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PAIMPOLEVALA, ou l'affligeant constat de la fongibilité transversale du Marrissement d'Arda (et ses amusantes conséquences)

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 6: Samedi 8 mai, début et fin d’après-midi...
(par ISENGAR, ajouté le 14/05/04 08:21)


Après un solide barbecue arrosé honnêtement –car la conscience angoissée du déclin des réserves de gnôle du père Vinchmor commençait à trotter dans les crânes de certains– on paressa un peu devant la démonstration des demoiselles Laegalad et Kendra, aussi habiles à la flûte qu’au chant. Elles préparèrent un terrain poétique et agréablement celtique parfait pour le lai récité par le talentueux Moraldandil. Un lai dont Gawain le marri fit le honteux et scandaleux plagiat évoqué ci-avant…
Cet interlude délicieux au milieu du marrissement général prit, hélas, brusquement fin lorsqu’on décréta de faire une photo de groupe. Sombre idée : la harde hagarde se rassembla sans finesse et se laissa mitrailler par les appareils photos successifs comme s’il s’agissait ici d’une équipe de foot en partance pour une hasardeuse coupe du monde asiatique…
Et on fait le beau, et on se marche dessus, et on se retourne pour discuter ou bien on se frotte les yeux au moment du flash… tandis qu’au milieu du bordel, Satan, imperturbable, conserva sans ambiguïté la même position : genoux droit sur le sol, main gauche à moitié ouverte sur le signe de ralliement des adeptes du Marrissement d’Arda, tête et visage camouflés par une noire capuche.

Les photos enfin prises –moment irrésistible ! A mourir de rire… A moins d’être complètement coincé dans sa tête et dans ses fondements (Message personnel : Alfonso, si tu nous regardes…)– on décida de partir à la recherche des falaises de Paimpol...
Szpako, en pleine forme, s’était éveillée à l’heure où les grands-mères sont installées devant les Feux de l’Amour. Elle prit courageusement sur elle de conduire la pitoyable légion des tolkiendili (qui ne songeait qu’à faire une bonne sieste réparatrice) dans cette promenade au fil de l’eau pleine de promesses.

Pleine de promesses et de douleurs...

Voyez Irulan, déjà épuisé par une courte et bruyante nuit, chargé par la partie du groupe la plus lente de partir en éclaireur pour faire le lien avec la troupe des plus rapides afin que personne ne se perde... bien que ses jambes fussent lourdes et son souffle court, il accomplit sa tache héroïque tel le pauvre soldat chargé d’annoncer à l’Aréopage d’Athènes la victoire des Grecs à Marathon. On connaît l’issue glorieuse mais fatale de la célèbre course du fameux hoplite... Mais Irulan, bien qu’ayant tout juste survécu, fut à peine remercié et reconnu pour ce geste épique... « C’est nul !! » précisa-t-il…

Voyez Isengar, qui accompagna un temps le pauvre Irulan dans cette quête. Bien moins endurant que son compère de souffrance, auto-persuadé de maîtriser à donf tous les secrets de l’art de la promenade, il trouva le moyen de s’égarer dans un maquis paimpolais qui, rappelons-le, ne possède qu’un seul et unique chemin...

Voyez Melo-Dye, avançant chancelante sous le poids énorme d'un manteau de cuir de Mûmak et essayant de corrompre ses co-randonneurs masculins, Elwe, Gurth et Gawain afin qu’ils confectionnent pour elle un salvateur palanquin improvisé d’où elle pourrait sans efforts contempler le paysage tout en s’en grillant une au soleil...

Voyez Hiswelókë, alias Dongann le sans-bonnet. Convaincu de la rassurante épaisseur du cuir de dragon, trop habitué peut-être à la fraîche brume dont il sait habituellement entourer ses mystères, il fut victime d’un bombardement hostile de rayons solaires juste sur le sommet du crâne. Ironie du sort, ce couvre-chef inédit donnait désormais à ce mécréant notoire l’allure d’un authentique cardinal breton...

Voyez à nouveau Irulan, en short, les jambes rougies et tuméfiées par la caresses des ronces et des orties, qui explosa ses sandales sur les obstacles mesquins du trajet tortueux. Contraint de finir la promenade –et le séjour– nu-pieds, il grommela un énième : « C’est nul !! »

Voyez le pitoyable cortège, enfin, et tous les discrets qui souffrirent en silence, tel Pierre, Tirno, Elodie, Arathorn, Romaine, Yyr, Laegalad, Jean, Sylvie... tous partis soudés et chantants, ils se retrouvèrent dans une caravane miséreuse, effilochée sur plusieurs kilomètres, scandant avec aigreur « Chacun pour soi, et Satan pour tous ! » et cherchant encore en rêve –et en cauchemar– la fameuse falaise de Paimpol...

Voir le chapitre 6 sur 14



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.