Chapitre 52:
L'opération
(par
michele huwart, ajouté le 02/12/04 13:02)
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Vaïn, à demi-nu, était allongé sur la table de pierre. Un guérisseur se tenait à son chevet. Un soupir de soulagement franchit ses lèvres lorsqu’il me vit. - Morgil, me dit-il. Enfin. Je vous laisse ma place. Je le regardai, horrifié. Puis mes yeux se reportèrent sur mon ami, et je fus plus horrifié encore. Car si la blessure à la poitrine que j’avais crue mortelle saignait beaucoup, elle n’était en fait qu’une simple estafilade. Mais son bras, son bras droit… Il était à moitié coupé. L’os à nu. Le coude écrasé, sans doute par une masse d’armes… - Non, murmurai-je. Puis plus fort : - - ne me demandez pas de faire çà. Car il n »’y avait qu’une seule chose à faire. - Il le faut, me rétorqua fermement l’Elfe. Il le faut. Il ne veut pas de notre aide. Il vous veut, vous. Moi ! C’était de la folie. De la folie pure. Je le dis. Je le criai, même. Je le hurlai. Je n’étais qu’un novice. Un débutant. Pas même quelqu’un de leur peuple. Rien qu’un homme… Je hurlai, sans entendre ce que les autres tentaient de me dire, pris de panique. Je l’entendis, pourtant, même si sa voix n’était qu’un souffle. Je l’entendis. Vaïn. Mon ami. Mon meilleur ami… - J’ai confiance, disait-il. J’ai confiance en toi. Je voulais le détromper, lui dire qu’il avait tort. Qu’il devait s’en remettre…. - Je ne le supporterai pas, d’un autre, m’avoua-t-il alors. Je t’en supplie, Morgil. Ses yeux verts emplis de souffrance m’imploraient. Je jetai un regard désespéré au guérisseur. Qui pour toute réponse n’eut que ces mots : « Vous m’avez vu faire, mon garçon. A votre tour, maintenant. Je lui ai donné une potion sédative. Il s’endormira bientôt. ». Et il partit. Il partit s’occuper d’autres blessé, me laissant seul avec un soldat qui était censé m’assister. Et Vaïn. J’avais les yeux pleins de larmes. Mais je ne pouvais pas pleurer. Je devais rester lucide. Je les essuyai, rageusement. J’embrassai tendrement le front de mon ami, qui avait sombré dans l’inconscience. Et je commençai… Quand ma dague trancha les chairs de Vaïn, je crus qu’elle entaillait les miennes. Oh, par Eru tout puissant, je ne pouvais pas flancher. Je crus que j’allais défaillir, pourtant, lorsque, réveillé par une douleur trop forte, trop insoutenable, mon ami ouvrit les yeux tandis que j’attaquais l’os. Lorsqu’il hurla, avant que mon assistant bénévole ne place une branchette dans sa bouche. Pour qu’il puisse mordre. Avant de s’évanouir. Je ne pouvais pas me laisser distraire. Je devais continuer. Et c’est ce que je fis.
Plus tard, des Elfes m’aidèrent à transporter Vaïn, bandé de frais et toujours inconscient, vers un lit propre. Je le couvris chaudement, protégeant son moignon du frottement des draps au moyen d’une cage en osier. Je l’embrassai.
Puis je sortis. Je vomis. Et je fondis en larmes.
Quelqu’un vint me chercher. D’autres étaient blessés. Avaient besoin de mon aide. Alors, je retournai à mon devoir.
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