Chapitre 51:
Souvenirs (9)
(par
Stéphanie, ajouté le 22/01/05 11:11)
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Elle respira âprement. « J’eus encore droit aux sarcasmes de Nest, mais ils ne me touchaient plus. Sans attendre qu’il ai fini son discours, j’ai pris ma pierre d’entre ses mains, me suis assise en tailleur, pour regarder dans le jeu de lumière. C’était beau. Il ne pouvait pas me toucher, s’il voulait briser mon Pont au plus vite. S’il me déconcentrait, je perdais le contact et devait tout recommencer. Alors il s’est tu, et as fait de même — en restant debout, pour me dominer malgré tout. Je suis arrivée plus vite que lui à la Porte, et je crois que ça l’a impressionné : il a hésité un instant avant de... détruire, mon Pont. Je ne peux pas te dire, Gwerel. Je ne peux pas. J’ai juste sentie des larmes couler, Kalia gronder, et la pierre est devenue terne, et j’ai eu... comme la tête enserrée. Je n’aurais pas pu me relever seule. C’est Kennen qui m’a aidé. Je n’ai pas bien compris ce qu’il a dit aux autres. Juste qu’il fallait qu’ils attendent avant de voir la fin de ma chute, à moins de vouloir ma mort. Quelque chose comme ça. Il m’a emmené je ne sais où, j’avais l’esprit trop embrouillé pour regarder mes pieds. Comment Kalia nous a suivi... je l’ignore aussi. Quelqu’un a dû la porter. Je n’arrêtais pas de pleurer. Je crois que des hommes de Nest nous suivait... J’ai entendu Kennen jurer. J’ai commencé à recouvrer ma vue dans une pièce tendue de vieux rose. Il m’a donné à boire, Eliséo était à la porte. C’était très fort, j’ai toussé pendant un bon moment. Après il m’a expliqué ce qu’il avait fait à notre départ, et comment les plans avaient été changés à cause de ma main. C’est un autre Guérisseur qui est allé au chevet de Valérian, comme ma mère était restée avec moi, mais il a fallu le mettre dans le sac, et ce n’était pas très prudent. Je ne le connais pas, Lou voit peut-être qui c'est. Il s'appelle Joki. Bref. L’affaire était réglée maintenant, Val prêt. Il fallait que je me remette, et que l’on voit encore quelques points. Ma théorie du retour des Karlën lui avait permis de réunir quelques pièces de visions qu’il n’avaient pas comprises. Il était maintenant persuadé que j’étais dans le juste. Et plus que jamais que je devais me rendre au Miroir de l’Etoile. Il me fit un plan rapide qu’il m’expliqua, avant de le mettre dans sa poche. « Je te le donnerai après. Tu attendras la nuit. Eliséo t'accompagnera jusqu’à un endroit où t’attendront tes affaires ; ta mère te préparera un sac avec le nécessaire. Il faut que tu retrouves ce Petit. Je ne sais pas ce que tu devras en faire, Deynussian, mais tu dois le retrouver. Physiquement. Et que tu passes au Miroir de l’Etoile avant de partir. Eliséo te conduira hors de la forêt. Il est bien ce petit, il connaît beaucoup de ruses pour passer sans être vu. Tu te sens d’attaque ? » Je ne me sentais pas d’attaque. Je ne me sentais pas bien du tout, mais je devais tenir. Alors nous sommes sortis, et des hommes de Nest attendaient effectivement au dehors. Eliséo ne sorti pas, lui. Je supposai que personne ne connaissait son existence. Nous sommes allés à l’Usgar, où le reste du Conseil s’était déplacé. Nous sommes dans une salle attenant au Puit de l’Automne. Ils étaient tous assis là. Nest manqua prendre la parole, mais Kennen le coupa, arguant qu’étant Maître des Miroirs, c’était à lui de parler en ces lieux et en cette heure. « J’exécuterai la sentence que vous avez exigé. Hors de vos regards, comme je l’ai