Chapitre 6:
Le secret de la Tour
(par
Donald, ajouté le 10/08/05 20:52)
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La tour de l’aube se dressait intouchable à l’horizon. On l’appelait ainsi parce qu’elle apparaissait brillante de mille feux dès l’instant que les premiers rayons de soleil la touchaient. Et dès que la lumière s’effaçait, elle disparaissait aussi subitement qu’elle était apparue. La légende voulait qu’elle renferme un trésor plus précieux que la lumière du soleil. Mais encore fallait-il réussir à l’atteindre. Il y avait un ranch d’éleveurs de chevaux dans les immenses pleines du sud qui s’étendait infiniment tel un océan vert. Les jeunes cavaliers de ce clan avaient tous le regard tourné vers l’extrême sud, là où dans le désert de sable apparaissait la mystérieuse tour. Alors chevauchant leurs fidèles montures qu’ils avaient élevés depuis leur plus jeune âge, ils se lançaient sur cette mer de sable dans le but d’arriver avant que l’obscurité ne leur enlève la tour. La plupart se lassait avec l’âge de cette quête impossible. Nombreux étaient ceux qui avaient tenté les ruses les plus folles, tel que chercher la tour à la lueur de la lune; Ou attendre dans le désert même, que le soleil se lève. Mais d’aucun ne réussissait à la trouver une fois la nuit tombée ; et à ceux qui passaient la nuit dans le désert elle apparaissait toujours aussi lointaine au petit matin. La vieille du solstice d’été, comme tous les jours Taly perché sur le grand arbre du ranch observait la tour lointaine. Le lendemain ses frères et cousins allaient tous se lancer à la recherche de cette bâtisse magique, profitant de ce jour exceptionnellement long. Taly était la dernière-née du clan et n’était pas encore en âge de s’occuper de son propre cheval. Elle enviait les autres jeunes du clan et aurait donné n’importe quoi pour partir avec eux. C’était une jeune fille de caractère aventureux et téméraire. Elle ne supportait pas d’être mise à l’écart. « Ne sois pas si triste Taly. Ton heure viendra bien assez tôt et bientôt tu seras déjà ennuyé du jeu sans fin de la tour. Je me souviens du jour de ta naissance, l’orage grondait au Nord et le ciel avait des teintes rouges-orangé. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque qu’en grandissait tes cheveux prennent cette couleur rousse écarlate. Tu as bien grandit depuis, alors prend patiente petite fille. En attendant, je vais t’enseigner un petit secret. N’oubli jamais cet air. Il est magique. » L’homme qui se tenait aux pieds de l’arbre de Taly n’était autre que le légendaire Romani, le charmeur de chevaux sauvages, chef du clan et maître du ranch. Il se mit à siffler quelques notes qui bien que simple semblaient renfermer un grand pouvoir. On racontait que d’un simple murmure, il parvenait à maîtriser les étalons les plus féroces et violents. Aucun cheval aussi sauvage soit-il ne lui résistait. Taly reprit l’air d’un sifflement agile et assuré comme si elle l’avait connu depuis toujours. Son regard et celui de Romani se croisèrent et leurs yeux d’un bleu identique brillèrent d’un même éclat, complice. Taly passa le reste de la journée qui tirait maintenant à sa fin, à siffler dans le vent confortablement installée aux creux de son bel arbre. C’est ainsi qu’elle fit la connaissance d’un jeune poulain fougueux. Il galopait fier et droit aussi rapide que ses aînés. Le sang des mythiques chevaux d’antan coulait vif dans son corps neuf. Taly ne sut dire si ce furent les notes magiques qui le charmèrent, mais lui qui était avec les éleveurs du clan aussi arrogant et imprévisible qu’un dragon, s’approcha d’elle docile et amical. Après quelques minutes passait ensemble, Taly se décida à tenter de le chevaucher. A son grand étonnement, il se laissa faire et ils firent quelques rondes dans le domaine de Romani. A la tombé de la nuit ils étaient déjà liés par une confiance mutuelle. La jeune fille lui chuchota finalement à l’oreille son désir de trouver le secret de la tour. Il acquiesça d’un hochement de tête et avant de rentrer au ranch ils regardèrent une dernière fois le sud où caché quelque part était un fabuleux trésor. Le lendemain au petit matin, Taly et sa monture se tenaient près, en secret loin des autres cavaliers. La tour apparut enfin, comme promis et attendu, tel une perle incandescente coincée entre le bleu du ciel et le jaune du désert. Ils se lancèrent immédiatement dans une chevauché infernale sur le sable flamboyant. Les sabots du jeune poulain ne semblaient jamais toucher terre comme volant sur un nuage de poussière rouge et jaune. La course contre le soleil, qui de l’Est montait très haut dans le ciel pour ensuite redescendre à l’Ouest, semblait infinie et le but brillant au sud était toujours aussi loin. L’étalon de la jeune cavalière, fidèle à ses nobles origines, ne fatiguait pas. Et alors que tout semblait perdu et irréalisable, il accéléra dans un dernier espoir encouragé par Taly. Elle se tenait devant eux, pareil à un mirage, une illusion de la chaleur des lieux. Elle était d’une géométrie parfaite témoin de l’art des Grands Elfes, construite avec des pierres d’un or pur, miroitantes et éblouissantes. D’une hauteur presque démesurée elle semblait atteindre les cieux. L’astre roi tirait déjà sa révérence et dans quelques minutes laisserait place à sa reine nocturne. Taly descendit de son cheval et laissant l’animal dehors elle entra dans la tour de l’Aube. Après avoir passer le seuil de la porte elle se retrouva immédiatement au sommet. Elle n’y trouva qu’un étrange objet de cuivre, posé sur socle en pierre dirigé en direction du sud-Ouest, une lunette astronomique à travers laquelle elle put observer un événement tant rare que merveilleux. Le soleil croisa la lune, instant magique d’un mélange impossible entre la lueur de l’argent et la lumière de l’or. Les deux amants retrouvés ne purent contenir les larmes qui coulèrent en une pluie d’étoiles filantes. Mais au moment suivant à nouveau ils étaient séparés pour l’éternité ou presque… Ainsi rentra Taly au ranch, plus heureuse que jamais que la tour de l’Aube lui ait révélé le terrible secret des cieux chagrinés, qu’elle raconta à son cheval curieux de savoir. Bien entendu elle ne glissa mot à ceux du clan mais Romani vint la voir et sans un mot la félicita d’un clin d’œil nostalgique. |