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Conte d'Hiver a Sombreval

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 6: Changements
(par Saivh, ajouté le 11/01/06 19:17)




Tous les jours, comme un automatisme auquel elle ne pouvait pas resister, Gayette retournait a la clairiere et au bord du lac. Elle s'etait habituee au loup et a la presence des autres qui restait pres des arbres et n'etaient plus les ombres qu'elle devainait derrie le feuillage. Elle s'etait aussi habituee a la silhouette et aux yeux verts qui restaient, comme les loups, pres des arbres, sans bouger, a la regarder. Le jour, au bord du lac, elle etait soulagee de constater qu'il ne faisait pas mine de bouger, voire de s'approcher. Et la nuit, ses reves etaient hantes par les deux disques sombres.

Le temps ne semblait pas s'ecouler en suivant une logique particuliere. Tantot elle revenait a Sombreval ce qui semblait etre quelques minutes ou une heure a peine apres son depart, tantot elle ne revenait qu'a la nuit tombee ou presque. Mais jamais elle ne revint aussi tard que la premiere nuit et il n'eut plus besoin de lancer de nouvelles recherches au flambeau.

Au bout de plusieurs visites au lac, Gayette eu de plus en plus de mal a se readapter au village. L'angoisse d'une remarque, meme anodique, le tenait au ventre. Elle craignait sans cesse que quelqu'un ne la suive ou decouvre son but de promenade. Elle prenait tout de meme soin de ne pas rentrer les mains vides, afin de justifier ses abscences. L'hiver etait son complice, il n'y aurait jamais trop de bois dans la cheminee.

Elle remarqua egalement certains changements physiques et elle redoutait que quelqu'un s'en apercut et fisse un remarque. Ses doigts et ses mains d'habitude durs et rouges etaient a present blancs et doux. Elle trouvait egalement son corps plus souple et plus robuste, plus apte a l'endurence. Mais ce qui la frappa fut que sa vue et son ouie s'etaient aiguises au point qu'elle en avait peur. Elle se rendait compte que parfois elle continuait a racommoder des vetements alors que la bougie avait depuis longtemps cesse de bruler.


Voir le chapitre 6 sur 14



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.