Chapitre 5:
La Promenade
(par
Saivh, ajouté le 10/01/06 16:21)
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Malgre les evenements de la nuit, Gayette se leva tres tot. Robert ronflait encore paisiblement quand elle referma la porte derriere elle et que ses pas la dirigerent a nouveau vers la foret. Le ciel etait encore sombre et la foret ne s'etait pas encore eveillee.
Sans trop comprendre comment, Gayette retrouva le chemin de la clairiere, le passage ou la foret change tout en restant la meme ainsi que le lac.
Le paysage etait couvert de neige epaisse et scintillante. Ici, le jour semblait s'etre deja leve et la lumiere avait les meme tons blancs et argentes de la neige. A nouveau, Gayette fut surprise de ne pas souffrir du froid. Des stalagtites de glaces etaient accroches aux branches des hetres. Elle les toucha, emerveillee, du bout des doigts. Sur la lac qui aurait du etre gele, glissaient les cygnes qu'elle avait vus la veille. De ses yeux maintenant plus percants, elle remarqua des loutres qui jouaient plus loin, sur la berge. Gayette ota ses gants, s'accroupit et prit une poignee de neige. Elle ouvrit la main. Les cristaux brillaient comme de la poudre de diamant. Ou ce qu'elle imaginait etre comme de la poudre de diamant. Elle n'en avait jamais vu de sa vie. Gayette fut vite pieds nus. Elle s'emerveillait de l'epaisseur du tapis blanc, de l'abscence de la morsure du froid. Du bout des orteils, elle lancait de grandes gerbes de poussiere brillante.
Les rochers etaient secs. Comme le jour precedent, elle se deshabilla, secoua se vetements et les plia soigneusement avant de les poser sur un gros rocher plat. Elle mit les pieds dans l'eau et nagea a nouveau dans le lac, savourant l'intensite verte. Du coin de l'oeil elle distingua la silhouette d'ecorce et les yeux verts. Elle s'imobilisa et se laissa flotter. La silhouette restait a l'oree des arbres et ne bougeait pas. Gayette decida de l'ignorer, de ne rien faire. Tant qu'il restait immobile... Par prudence, tout de meme, elle retourna vers la berge. Sa peau fut vite seche. Gayette ne tarda pas a se revetir, tout en gardant un oeil sur la silhouette.
Le chemin etait toujours la et semblait l'attendre. Avant que Gayette n'ait pu l'atteindre, elle devina des silhouettes se faufilant a travers les arbres. Gayette s'y etait habituee, mais l'une d'entre elles se detacha du groupe et s'approcha de la jeune femme. C'etait un loup. A la fourrure grise, plus claire sur le dos, rendue epaisse par l'hiver. Et aux yeux jaunes. La bete regardait Gayette paisiblement et avec interet, presque comme un chien domestique. La jeune femme se figea, le coeur battant, le ventre noue, au bord du vomissement. Elle respirait avec difficulte. Le loup bailla, s'etira et trottina vers le sentier que Gayette comptait emprunter. Apres quelques metres, il s'arreta et se retourna. Gayette prit ce geste pour une invitation, aussi absurde que cela pouvait paraitre, et s'engagea donc sur le sentier.
Le loup cheminait tantot devant elle, tantot a ses cotes. Elle aurait pu, du bout des doigts, froler la fourrure epaisse, mais elle s'en garda. Alors que la foret reprenait son air familier, le loup quitta le sentier et s'engagea a nouveaux parmi les arbres. Gayette le suivit du regard et devina a l'ombre qui passait entre les troncs noirs et humides, que le loup n'etait qu'a quelques pas. Le jour devait s'etre leve depuis quelques heures seulement. Le temps semblait passer a sa guise et ne respecter aucune regle entre les deux lieus.
Pres du village, la foret etait traversee par la route qui menait au chateau. Le sol tremblait et Gayette manqua de se faire pietiner par des cavaliers lances au galop, visiblement presses de parvenir au chateau.
- Imbeciles! Murmura Gayette.
Ils ne pouvaient, bien entendu, pas l'entendre et elle se demanda quel genre de personne la jeune Dame Valentine pouvait bien frequenter. Loin encore sur la route, Gayette distingua un pretre bedonnant et esouffle qui manquait de perdre l'equilibre a chaque pas sur la route glacee. Elle sourit, traversa la route et reprit son chemin parmi les arbres. Dans la clairiere, la Dame de Mousse etait allongee sur la grosse pierre plate et regardait la jeune femme venir vers elle. Ses levres fines etaient etirees en un sourire vifs et saignant. Lorsque Gayette fut pres d'elle, elle eclata de rire.
- Et dire que certains croyent encore aux philtres d'amour!
- Pardon?
- Le jeune Guy... Et il n'en a meme pas besoin!
Elle eclata de rire et prit Gayette par l'epaule. Sa bonne humeur etait communicative et Gayette rit avec elle. Elle firent quelques pas, s'eloignant de la clairiere. Gayette scruta les arbres mais l'ombre n'etait plus la. La Dame remarqua les yeux ardoises et inquiets.
- Il est reparti. Ils n'aime pas trop les hommes.
- Et toi, tu te tiens bien pres du village il me semble.
La Dame eut un petit rire et haussa les epaules. Elle n'etait plus la. De la mousse et des racines s'etiraient sur la grosse pierre plate.
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