Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 55: Retrouvailles
(par michele huwart, ajouté le 12/01/05 18:39)


Je me réveillai spontanément. Il faisait clair. Donc, il était tard. Je me sentais confus. Je me sentis plus confus encore lorsque je remarquai une miche de pain frais, ainsi qu’une cruche d’eau fraîche au chevet de mon lit. Ce qui ne m’empêcha pas de dévorer. Malgré le ragoût de la veille, j’étais affamé. Je n’avais quasi rien avalé depuis l’attaque du camp. Depuis… Cette pensée me serra la gorge à nouveau. Je fis cependant l’effort de terminer mon repas. Par respect pour celui qui, je n’en doutais pas, me l’avait fait porter. Et avait sans doute ordonné qu’on me laisse dormir tout mon saoûl !
Après une toilette sommaire dans l’hiver glacial, je me dépêchai vers l’hôpital de campagne. Le cœur serré. Inquiet. Inquiet pour Vaïn, bien entendu. Mais aussi, et égoïstement, pour moi-même. Pour notre amitié. J’avais eu trop peu d’amis, dans ma vie, pour ne pas tenir, plus que raisonnablement sans doute, à ceux que j’avais. A ceux pour qui je comptais, ou j’avais compté, moi qui en étais si peu digne.
La première chose que je vis en entrant, ce fut mon Seigneur. Occupé à changer le pansement d’un blessé. Puis à lui parler, à tenter de le réconforter. A faire mon travail, en quelque sorte. Enfin, si je puis dire. Car comment comparer ce dont j’étais capable, moi, guérisseur novice, et ce qu’il pouvait faire lui ? J’eus pourtant l’impression qu’il me « volait » ma place. Alors que ce n’était de toute évidence pas ce qu’il désirait…
Il m’aperçut. Me fit signe d’approcher. J’obéis.
- Cette fois encore, me dit-il, je dois te féliciter, Morgil. Tu as fait du bon, du très bon travail.
Je crois que je rougis. Je balbutiai des remerciements.
- Je vais prendre ta place, aujourd’hui, continua-t-il. L’Etat Major n’a plus vraiment besoin de moi, maintenant. Même si je compte partir une dernière fois en mission. Ed’ a les choses bien en main. Il fera un bon commandant en chef… Je veux dire, se reprit-il, le Seigneur Edrahil. Je peux me permettre de rester un moment avec ceux qui souffrent. Va prendre soin de celui qui t’est cher, mon ami. Je crois qu’il a besoin de toi.
Je le remerciai. Emu. Et anxieux, pourtant.
- Vous en êtes sûr, Monseigneur ? demandai-je, presque timidement. Il me semblait faire plus de mal qu’autre chose à Vaïn depuis… ces derniers temps.
Il tenta de me rassurer. Me certifia que la scène à laquelle il avait assisté la veille prouvait tout le contraire.
- Va, Morgil. Il a besoin de toi. Et profites-en pour dire à Garion d’aller se reposer. Que c’est un ordre de ma part.

J’allai, donc, le cœur toujours serré. J’allai rejoindre Garion au chevet de Vaïn. Mon ami dormait. Paisiblement, semblait-il. Ce qui me fit plaisir. C’était la première fois que je le voyais paisible depuis l’opération. Depuis qu’il avait été blessé dans la bataille en s’interposant entre ma mort et moi… Pour moi, songeai-je encore. En valais-je la peine ? Non, me semblait-il. Mais je compris soudain qu’il me fallait, désormais, en valoir la peine. Etre digne, non seulement de l’amitié de mon Seigneur et de Vaïn, mais du sacrifice de ce dernier.
Je tirai un tabouret auprès du lit, m’assis. Garion leva les yeux, me fixa de son œil unique. En silence. Je n’osai rien dire, moi non plus.
- Morgil, fit-il finalement d’une voix rauque. Morgil. Je ne sais pas si je dois t’embrasser, ou te casser la figure.
Je baissai la tête. Lui répondit qu’à mon humble avis, et je le pensais vraiment, il valait mieux qu ‘il me casse la figure.
Il eut un petit hoquet triste. Caressa tendrement la joue de son beau-frère endormi.
- Cà te ferait du bien, sans doute. Que je te casse la figure. Mais il ne veut pas, lui.
Il engloba Vaïn dans un regard rempli d’amour.
- Il ne veut pas. Donc, je lui obéis. Il m’a parlé, cette nuit. Longtemps. Il s’en veut. De son attitude à ton égard. Bien que moi, je la comprenne. Il s’en veut, et il m’a supplié de te demander pardon. Il craint de le faire lui-même. Il a honte.
Je secouai la tête. Honte, Vaïn ?
- Je lui ai pardonné depuis longtemps, répondis-je, enroué. Il n’a pas à avoir honte. Toi non plus, de m’en vouloir c’était…
Garion m’interrompit.
- Je ne t’en veux pas. Enfin, je t’en veux sans t’en vouloir. C’aurait pu être moi, à ta place. Ou le Capitaine, pour l’opération. Je suis juste… mal à l’aise. C’est la guerre, Morgil.
Il eut un nouveau geste d’affection envers mon ami.
- Par les Valar, gémit-il, que je la hais, cette guerre !

Vaïn s’éveillait doucement. Sans s’agiter, contrairement aux jours précédents. Il m’aperçut, tendit vers moi sa main valide, sa main unique. Je la pris, et la serrai contre mon cœur.
- Morgil, murmura-t-il. Mon ami. Enfin.
Il grimaça une ombre de sourire, que je n’eus pas la force de lui rendre.
- Pardonne-moi, si tu le peux, continua-t-il de sa voix douce. J’ai été… j’ai été infect envers toi.
J’eus un geste qui voulait dire que cela n’avait pas, n’avait plus d’importance. Je le rassurai du mieux que je pouvais.
- Peux-tu rester un peu ? Je sais, je suis très exigeant, et bien d’autres ont besoin de tes soins, mais…
- Je resteras autant que tu le voudras, mon ami, répondis-je. Quelqu’un s’occupe de mes patients à ma place, aujourd’hui, et sans doute bien mieux que moi.

Voir le chapitre 55 sur 67



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.