demandé, car j’aurai suffisamment de mal à me protéger moi-même. Vous pourrez voir le résultat après. Mais jusque là, j’exige un silence absolu. » Et sans un regard pour eux, il ouvrit la porte du Puit de l’Automne, et Kalia et moi le suivîmes. Il commençait à faire soir, et le puit de lumière ne servait plus à grand chose. Sauf que pour ce qui allait se passer, c’était préférable. La grande vasque était remplie d’eau consacrée. Au fond était le Miroir de Val. Le mien était resté chez moi. Il me fit asseoir derrière un panneau de bois. La fontaine à mes côtés bruissait. Il enfila une tenue matelassée et un masque de fer, des gants bardés de fer eux aussi, et me fit enfiler une protection semblable par-dessus mes vêtements. « Je veux être à tes côtés. — C’est dangereux. — Je sais. Mais pour Val, je le dois. » Il hocha la tête. Il n’avait rien pour Kalia, par contre, et il la fit s’installer dans un coffrage de bois, dans un coin de la pièce. Puis nous nous mirent en face l’un de l’autre, autour de la vasque. Nous adressâmes une supplique à Daban, et une aussi à Mahra. Les mains de Kennen tremblaient. Il saisît un long stylet et un petit marteau. Les plongea dans l’eau. Il respira un long coup — et nous retînmes tous deux notre respiration. Il frappa un premier coup. Son stylet fut rejeté violemment. Il recommença, plus fermement. Je murmurai en continu une prière à Daban. Lui faisait de même, quoiqu’il m’était impossible de comprendre un mot, à cause des masques. Il recommença encore, et l’eau frémissait, de plus en plus... elle bouillonnait, et soudain, tout explosa, la vasque, le Miroir de Val, l’eau nous projetèrent au sol, dans un grand bruit. Les Bris, effilés, tombaient en une pluie qui aurait pu être meurtrière si nous n’avions étés protégés par nos tenues — et même encore, l’un d’eux réussi à atteindre Kennen à la cuisse. Nous avions hurlé. La porte du Puit avait été soufflée, et avait blessé au passage plusieurs membre du Conseil. Kennen se releva aussi vivement que moi, arracha son masque, et son visage faisait peur à voir, tant il semblait bouillir de rage et de haine. Il se mit à hurler : « J’ai exécuté votre volonté ! Sortez maintenant de l’Usgar où vous n’avez plus rien à faire. Voyez, les Bris sont là, Deynussian n’est plus en état de nuire à votre confort, et en tant que Maître des Miroirs, je vous ordonne de débarrasser le plancher ! » Les autres se relevaient. Nest s’approcha de moi pour m’arracher mon masque. « Tu fais moins la fière maintenant », persifla-t-il. « Jamais tu n’aurais dû t’opposer à ma volonté. » « J’ai fais ce que je sais être juste. Je ne regrette rien, seulement que vous soyez assez aveugle pour ne pas voir ce qui est devant vos yeux ». Je n’ai rien trouvé de mieux que lui cracher à la figure. Kennen s’interposa. « Cela ne siéra pas à votre statut de vous battre avec une jeune femme affaiblie par ce que vous lui avez déjà fait subir. Sortez. » Et j’éclatai de rire. À me faire mal. Tous les chocs additionnés, je suppose. Je n’arrivai plus à respirer tellement j’étais secouée — de spasmes violents plus que de rires, d’ailleurs. « Je m’occupe de la soigner. DEHORS !!! » Et il le saisit par l’épaule pour le pousser hors de la pièce, qu’il referma avant de s’élancer vers moi. Je n’arrivai pas à me calmer. Je pleurais en même temps que riais, je ne sais plus... Je crois qu’il est allé chercher Kalia, qui s’était retrouvée bloquée dans le coffrage. Il me fit monter dans une chambre, me donna encore à boire ce breuvage qui me faisait tousser, nous