Chapitre 5:
Aurore
(par
lambertine, ajouté le 02/09/00 23:38)
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Jamais je n’ai rencontré quiconque portant plus mal son prénom qu’Aurore. Brune, sèche, je la qualifierais volontiers de « crépusculaire ». Elle porte la solitude en elle, le déclin, et aucun espoir. Elle s’est sans doute mise à boire pour ça, Aurore. Par désespoir. Par amertume. Par manque de confiance en elle et en la vie. Et pourtant, je l’aime bien. Je l’aime bien parce qu’elle est douce sous ses dehors sévères. Je l’aime bien parce qu’elle est gentille. Je l’aime bien parce qu’elle m’aime bien, sans que je sache pourquoi, moi qui suis si différent d’elle, moi qui n’ai aucun point commun avec elle. Je l’aime bien parce qu’elle m’écoute sans me poser de question, sans me juger, et surtout sans me plaindre. Sans pour autant m’approuver à chaque fois. - Tu ne devrais pas fréquenter cette fille. Pour le coup, elle ne m’apprend rien. Je le sais mieux qu’elle, que je ne devrais pas fréquenter Eugénie, que je ne devrais pas m’attacher à elle, que je ne devrais pas la laisser s’attacher à moi. Que je ne devrais pas, et pour cause… - Il n’y a pas d’espoir, pour vous deux. Pas d’avenir. Crois-tu que sa famille verra de bon œil qu’elle soit en relation avec un garçon tel que toi, quand tu sortiras d’ici ? - Parce que je suis un enfant des rues ? - Oui. Un enfant des rues. Dealer. Délinquant. Toxicomane au dernier degré. Et qu’eux sont nobles. Riches. Catholiques. - ... et que le Comte de Maupin-Valandray est Procureur Général. - Ca n'arrange pas les choses, en effet. Sois raisonnable, Jérémy. Tu es jeune, elle a seize ans à peine. Des filles, tu en rencontreras d'autres. A foison. Mignon comme tu l'es... - Mignon, peut-être, mais tout pourri, à l'intérieur. Tu ne m'apprends rien, Aurore. Je sais ce que je suis, et ce que je vaux. Je sais ce que je peux espérer, c'est à dire pas grand chose. Mais avec Eugénie, je me sens vivant. Te rends-tu compte de ce que ça veut dire, pour moi, vivant ? S'en rend-elle compte ? Non, je ne le crois pas. Parce qu'elle ne sait pas ce que je suis, ni quel est mon destin. Et parce qu'elle même ne l'est plus, vivante, depuis bien longtemps. J'ignore pourquoi. J'ignore quel est son secret. Je sais seulement qu'elle en a un, bien caché, au creux de son âme flétrie. Peut-être le met-elle en scène, dans les lignes, dans les pages, dans les histoires qu'elle ne cesse d'écrire ? Des histoires bien cachées, qu'elle ne montre à personne. Pas même à moi. - Pourquoi ? - Pourquoi, quoi, Jérémy ? - Pourquoi caches-tu tes textes ? Quand on écrit, c'est pour les autres, non ? Pour partager. Ca n'a pas de sens, d'écrire pour soi tout seul. - Et qui veux-tu que ça intéresse, les textes d'une vieille fille qui ne connaît rien à la vie ? D'une vieille fille qui n'a même pas de talent ? - Moi, ils m'intéressent. Et tu n'en sais rien, si tu as du talent ou pas. Tu ne le sauras que si tu sautes le pas.
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- Elle n'a pas tort, tu sais. - Ah, c'est vous ? Question idiote. Quelle autre femme pourrait m'attendre dans la salle de bain des hommes ? Elle a troqué son look des années folles contre un costume fin XVIIIème, qui ne l'avantage pas. - Bofff... - Quoi, bofff ? - Je vous préférais en Daisy, plutôt qu'en Marie-Antoinette. Et ça ne sert à rien d'en remettre une couche, concernant Eugénie. Je ne suis ni sourd, ni stupide. - Sourd, non. Stupide, par contre… - C’est Dieu qui est stupide. De m’avoir ramené à la vie. Et de me donner des raisons de l’aimer. - Il te met à l’épreuve. Personne ne devient un Ange sans souffrir. - Alors, il est sadique. Quant à souffrir, j’ai déjà donné, merci. Pas la peine d’en rajouter.
