Chapitre 6:
Dimanche, episode I
(par
Giligili, ajouté le 23/09/04 18:43)
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Tôt ce jour-ci, alors que les tolkiendili étaient encore emmitouflés dans leurs sacs à viande, certains étant même à peine couchés, à l'heure où les trolls se pétrifient (rooooh l'apôtre! il se plagie lui-même!), nous eûmes à affronter dans notre sommeil le premier départ d'un tolkiendil, le sieur Edrahil lui-même, qui s'en retournait furtivement, comme pour s'excuser ne pas rester plus longtemps. C'est ainsi que l'un des derniers arrivés fut le premier parti, et ça c'est quand même pas de pot! Le pauvre s'en retournait à ses maths, sa physique et sa maudite prépa... Encore maintenant, je le plains en connaisseur... Edrahil nous a quand même, durant son passage parmi nous, épargné le déplaisir d'une conversation surchargée de sciences. Sans doute avait-il été quelque peu refroidi par notre menace de le suspendre à un arbre au-dessus d'un buisson de ronces, dans lequel on l'aurait plongé à chaque allusion mathématique...
Des rôlistes de la nuit, je me trouvai, chose incongrue s'il en est, le premier debout. Ma réputation risque sans doute d'en pâtir, mais bon... Qu'il en soit ainsi, j'en ai d'autres de rechange! Après un bon petit déjeuner, gurth avisa un drôle de bouquin sur une table, dont il fit la publicité dans le chapitre précédent (publicité du bouquin, pas de la table!). Ce livre s'intitulait Everworld, de K. A. Applegate, un chef d'oeuvre de la littérature que nous narra aussitôt Hiswelokë, parcourant les pages à la recherche d'un passage croustillant. Le quatrième de couverture, sous ses mots ailés, donnait le ton : un mot sur cinq était écrit en rouge pour accrocher le prépubère, des mots comme "maudit", "mort", "danger", "peur" et "quiche lorraine", que notre fameux dragon pronoça d'une voix rauque d'outre-tombe au milieu d'une lecture normalement constituée. Morceaux choisis dans le livre intra-couverturos (c'est de l'à peu près) : "la femme qui l'avait subjugué quand il l'avait vue de profil était très laide vue de face" ou bien cette remarque d'un des personnage : "cette ceinture et te va bien : elle fait ressortir la courbure de tes fesses!"
Hors donc après avoir bien rigolé, il était tant de passer aux choses sérieuses et de parler de Tolkien. Lambertine nous lut un fort intéressant essai sur la royauté et sa légitimité en terre du milieu. Puisse cet article être bientôt sur le site! Puis ce fut au tour de Moraldandil de nous livrer son essai. Il était au moins deux fois plus long que celui de Lambertine, et il était en plus incomplet : toute la partie concernant Tolkien manquait! Le rustre! Il ose nous livrer quelque chose d'incomplet! Nous servions de répétitions! Quand je pense que j'ai répété mon conte plusieurs fois et que je l'ai même envoyé, avant d'aller en Belgique, à Kendra, après qu'elle m'eut supplié, appelé "maître" et promis de devenir mon esclave, jurant sur son tube de dentifrice que je pourrai faire ce que je voudrai d'elle! (A ce propos, j'aimerais que les lecteurs me servent de témoins, pour que Kendra n'oublie pas de tenir parole!) Mais revenons au texte de Moraldandil, qui traitait des motivations de Tolkien, et, en ce qui concernait la partie lue, du romantisme. Le sournois se plut à nous dérouter avec des mots barbares dont nous étions bien incapables de vérifier la véracité. En effet, comment pouvions-nous savoir que tel livre s'intitule "Figörberang" en danois, "Figaerberung" en suédois, "Figörberung" en allemand et "Fischtrötanung" en poméranien du Ve siècle? Moraldandil dut, vers trois heures de l'après-midi, prêter attention aux estomacs gargouillant de son auditoire et accélérer son essai... Néanmoins, en ce qui concerne votre humble narrateur, il aurait voulu en savoir un peu plus sur tout cela, aussi demanda-t-il à notre fameux linguiste s'il n'était pas possible de faire deux essais différents, dont un exclusivement sur le romantisme. Moraldandil me lança un regard horrifié.
Puis ce fut l'heure du repas de midi, à trois heures passées. Nous étions en progrès... L'on s'aperçut alors qu'une certaine salade de pommes de terre se trouvait vraiment en trop faible quantité, nottament lorsque Hiswelokë, à la recherche d'un saladier non encore vide, se tourna vers nous et nous demanda, désignant les miettes de salade qui restaient, si on en prenait encore. "Vas-y! lui répondis-je, finissant ma troisième assiette et voulant poliment éviter de passer pour un goinfre. - Non, non, si vous en voulez encore, prenez-en! qu'il me sortit. - C'est bon, j'en ai déjà repris deux fois! - Oui mais moi ce serait pour emplir ma quatrième assiette!" Horrifiés, nous nous jetâmes alors sur le saladier comme des morts-de-faim... |
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