Chapitre 6:
L'Entraînement des Corubiers
(par
Stéphanie, ajouté le 03/07/03 17:40)
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Trois jours s’étaient passés. Lidec s’était remis et Erellig s’était préparée. Leur discussion avait été houleuse, étant aussi têtus l’un que l’autre, mais Erellig avait finit par remporter le morceau. Il n’empêche qu’elle n’était pas convaincu du bien-fondé de cette requête. Il y a des choses qu’il vaut mieux ignorer ; et si les Ethérés avaient refusé la demande de Lidec, ils devaient avoir de très bonnes raisons. Elle ne craignait pas l’Echec ; elle était l’Adepte la plus douée depuis Airell, dont la Pierre reposait depuis plus de 250 ans dans la Salle des Mémoires. Non, ce qu’elle craignait, c’était les possibles révélations que les Ethérés allaient faire, et l’effet qu’elles pourraient avoir sur la santé mentale de Lidec.
Ils étaient tous les deux partis de bonne heure le matin et avaient revêtu leurs tenues : Lidec le même justaucorps que la fois dernière, Erellig un collant et un bustier vert mousse, avec des rubans vert-saule, mettant en valeur ses yeux étonnement verts.
Ils débouchèrent dans la Clairière au moment où le soleil se levait. Le silence était doux à entendre, et la lueur joyeuse du soleil accentuait celle qui nimbait la Clairière aux yeux d’Erellig. Un havre de lumière, et pourtant ils n’étaient pas aveuglés. Lidec s’assit jambes croisées sur la Pierre Centrale, Erellig s’assouplit avant d’inspirer profondément. L’Entraînement des Corubiers était le plus difficile et le plus éreintant, et nécessitait une longue préparation. Elle centra ses énergies en elle-même, et l’Entraînement commença.
Les mouvements d’Erellig étaient d’abord lents, très lents, comme un jeune arbrisseau déroule ses branches et s’étend vers le soleil après la nuit de la terre. Et petit à petit, les arabesques qu’elle traçait se faisaient plus vives, plus rapides, ses bonds plus élevés, plus spectaculaires.
Lidec la regardait, muet d’admiration. Les vagues traits de lumière qu’il parvenait à apercevoir étaient pour Erellig des tourbillons d’étincelles qui suivaient le moindre de ses mouvements. Ses rubans, comme ses gestes s’accéléraient, agglutinaient sur eux des paillettes de lumière, et Lidec finit par la voir telle une statue illuminée et luminescente. Erellig fut bientôt atteinte par un Ethéré. Elle s’immobilisa alors, luisante au soleil, à la fois au-dedans et au dehors. Et Lidec, impressionné par tant de clarté, extirpa avec peine la question qui auparavant lui brûlait la gorge ; il ne parvint à sortir qu’un bruissement rauque et dû répéter une seconde fois sa question. Après un long silence, la réponse tomba comme un coup d’épée.
« Tu es ton propre père. »
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