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Je n’aime pas les thérapies de groupe. Parler de moi devant des gens qui n’en ont rien à faire, et qui m’auront oublié dès leur sortie de la Résidence, je n’en vois pas l’intérêt. Comme je ne vois pas l’intérêt de me faire humilier à longueur de réunions. Aurore non plus. Aurore préfère se taire, observer, et prendre des notes. Les psychologues n’apprécient pas. Elle donne l’impression de s’en moquer. Elle ne s’en moque pas du tout. Elle a peur. Des autres. De nous. Même de moi. - Je ne vois pourquoi je leur parlerais de ma vie sexuelle. - Moi non plus. - Tu ne dois pas avoir grand-chose à raconter, à ton âge. - Tu tirerais une drôle de tête, si tu savais… Mais elle ne sait pas, et je ne lui dis rien. Elle non plus. Elle prend mon paquet de cigarettes dans ma poche de poitrine, se sert, allume nerveusement le petit tube blanc. Elle ne m’a pas demandé mon autorisation, mais je la laisse faire, parce qu’elle en a besoin. Parce qu’elle n’a pas d’argent, et encore moins de mémoire. - J’ai quelque chose pour toi. Elle me tend une chemise plastifiée. Bleue. De celle que nous recevons en quantité à notre arrivée. Elle contient une centaine de feuilles quadrillées couvertes d’une écriture ronde, enfantine. Je souris intérieurement. Je ne tiens pas à lui montrer ma jubilation. Je risque trop de l’effrayer, de la faire revenir sur sa décision. - Ne les montre pas à Gonzague. - Pourquoi les montrerais-je à Gonzague ? - C’est ton copain. - Tu n’as pas confiance ? - Si. Je ne te les donnerais pas, sinon. Mais… Mais elle craint, malgré tout, que je ne les garde pas secrètes, ses nouvelles. Et pour cause… - Qu’est-ce que tu comptes en faire ? - Les lire. Quelle question. Les lire, au creux de mon lit. Me plonger dans l’univers de mon amie, si je puis la traiter de telle. Univers sombre, noir, glauque. Univers de sexe et de sang, de mort et de misère. Univers de mots et de poésie, de style et de folie. Tant de noirceur… Et tant de talent.
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- Ton père connaît des éditeurs ? - Des éditeurs ? Pas intimement. Il a dû en croiser, mais sans plus. Tu n’as qu’à lui demander. Elle soulève sa longue jupe blanche pour enjamber un arbre mort, se retourne, me prends les mains. - Qu’est-ce que tu mijotes encore ? Je m’assieds sur le tronc noirâtre. Le bois craque sous mon poids. Elle s’assied sur mes genoux. Le bous craque encore plus. Le tronc se casse, et nous nous effondrons, l’un sur l’autre, en riant. Enlacés. Pantelants. Je sens sa joue contre la mienne. Fraîche. Douce. J’ai envie d’éclater en sanglots. - Qu’est-ce que tu mijotes encore ? répète-t-elle, les doigts cherchant dans mes cheveux des débris de feuilles mortes. - Rien. - Menteur ! - Toxicomane. Ca va de pair. - Tu n’es plus un toxicomane. Non. C’est vrai. Mon secret est bien plus lourd que dix grammes d’héroïne. - Qu’est-ce que tu mijotes encore ? Je finis par céder. A moitié. - Je dois montrer quelque chose à un éditeur. C’est important.
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- Merci, Aurore. - Déjà terminé ? Ca t’a ennuyé, je suppose. C’est sûrement mal écrit, et de peu d’intérêt pour quelqu’un de ton âge. - Non. C’est beau, et c’est triste. Et tu écris très bien. - Comment peux-tu dire une chose pareille ? Qu’est-ce qu’un garçon comme toi y connaît, en littérature ? - On peut être à la rue, et aimer lire. C’était mon cas. Les livres m’ont tenu compagnie pendant des années. La lecture est un loisir pratique, et bon marché. Pratique, parce qu’elle ne nécessite aucun accessoire, pas même une ampoule électrique. Bon marché, surtout quand je volais les bouquins à la FNAC ou dans les hall de gare. Toutes sortes de bouquins. Tolstoï et Diderot. Jim Harrison et Jean-Paul Sartre. Tolkien et Frank Herbert. - Et puis, tu sais, un livre vous donne une contenance, et une apparence honorable. Personne ne se méfie d’un clodo qui lit sur un banc. Personne ne l’assimile à ce qu’il est. Un clodo. Il passe inaperçu. Il devient un être humain normal. Les gardiens de parc ne le chassent pas. Les flics ne lui cherchent pas de poux dans la tête. Les dealers eux-mêmes lui fichent la paix. On ne cherche pas à fourguer de la came à quelqu’un qui lit Victor Hugo. - Et c’est ainsi que tu es devenu critique littéraire… Pas critique. Juste amateur de bonnes choses. Comme ce que tu écris, toi. Pas critique, mais agent, peut-être. Un agent littéraire d'un genre spécial. - Pourquoi crois-tu que ce que tu écrit est sans intérêt ? Pourquoi crois-tu que tu es sans intérêt ? - Parce que c'est vrai. Je ne suis qu'une vieille fille, qui n'a rien vécu de bien intéressant. Qui ne peut donc rien écrire de bien intéressant. La vie banale d'une secrétaire provinciale. D'une secrétaire provinciale damnée. Damnée ? Pourquoi dit-elle ça ? C'est stupide. je suis bien placé pour le savoir : même moi, Dieu ne m'a pas condamné aux flammes de l'Enfer. Je me demande quelquefois s'il n'aurait pas dû, mais le fait est qu'il ne l'a pas fait. Qu'a-t-elle bien pu faire, quel crime a-t-elle bien pu commettre, pour se croire destinée à brûler pour l'éternité, elle, si douce, si gentille derrière son apparence de sécheresse ? Je lui pose un baiser sur la joue. - Il ne faut pas dire des bêtises pareilles. Je t'aime bien, moi. Et j'ajoute, sans savoir pourquoi : - J'aurais bien aimé que tu sois ma maman. Deux grosses larmes se mettent à couler sur les joues pâles d'Aurore.
