils revinrent à leur point de départ, tous les autres convives, ceux qui avaient manqué la randonnée se préparaient à prendre le relais. Et ceux-là étaient sous la conduite bondissante de dame Kendra et du sire Bastien qui fit, nous dit la chronique, de curieuses démonstrations de saut de Cabri. Et toujours le vent les accompagnait.
Maintenant, la partition en deux groupes fut l’occasion d’échanges plus calmes et plus intimes pour ceux qui restaient.
Le retour des promeneurs du second groupe permit de s’attaquer à la préparation du second banquet de cette grande réunion. La cuisine se fit au son de la musique des fifres, turlupins, pipeaux et autres flûtiaux. Et les chants bretons, les balades irlandaises et autres ritournelles calédoniennes cadencèrent le travail de ces dames et celui des messieurs qui les encourageaient de loin.
Et maintenant advint-il qu’en fouillant dans la poubelle de la cuisine pour des raisons que les contes ne révèlent pas, dame Kendra mit la main sur la moulinette que maître Isengar avait mis de côté la veille, comme il a été expliqué plus haut. Aussitôt, le pauvre ménétrier fut accusé de s’en être débarrassé. Ce qui était une idée saugrenue. Et bien que la dame ne détint aucune autre preuve que son hâtive conviction, Isengar fut publiquement appelé « cuistre ».
Cet incident ne ternit cependant pas la joie de ces instants agréables. Cependant, l’heure du départ pour le sire Neiklot vint rapidement, car il était attendu par ceux de son clan pour une autre fête à laquelle il ne pouvait se soustraire. Ainsi quitta-t-il les champs de Faërie et la Terre d’Emilieu. Et ce premier départ jeta une ombre dans le cœur de chacun, car celui-là, dont l’accent et la verve marquèrent ses compagnons, avait gagné l’estime de toutes et de tous.
L’heure du Banquet approcha. Dans la cuisine, musique, chants et danses rythmées accompagnaient l’accélération de la préparation des mets. Dans la salle commune s’activèrent les invités. Tous se prêtèrent mutuellement main forte et la solidarité était admirable. On tira les nappes, on distribua verres et couverts, on sortit quelques bonnes bouteilles. Si l’hypocras était encore à l’honneur, les bouteilles de vin de Champagne de maître Tar Palantir éclipsèrent toutes les autres boissons. Et longtemps, des pots de bière des maîtres brasseurs du Plat Pays ou de la verte Eirin restèrent orphelins sur les grandes tables du Banquet.
Et maintenant dit-on qu’Isengar et Tar Palantir, voulant émerveiller leurs compagnons, décidèrent de monter une pyramide de gobelets pour accueillir les saintes bulles du vin de Champagne. Tar Palantir versa les premières gouttes et l’opération semblait se dérouler dans de bonnes conditions. Mais la chronique raconte que tout à coup, sans que l’on s’y attende, toute la pyramide s’effondra, répandant le liquide ô combien sacré sur la table. Mais tout n’était pas perdu et les chopes remplies furent levées en l’honneur de dame Kendra.
Le Banquet put commencer. Et les convives, mis en appétit par leur longue promenade se régalèrent de ce que leur avait préparé la dame d’Emilieu. Ce fut un bon moment, et moult chants agrémentèrent ces heureuses agapes. Maître Yyr voulait sans cesse prendre la parole et Isengar demandait le silence pour qu’il puisse s’exprimer. Car d’aucuns de chanter à tue-tête des chants d’encouragements au départ du discours, puis à la fin. Et ainsi firent-ils pour tous ceux qui souhaitaient prendre la parole. Et en fin de compte, tout ne fut plus qu’un grand bruit joyeux.
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