fis manger. Et puis, il me donna le plan. Et aussi... une des reliques du Guide. La Fourrure Bleue. Celle dont lui fit don son premier Prin’et’hao, avant de mourir en affrontant l’Eroc des Terres Noires. Je n’ai pas compris tout de suite qu’il me la donnait, je ne savais pas pourquoi il me la montrait. Je l’ai sur mes épaules en ce moment. Il me dit qu’elle me serait plus utile qu’au coffre où elle était enfermée. Je crois bien que j’étais trop dans les brumes pour me rendre compte de la valeur de son acte... et de tout ce qu’il impliquait. Et il me répéta encore que je devais aller au Miroir. Il fit venir Eliséo. « Les Eveillés veuillent que l’on se revoit, Deynussian. Et Ils savent toute l’estime que j’ai pour toi. J’ai confiance. Quoique tu ais à faire, tu le ferras de la meilleure façon possible. Tu en as la force. — Mais le courage ? Je n’en peux plus, Kennen... Plus. — Maintenant, oui. Mais il t’a été tissé un fil, et beaucoup convergent vers lui. Tu ne dois pas faillir. — Mais je ne suis pas prête ! Je ne suis pas prête, Kennen ! Je savais ce que je faisais, mais une grande partie de ma motivation était dû au fait qu’en le faisant, je m’opposais à Nest. Jamais je n’ai pensé avoir un destin particulier. Jamais je n’ai pensé que ça me conduirait là. — Mais aujourd’hui, tu es là, et ton chemin se trace. Tu dois le prendre. — Je le ferai. Je le ferai parce que je ne pourrai pas vivre la vie dont je rêve si je ne le fais pas. Je le ferai, mais je ne suis pas prête pour le faire. Je voudrais avoir du temps. — C’est un désir commun à tous. Nous n’en avons pas. Alors il faut faire comme on peut. Si je pouvais t’aider, Deynussian, crois bien que je le ferrai. Mais je ne peux guère plus. Tu trouveras une réponse... — ...au Miroir de l’Etoile. Depuis le temps... — Mais je le sais ! Je ne sais pas ce qu’elle sera, je ne sais pas si tu pourras la lire, mais elle y sera. — Pourquoi ne viens-tu pas avec moi ? — Parce qu’il faut quelqu’un pour perdre Nest quand il va chercher à t’avoir. Parce qu’il ne va pas te laisser en paix, et tu peux être sûre qu’il va se mettre à tes trousses dès qu’il aura vent de ton évasion. Lui seul sait pourquoi, d’ailleurs, parce que tu n’es plus censée représenter une menace pour lui, mais il le fera. Alors je lancerai des fausses pistes, mais il faut que je reste ici. C’est pour cette raison aussi qu’il faut que tu partes vite. Eliséo a toute ma confiance. Prend la Fourrure Bleue. Tu en connais les propriétés ? — Elle permet de passer inaperçu aux yeux des autres. — Entre autres. Elle régule aussi la température, est imperméable, ininflammable et suffisamment épaisse pour protéger des flèches lancées de loin. Pas pour le combat au corps à corps, je pense. Mais il n’y a personne à connaître toutes ses propriétés : depuis Finrian, nul ne l’a porté. — Elle a à peu près les même propriétés que notre fourrure, mais le Guide l’a traité de manière à lui apporter des protections particulières. Je ne sais pas lesquelles. — Pourquoi m’en faire don ? — Je te l’ai dit : elle te sera plus utile qu’au coffre. — Mais si quelqu’un réclame de la voir ? — Elle sera pour un moment en traitement chez un Maître Tanneur, pour vérifier que le temps ne l’a pas atteinte. Quand on découvrira son absence, tu seras loin, je l’espère. Maintenant, va-t-en. Eliséo te guidera. — Adorkea Kennen. — Adorkea. Les Eveillés te protègent. » Il me donna l’accolade, me posa la Fourrure Bleue sur les épaules et je parti avec Eliséo. Nous avons repris des passages secrets, l’Usgar semble en avoir