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Je n'ai jamais eu de vraie famille. J'ai grandi, plus ou moins, auprès de ma tante. La soeur de ma mère. Elle ne me parlait jamais de mes parents. Me manquaient-ils ? Je mentirai si je disais que non. Ils me manquent toujours. Ils me manqueront, je crois, jusqu'à la fin des temps. - Le repas te plaît, Jérémy ? - Oui, Madame. C'est très bon. Je vous remercie. Je suis tombé des nues lorsque les parents d'Eugénie m'ont proposé de passer mon week-end de sortie auprès d'eux. Je croyais dur comme fer qu'ils feraient tout leur possible pour m'éloigner de leur fille, et c'est le contraire qui se passe. Et je me retrouve, moi, l'enfant abandonné, à la table familiale de ces aristocrates. Je me retrouve, moi, le délinquant juvénile, à la table familiale d'un procureur général. D'un procureur général qui m'invite, après le repas, à le suivre dans son bureau. Qui me tend une grande enveloppe. - Tu aurais pu nous demander l'autorisation, avant de faire envoyer ton courrier chez nous. Il me parle en souriant, sans animosité. Plutôt complice. Il me tend un verre de tonic . - Tu n'ouvres pas ? - Je suis désolé, Monsieur. Je... Je craignais, en donnant l'adresse de la Résidence... - Tu as bien fait. J'aurais préféré que tu m'en parles d'abord, mais tu as bien fait. Et tu devrais ouvrir cette lettre. J'ai l'impression qu'elle contient de bonnes nouvelles. Les éditeurs n'envoient pas de refus dans des enveloppes A4. Il a raison. J'ai entre les mains un contrat. Un contrat d'édition, pour les nouvelles d'Aurore. J'ai envie de lui sauter au cou. Mais on ne saute pas au cou d'un Procureur général. Je bois une gorgée de tonic, plus pour me donner une contenance que parce que j’ai vraiment soif. Je n’ai jamais eu de rapports humains avec un membre du système judiciaire. Seulement des rapports de justiciable. De justiciable délinquant. Le procureur de Maupin n’est pas stupide, bien au contraire. Il perçoit mon malaise et, je crois même, le comprend. Je reste désarmé devant la gentillesse inattendue de cet homme dont tout me sépare. Une gentillesse qui, plutôt que de m’apaiser, fait monter en moi un terrible, irrépressible chagrin. Je tente en vain de refouler mes larmes, de maîtriser mes sanglots. Je voudrais rentrer cent pieds sous terre, cacher ma vulnérabilité. Je voudrais… - Tout va s’arranger, Jérémy. Je te le promets. Tout va s’arranger. Il peut bien me promettre tout ce qu’il veut, je sais bien, trop bien, que rien ne s’arrangera. Rien. Et jamais, jamais, de toute ma vie, je n’ai regretté autant qu’aujourd’hui de n’avoir pas de père.
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- Elle est furieuse. Elle m’en veut à mort. - Tu t’attendais à quoi ? A des remerciements ? - Oui. Ou peut-être pas. Mais pas à un tel déferlement de rage. Elle a voulu déchirer les contrats, en m’accusant de l’avoir trahie. Je ne l’ai pas trahie. J’ai juste voulu l’aider. Elisabeth pose une main qu’elle veut réconfortante sur mon épaule. J’ai envie de me débarrasser d’elle. Mais on ne se débarrasse pas aussi facilement d’un ange. Même en étant particulièrement désagréable. - Ma mission, Jérémy, est de m’occuper de toi. Et ta mission à toi, de t’occuper d’Aurore. Elle est furieuse, c’est vrai. Pour l’instant. Ca lui passera. Et tu pourras terminer ton travail. Terminer mon travail ? Je tombe des nues. Ne consistait-il pas à faire publier les écrits d’Aurore ? A transformer la vieille fille solitaire en écrivain à succès ? - Il consistait, et il consiste toujours, à lui permettre de vivre, et de vivre heureuse. Tu en as accompli une grande part, mais il n’est pas terminé. Pas encore.
