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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 50: Projets
(par michele huwart, ajouté le 20/11/04 16:09)


J'avais posé le bol de ragoût devait lui. Il me remercia, souriant, un peu las. J'étais content de le revoir. Je n'avais pas besoin de lui dire. Il le savait, tout simplement.
- On m'a dit beaucoup de bien de toi, Morgil, finit-il par me confier.
- On n'aurait pas dû, répondis-je sombrement. Je fais ce que je peux, mais...
- Mais quoi ? reprit mon Seigneur. Tu es novice, tu fais ce qu'on te demande, et tu le fais bien. Le seul problème, peut-être, c'est que tu le fais avec trop de coeur. Trop... d'implication personnelle.
Je faillis me mettre en colère. Comment pouvait-il me reprocher une telle chose ! Je l'avais vu, lui, soigner les bobos des paysans au cours de notre périple. Et je l'avais vu s'occuper de Vaïn. J'avais vu son implication, sa joie lorsque mon ami semblait aller mieux, son chagrin lorsque tout semblait perdu.
- Je sais, en convint-il. Je sais. J'ai dit un jour à Vaïn que je n'étais pas en tout un exemple à suivre. En celà, vois-tu, je ne suis pas un exemple.
Je ne comprenais plus rien. Il avait fait de moi un guérisseur. Enfin, un apprenti-guérisseur. Parce que, selon lui j'étais doué...
- Tu l'es, mon ami, soupira-t-il. Et c'est normal que tu t'attaches à tes patients. Mais tu dois comprendre ! Certains de ceux dont tu dois, dont tu devras t'occuper, sont dans un état très grave. Ils peuvent mourir. Et s'ils meurent, ce n'est pas de ta faute.
- C'était ma faute pour Aldarion ! répliquai-je brutalement.
- C'était la faute de l'Orc qui lui a tiré dessus. C'était la faute de celui qui avait ordonné l'assaut contre nous. C'était MA faute, insista-t-il douloureusement, parce que c'était sous MON commandemant qu'Aldarion se trouvait. Mais certainement pas la tienne.
Il reprit, avec une grande douceur, cette fois.
- Tu perdras d'autres patients, mon ami. Surtout quand tu seras retourné auprès de ceux de ton peuple. Un Elfe qui tient le coup jusqu'au guérisseur est déjà presque sauvé. Pas un homme. Et ce sont les hommes qui auront besoin de toi.
- Les ...hommes ? hésitai-je.
Pour la première fois, peut-être, depuis que j'avais fait le choix de suivre mon Seigneur, je compris que nos routes devraient se séparer un jours. Ce me fit l'effet d'une brûlure au fer rouge.
- Vous voulez dire, insistai-je, que je devrai vous quitter ?
Il ferma les yeux un instant, prit ma main dans les siennes.
- J'avais à faire ici. Je suis en train de le faire. Mais quand j'en aurai terminé, je partirai. Je partirai pour un endroit où je ne veux pas que tu me suives. C'est un risque que je ne veux pas prendre.
Je faillis sauter sur mes pieds. M'en abstins, et déclarai.
- Je suis prêt à prendre tous les risques pour vous, Monseigneur !
Il me sourit. Tristement, il me sourit.
- Je le sais. Tu l'as déjà prouvé, sois en sûr. Mais ce risque-là, je ne veux pas que tu le prennes. Parce que je ne sais pas, pas du tout, ce que je trouverai, là où j'irai.
Il n'avait pas besoin de me dire où il comptait se rendre.
Je le savais trop bien.
J'eus soudain un pressentiment, un pressentiment monstrueux. Je tentai de le chasser. Je n'y parvins pas.
- Monseigneur... fis-je d'une voix cassée.
Il me fut impossible d'en dire plus.
Il serra affectueusement ma main, qu'il n'avait pas lâchée.
- je n'ai pas terminé ma tâche, Morgil, me dit-il, rassurant. Je suis ici, pour l'instant. Dans trois jours, je repartirai vers le Nord. Cette fois encore, je n'emmènerai pas Vaïn avec moi.
Je lui savais gré de cette attention. Même si je l'admettais difficilement, j'avais besoin de la présence de mon ami.
- Vous le laissez pour veiller sur moi ?
- Je le laisse parce que son accident l'a grandement affecté. Et pour veiller sur toi. Ou, plutôt, pour que vous veilliez l'un sur l'autre.
J'aurais pu être blessé dans mon orgueil.
Mais je lui dis merci.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.