plus que de pièces ouvertes, et puis nous sommes sortis dans un endroit que je ne connaissais pas. Il nous a mené à une cabane dans un arbre. Là se trouvait un sac, que ma mère m’avait préparé. Je n’ai pas pu lui dire au revoir. Dedans était mon Miroir. Il y avait aussi un mot à côté d’un onguent, que j’ai appliqué tout de suite sur ma main qui commençait à se faire sentir, en suivant les indications du papier. Et puis je suis redescendue de l’arbre, et j’ai suivi le tracé qu’avait fait Kennen, à la lueur d’une torche parce qu’il commençait à faire nuit noire. Je suis arrivée à l’entrée de la grotte. Je me suis purifiée à la vasque de pierre qu’il y avait à l’intérieur, et j’ai prié pour ne pas m’égarer dans tous les boyaux qu’elle contient. Je ne ressentais plus la même peur. Peut-être parce que s’y ajoutait ma peur des souterrains. J’ai compté les pas comme me l’indiquait le plan, en priant pour que les pas de Kennen correspondent aux miens, j’ai emprunté le boyau qui conduisait aux Harpes de Pierre. Autant faire les choses en grand. C’était impressionnant. Je n’avais que ma torche, et déjà j’étais soufflée par le spectacle : c’était vraiment des cordes de harpes de pierre, tendues entre le plafond et le sol, et tellement fines qu’un souffle aurait pu les briser. Elles chantaient. Il devait y avoir un courant d’air, je ne sais pas, mais il y avait un son continu et harmonieux qui émanait d’elles. Je me suis sentie d’un coup apaisée. C’était... grandiose. Il n’y a pas de nom. Je n’avais plus l’impression d’être sous terre, mais... je ne sais pas... ailleurs. Je me suis sentie... oui, vraiment libérée. Et j’avais l’impression d’entendre des murmures dans le chant des pierres, comme des voix qui chuchotaient entre elles, étonnées de mon passage. J'ai ralenti. J’ai fini par atteindre le Lac. J’étais tellement dans un état second que je n’ai pas été plus impressionnée. Je me suis approchée de l’eau. J’ai attendu que l’Etoile du Guide s’y reflète. J’ai éteint ma torche, pour pouvoir revenir sans tatonner. J’ai laissé la Fourrure sur une sorte de siège de pierre. Et j'ai plongé dans le Lac. En fait, je ne me rappelle même pas y avoir plongé, j'étais simplement... dedans. Pas la tête au-dehors, mais complètement immergée dans ces eaux bleu profond et en même temps lumineux. C’était étrange, cette lueur qui semblait sourdre quand j’étais sur la rive a gagné en... matière, au moment où j’étais dedans. Le bleu était sombre mais il faisait clair, et je n'avais aucune difficulté à me mouvoir dans l’eau ; je savais que mes muscles dépensaient beaucoup d'énergie pour descendre, mais je ne sentais rien qu'un calme paisible et reposant. Je respirai aussi, mais lors ce ne m'a pas étonnée outre mesure... Au fond du Lac, il y avait une lueur... C'est vers elle que je m'avançais, doucement, comme flânant, prise par le plaisir de me mouvoir dans un milieu qui me soutenait sans me contraindre, dans lequel j'avançais sans effort, et j'ai vu le fond du lac, ses cailloux gris et son sable... Je ne sais trop si la lueur émanait d'un caillou translucide et en même temps opaque, ou si c'était une étoile qui dormait en veilleuse, ou encore le reflet de l’Etoile du Guide sur une pierre, mais la lumière devenait plus brillante, sans jamais devenir agressive à l'oeil, toujours douce et tendre... Je m’en suis approchée, toujours plus, presqu’à pouvoir y poser la main, mais sans jamais oser le faire. Et puis... Il y a eu des images dedans. Des myriades d’étoiles, des rubans de couleurs, et puis... une