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- Jérémy ? Elle s’assied à côté de moi. Sur le banc, au fond du jardin. Timide. Engoncée dans ses sentiments. Dans ses remords. - Je te demande pardon. Et moi, comme un imbécile : - Je n’ai pas montré tes écrits à Gonzague. Pas à Gonzague, mais au monde entier, par l’intermédiaire d’un éditeur. Si Aurore l’accepte. Elle peut toujours refuser de signer le contrat et, je le suppose, c’est ce qu’elle va faire. Je suppose à tort. - Je suppose que tu me prends pour une imbécile et pour une ingrate. Elle suppose à tort, elle aussi. - J’avais peur. Ca , il ne fallait pas être grand clerc pour le deviner. - J’ai toujours peur, mais j’ai décidé de sauter le pas, et de signer ce contrat. - Merci, lui dis-je, assez bêtement. - C’est à moi de te remercier, bien que je ne comprenne pas pourquoi tu as fait ça pour moi. - Parce que tu as du talent, et parce que je t’aime bien. Et parce que c’était ma mission. Ou du moins, une partie de ma mission. - C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour te rendre heureuse. Ou pour essayer, du moins. Je ne serai jamais heureuse. Je n’en ai pas le droit. - N’importe nawak. Tout le monde a le droit. - Non ! Elle s’énerve. Elle se fâche. Elle éclate en sanglots. Elle veut… non, elle ne veut pas parler. Ou ne peut-elle pas ? Ou est-ce trop dur de dire ce qu’elle a écrit, quelque part, au sein d’une de ses nouvelles ? Même à un enfant des rues ? - Non. Pas moi. Je suis un monstre. Un monstre criminel. - Tu n’as tué personne. - J’ai tué mon enfant. Elle l’a écrit. J’avais raison. « J’ai tué mon enfant… » la Salle Carrelée… page 54. - Tu n’as tué personne. - Tais-toi, Jérémy ! - Tu n’as tué personne. Tu n’as rien fait du tout. - Justement. Je n’ai rien fait du tout. - Tu avais quinze ans. - Et j’ai obéi. Et j’ai laissé faire. Je me suis laissée faire. - Tu avais quinze ans, tu étais enceinte d’un salaud, et c’est ton père qui a décidé de faire passer l’enfant. Pas toi. - J’aurais pu dire non. J’aurais pu m’enfuir. J’aurais pu. J’aurais dû. Je n’ai rien dit. Je n’ai rien fait. Je m’en souviens encore. J’étais malade, et j’avais peur. Ils m’ont allongée sur une table. Les pieds dans les étriers. Une table d’accouchement. Ils m’ont fait une piqûre. Et je les vois, les murs. Les murs carrelés, blancs, du cabinet de l’avorteur. Je les vois encore. Je les verrai toute ma vie. Mon enfant est mort ce jour-là. Mon âme est morte avec lui. - Elle n’est pas morte, Aurore. Elle n’est pas morte. Elle est enfouie, au fond de toi. Anesthésiée. Endormie. Comme moi, après un shoot d’héro. Pour ne pas penser. Pour ne pas souffrir. Elle peut se réveiller. Elle doit se réveiller pour que tu vives enfin, dans ce monde, et dans l’autre. Tu n’es pas damnée, Aurore. Tu es désenfantée. Et tu n’as pas eu le choix. Tu es tout sauf un monstre. - Quelquefois, je l’appelle… Adélaïde… je l’aurais appelée Adélaïde. - Alors prie-là. Prie Adélaïde. Là où elle est, elle t’entendra.
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- C’est bien, Jérémy. C’est très bien. - Non. - Si. Elle va pouvoir vivre, à présent. - Je sais. Plus qu’un, n’est-ce pas ? - Plus qu’un. - J’ai peur, Elisabeth. Je ne veux pas mourir. Elle me caresse maternellement la joue. J’ai froid, si froid. Si froid… Froid…
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- Jérémy ? Gonzague me secoue, me crie dessus. Me gifle même. Je ne peux pas répondre. - Jérémy, qu’est-ce que tu as ? Qu’est-ce qui t’arrive, bon sang ? Froid… - Jérémy ! Nathanaël, vite ! va chercher de l’aide ! Jérémy, petit frère ! Tiens bon. Tiens bon, petit frère ! Si froid…
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