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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 51: L'assaut
(par michele huwart, ajouté le 01/12/04 15:18)


Il faisait froid. Très froid. Et calme. Trop calme. Mon seigneur était reparti. Au combat. Et je continuais mon travail de guérisseur. A vrai dire, il n’y avait pas grand-chose à faire. Seuls les blessés les plus gravement atteints requéraient encore des soins attentifs. Les Elfes guérissaient vite, pour la plupart. Même Balan, dont j’avais assisté à l’amputation reprenait du poil de la bête. Et moi, je reprenais petit à petit confiance. Tout en me demandant malgré tout comment je réagirais lorsque je devrai soigner des gens de mon peuple. Plus, encore, quand je serais livré à moi-même.

Tout était trop calme. Lorsqu’un garde pénétra dans l’hôpital. Au bord de la panique.
- Ils arrivent ! cria-t-il. Ils ont réussi à s’infiltrer. Ils attaquent le camp !
Je fus étonné de la réaction de mes compagnons. Pas un ne perdit son calme. Et je ne le perdis pas, moi non plus. Je ceignis mon épée, et me dirigeai vers la porte. Balan m’interpella.
- Donne-moi quelque chose. N’importe quoi.
Je regardai autour de moi, aperçus une dague de chirurgien la lui lançai. Avant de rejoindre Vaïn. Qui se tenait, arme au clair, devant l’entrée de l’hôpital. Il me regarda, me sourit, eut un petit geste pour me dire « Tu vois, çà y est ».
Puis ils furent là. Ils furent sur nous. Et j’entrai dans la fureur du combat.
Je ne m’étais plus battu depuis longtemps. Depuis que j’avait cru laisser derrière moi mon passé. J’avais appris à sauver des vies. Non à en prendre. Mais, là, il me fallait en prendre pour sauver ceux qui étaient devenus les miens. Et moi-même, par la même occasion.
Ils n’étaient pas très nombreux. Suffisamment, pourtant. Et bien organisés. Jamais je n’aurais cru cela, de ces brutes dégénérées.
Mais ils se battaient bien…
Et je tentais de leur résister. De résister à un type trapu, à la figure recouverte de cicatrices. Un orc, la bave aux lèvres, qui avait peut-être été un Elfe autrefois. Et qui n’était plus qu’un ennemi. Un ennemi fanatisé…
Je parais ses coups, encore, et encore…
Et je glissai. Je vis la mort, la mort en face. La mort comme jamais encore je ne l’avais vue.
Lorsqu’une épée se retrouva entre celle de l’ennemi et moi. Et pas par hasard.
Je n’avais jamais vu Vaïn se battre. A vrai dire, je ne l’avais même jamais imaginé le faire. Il était trop différent de l’image habituelle qu’on se fait d’un soldat.
Vaïn… mon ami. Mon frère d’armes.
Lorsque j’eus repris mes esprits, il était tombé. A mes côtés. Pour moi.
Pour moi !
Je ne sais plus très bien ce qui s’est passé ensuite. Je me souviens d’avoir entr’aperçu un soldat prendre Vaïn dans ses bras. Pas un soldat. Un guérisseur.
Et je me souviens de la rage. Je me souviens du chagrin. Et de la haine, la haine absolue qui m’avait envahi.
Et des coups, des coups, et des coups encore. De mon épée tranchant dans les chairs. Du sang noir sur mon visage, sur mes mains.
Et du silence. Du silence après la bataille. Qui me laissait hébété, assommé.
Je lâchai mon épée. Me laissai tomber à genoux.
Dans le silence surréaliste …

J’entendis une voix. Une voix comme assourdie… lointaine…
Je me rendis compte que quelqu’un me parlait. Que quelqu’un me parlait depuis un bon moment, déjà… Je tentai d’écouter. De me rassembler…
- Ton ami a besoin de toi.
Je fermai les yeux. Les rouvris. Vis un soldat à côté de moi, dans la brume. Sauf qu’il n’y avait pas de brume. Il me tendit un bras secourable. M’aida à me relever.
- Ton ami a besoin de toi, Morgil, répéta-t-il. Valarion. Tu es guérisseur. Il a besoin de toi.

Je m’ébrouai. Je m’ébrouai comme un chien. Vaïn avait besoin de moi. Et s’il avait besoin de moi, c’est qu’il était vivant. Qu’il était vivant !
Je vacillais. Mais je courus pourtant. Je courus vers l’hôpital de campagne. Je courus aussi vite que mes jambes me le permirent, des larmes plein les yeux.
Un garde me barra l’entrée. Me regarda d’un air réprobateur. J’avais envie de le frapper. Mais il me désigna un baril d’eau. Et je compris qu’il avait raison.
Je me débarbouillai comme je pus. Et j’entrai en silence.
Et quelqu’un me mena à la table de pierre…


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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.