forme, qui était enveloppée de la Fourrure que j’avais laissée au bord du Lac. Qui s’est retournée vers moi. Le Guide. Finrian. Les mêmes arabesques sur les mains et la joue, bleues comme... comme l’eau dans laquelle j’étais. Il m’a sourit, et m’a adressé un signe de main. Le même que celui que Kennen m’avait adressé au Louvier. M’a tendu la main, et je suis entrée dans la lueur. Me suis retrouvée à ses côtés. Sur les Chemins. Il était sur les Chemins, j’en suis sûre et certaine, mais comme je ne les avais jamais vus... beaucoup plus clairs, plus contrastés. Il m’a saisit les deux mains, m’a regardé dans les yeux... J’ai eu bizarrement l’impression de me trouver face à un miroir. Et puis il a posé sa main sur ma joue droite. Il souriait toujours. Il a enlevé la Fourrure Bleue, et m’en a revêtue. A refait le signe. Et tout s’est éloigné... Je me suis retrouvée l’eau à mi-cuisses, la Fourrure sur les épaules, dos tourné de là où j’étais venue. Vidée. Je ne sais pas comment je suis ressortie. Eliséo a eu peur en me revoyant. Je devais être... je ne sais pas comment. J'ai dormi un peu. Et puis nous sommes partis ; je devais marcher en dormant, je pense, je ne revois rien du trajet. Juste, à un moment, nous sommes passés sur un court d'eau, et j'ai vu mon reflet. Je ne me suis pas reconnue ; j'ai les mêmes arabesques que Finrian sur la joue et sur les mains. Du même bleu. Nous sommes sortis de la forêt au bout d'un temps... indéterminé. Plusieurs jours, sûr, mais combien... Je ne sais vraiment pas... Je ne suis jamais sortie de là, je perds complètement mes repères ailleurs... A la limite de notre domaine, Eliséo m'a laissée. Je suis partie avec la Fourrure Bleue, mon Miroir, le sac à médecine de ma mère, et le nécessaire de voyage. Je me suis risquée à une première excursion sur les Chemins après la destruction de mon Pont, pour retrouver la Petite que j'avais formé, et qui était inséparable de l'esprit-double. Je me suis guidée sur elle. J'ai dû aller très vite, mais je n'ai plus les mêmes capacités... Kalia me dit que c'est la Fourrure Bleue qui me donne des forces supplémentaires. Nous n'avons pas arrêté de marcher. Nous nous sommes séparées pour râtisser plus large, et je me suis rendu compte que d'autres Petits utilisaient des sortes de Chemins. Des Petits que je ne connaissais pas, du moins que par rumeurs. Des Brise-Ténèbres. Kalia s'est rapprochée d'eux. J'ai suivi la trace de la Petite. L'ai retrouvée, ainsi que le groupe qui l'accompagne. J'ai appris des Mémoires ce que je voulais, puis les aient endormies, pour ne pas qu'elles éventent ma présence. Et puis, j'ai senti un Innomable derrière eux. Alors, j'ai Cheminé pour avertir la Petite. Mais même Cheminer est différent maintenant, et j'ai dû y aller trop fort... elle a failli me faire repérer, et j'ai dû me montrer pour la soigner. « Je ne sais pas où je vais, Gwerel. Je ne sais pas. Il y a trop de choses nouvelles, et je n'ai pas le temps de me poser pour y réfléchir... Je suis fatiguée ; je crois que je vais m'allonger quelque part et dormir... Ne laisser que quelques filins pour m'éveiller si l'Innomable entre en activité... J'aimerais t'avoir avec moi, Gwerel... Juste te savoir là. Na runie, ni'o mèn... na runie. » Elle baissa la tête, resta un temps prostrée. Ses épaules tressautaient légèrement, comme si elle sanglotait, puis elle se leva péniblement. Le jour teintait un peu le ciel. Elle jeta un dernier regard aux Petits qui dormaient encore, et partit. |
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